‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 420 sur 761 · RELATIVISME : $ IV. — L'IDÉALISME MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

RELATIVISME : $ IV. — L'IDÉALISME MÉTAPHYSIQUE

“ a) Si la connaissance n’est pas déjà dans les choses, il faut dire que la représentation est plus que la simple existence, puisqu'elle y est surajoutée. % Se b) Ce qui est vrai, dans la seconde assertion, c’est que souvent notre «connaissance néglige le côté théorique de la pensée pour s'adapter aux —exisences de l’action. Cependant, il est faux de prétendre que perceptions “et concépts n’ont jamais aucune valeur de connaissance, mais sont toujours disposés en vue de Paction.

… 30) Seule l'intuition atteint le réel en identifiant le moi connaissant ei l’objet connu. Toute connaissance, où se distinguent encore le sujet Met l'objet, n’est donc qu’une « coupe » faite dans la connaissance totale, en vue de l’action. Ce n’est là qu’une connaissance à l’état imparfait. La connaissance parfaite ne se réalise que dans cet acte privilégié que “Bergson appelle l'intuition. Quand on est arrivé là, l'image mot, ne faisant plus « écran » dans l’ensemble des images, coïncide avec le monde. C'est la connaissance dans sa pureté absolue, parce que toute oppo- - Fition entre la conscience et l'objet a disparu, toute dualité a cessé. C'est l'identification parfaite du connaitre et de l'être.

… L'intuition est aussi, selon nous, l’acte le plus parfait de la connaïs- sance : mais par intuition nous entendons une connaissance zmmédiate, Où lesujet, conscient de lui-même, atteint, sans intermédiaire, l’objet réel tel qu'il est. C’est de la sorte que le moi se saisit lui-même. (Psycx. 68, 71). … L'intuition bergsonienne est, au contraire, la négation même de la connaissance. En effet, tant que la conscience persiste, on s’approprie “la connaissance actuelle, on fait une coupure dans l'ensemble des images ; il y a donc toujours opposition entre le sujet et l'objet. Or, comme la connaissance parfaite ou intuition n'a lieu, d’après Bergson, & qu'au moment où le connaître s’identifie avec l'être, il s'ensuit que la . connaissance n'arrive à la perfection qu'en cessant d’être connais- “sance, c’est-à-dire en cessant d’être elle-même pour n'être plus que VPêtre.

Conclusion. — C’est en vain que l’Idéalisme métaphysique, en b. quête de l’unité parfaite, la cherchera parmi les êtres contingents et finis, parce que le dualisme du sujet et de l'objet est une suite néces- L Saire de leur imperfection essentielle. Même lorsque le sujet se connaît

… lui-même, ce dualisme logique du connaissant et du connu persiste. L'identification du connaître et de l'être ne peut trouver sa réalisation … que dans la simplicité de l’Être infiniment parfait. Mais « l'Intelligence infinie elle-même, malgré la swmplicité absolue de son être et de sa . connaissance, et bien qu’elle épuise toute l'intelligibilité des êtres finis et n’y rencontre rien d’opaque, ni d’impénétrable pour elle, ne peut

ependant voir ces êtres que comme ils sont : Dieu les voit donc distincts … de Lui, dans la pauvreté, mais aussi dans la propriété de leur être

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