‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 451 sur 761 · LE BIEN ET LE MAL · texte numérisé non relu

LE BIEN ET LE MAL

as en réalité ; vg. le pécheur recherche les biens créés, le. plaisir, l'hon- D ur, etc. au lieu de rechercher le Bien infini, Dieu. F4 90 ABSOLU ou INTRINSÈQUE : c’est la bonté qui convient à un être et le perfectionne lui-même ; vg. la vérité est le bien de l'intelligence. — Rerarrr ou EXTRINSÈQUE : c’est la bonté d’un être qui convient aux autres et les perfectionne ; vg. la médecine pour le malade. :

KA 30 Pnysique ou CoRPOREL : c’est le bien qui perfectionne les corps,

la nature corporelle ; vg. la chaleur. — MoraL où SPIRITUEL : C’est un bien qui perfectionne l’esprit et les mœurs ; vg. la science est un bien pour l'intelligence, et la vertu pour la volonté.

M 40 HonnÊTEe : celui qui convient à l’être raisonnable en tant que

Comme donner de l'argent aux pauvres, soigner les malades. 50 DÉLECTABLE OU AGRÉABLE : celui qui convient à l’être en tant Qu'il est doué de sensibilité ; vg. le sentiment de plaisir qui accompagne un effort généreux pour accomplir le devoir.

fi 60 Urire : celui qui ne convient pas par lui-même, mais en tant qu’il Sert à atteindre une fin; vg. l'argent dont on use pour se procurer les

une fin ; l’utile est désiré comme moyen pour parvenir à une fin.

0 C) Le vrai et le bien. — Le vrai et le bien ont un fond commun, tre: mais à ce fond commun chacun ajoute une relation différente, Je vrai à l’entelligence, le bien à la volonté. En effet, le vrai c’est l'être en tant que conforme au concept de son essence, l’être par conséquent en ant qu'il est intelligible et affirmable ; le bien c’est l’être en tant que parfait et capable de perfectionner les autres, l’être par conséquent en ant que désirable, digne d’être recherché (bonum appetibile).

D) L’être et le bien sont convertibles. — La bonté est une

être possède la perfection qui lui convient et qu’il peut dans une certaine Mesure perfectionner les autres. De même tout ce qui est bon est être,

NE

Duisqu'il possède une certaine perfection, et que toute perfection est

le . $ II — LE MAL

k … A) Définition. — Le mal s’oppose au bien et à la perfection :

si 10 C'est la privation d’une perfection qui convient à la nature d'un tre; vo. la surdité est un mal pour Phomme et non pour la pierre, car la nature humaine exige la faculté d'entendre, tandis que la pierre ne la requiert pas.

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une perfection due à l’être qui en est privé ; b) l’autre positive : l’être

aisonnable ; il est synonyme de bien moral; vg. faire un acte de vertu,

La notion de mal comprend deux choses : a) l’une négative : l'absence

(choses nécessaires à la vie. 1/honnête est désiré pour lui-même et comme

propriété commune à toutes choses. Tout être est bon, puisque tout Là |

é UE:

lui-même qui subit cette privation. Le mal comme tel, en tant < privation, ne peut exister dans la nature, car il signifie un non-être mais il existe dans un sujet auquel fait défaut telle qualité que comporte sa nature. Ainsi l’erreur est un mal pour l’intelligence, parce qu’elle est, faite pour saisir le vrai. En adhérant à l'erreur l'intelligence se pri d’une perfection que réclame sa nature. Sr RENE à 4

29 On peut définir encore le mal : Ce qui prive les autres d'une pà fection qui leur est due ; ve. un assassin enlève la vie à quelqu'un pou le voler, un calomniateur cherche à dépouiller de sa réputation, qui es un bien moral, quelqu'un dont il est jaloux. Le

Si le bien est désirable, parce qu’il convient à la nature, le mal doit être fui, parce qu'il ne convient pas à la nature : au lieu de la perfecs tionner comme le bien, il la déforme et l’amoindrit. UC

B) Division. — On distingue le mal : | 4

19 ABsoLU où INTRINSÈQUE : l’être auquel manque une perfection due ; vg. un homme aveugle, malade. — ReLATIF où EXTRINSÈQUE # l'être qui prive ou peut priver les autres d’une perfection due : V£. loup est un mal pour la brebis. - cu |

29 PHysiQue ou CoRPoREL : c’est la privation d’un bien physique* vg. la cécité, la douleur. — Moraz ou SPIRITUEL : c’est la privatiom d'un bien intellectuel ou moral ; vg. : l’ignorance, le vice. 4

C) Remarques : 10 Le Mal métaphysique, dont parle Le1BNiz (96) n’est pas, à proprement parler, un mal. Il entend par là la limitatior qui est inhérente à toutes les choses créées, par le fait même qu'elles sont créées, tirant de l’Être nécessaire toute leur réalité. Ce mal n’est pas une privation, c’est-à-dire l’absence d’une perfection/exigée par Ia nature de tel être, mais la simple négation d’une perfection plus grande se rencontrant en d’autres êtres. Le mal métaphysique n’est donc pa un mal strict. Ainsi ce n’est pas un mal que la pierre ne voie ni ne sente parce que sa nature d’être inanimé n’appelle pas ce genre de perfection.

29 Le déshonnête s'oppose au bien honnête et seramène au mal moral vg.… mentir. HR 3

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