EXISTENCE DE LA LOI MORALE ET DU DEVOIR
T. — En face de toute action mauvaise, contraire à notre nature raisonnable, nous nous sentons obligés de l’éviter, de même qu’en présence de certaines actions bonnes nous nous reconnaissons obligés à les faire, de telle sorte que la pre abstention serait un mal.
II. — Cette loi de ja conscience, dans les cas notons et clairs, est tellement impérative que ni les passions, ni les sophismes ne peuvent :Pobscurcir:
À - HT. — Pour nous prononcer sur une obligation, nous ne faisons aucune : ton aux conséquences heureuses ou malheureuses que Paction peut entrainer ; nous nous disons : Fais ce que dois, advienne que pourra.
FE IV. — Après l'action, si elle a été mauvaise, nait le remords ; si elle a été bonne, la action morale.
| VANNES Chacun croit au mérite de toute bonne action et au déméritede toute action coupable.
VI. — Ceux-mêmes qui, dans leurs paroles ou écrits, traitent la otre de préJugé, ne laissent pas de montrer qu’au fond ils y croient, car il y a des vices dont ils se défendent et des vertus dont ils se font
un mérite. — Or tous ces faits incontestables n’auraient pas de sens si Ja: doi ARorae et le devoir n’existaient pas : ce serait des effets sans cause.
ne BB) Par la conscience ed le sens commun moral confirme … le témoignage de la conscience individuelle. Partout et toujours on a Fe distingué le bien du mal, on a admis que les hommes doivent faire . certaines choses et qu'ils doivent en éviter d’autres, c’est-à-dire qu’on a cru que la volonté ne relève pas de ses caprices, mais qu’elle est cou- … vernée par une loi. Tout le prouve : les langues qui ont des mots diffé- -rents pour exprimer le bien et le mal, le vice et la vertu : — les écrits des … littérateurs, des historiens, des philosophes qui supposent l'existence d’une loi supérieure, d’après laquelle on doit juger de l'usage que l’homme ” lait de sa liberté ; — les lois civiles, les tribunaux, les institutions qui Rupposent également une loi morale (12).
intéressées à supprimer la loi morale; — ni de l'ignorance, car cette . conviction est plus précise chez les peuples cultivés ; — ni de l'influence des législateurs, parce qu ’ils seraient impuissants à imposer un joug aussi gênant pour les passions et parce que l’on juge de la valeur de leurs lois par comparaison avec la loi morale ; — ni de l’éducation ou des
a nature de la loi morale est universelle et absolue. Cette conviction doit donc avoir-Sa raison d’être dans l’évidence même de l'existence de
la loi morale, manifestée par la conscience ; autrement, ce serait un … phénomène sans cause. . -
Or cette conviction n’a pu provenir ni de l’influence des passions
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