PRINCIPALES FORMES DE L'IDÉALISME
Critique : nous avons vu en Psychologie (95, 96) que les qualités sensibles sont significatives des qualités existant en dehors de nous. Si rien de semblable ne correspond dans les corps à la perception que. nous en avons, il ne s’ensuit pas que rien de réel n’y corresponde : les qualités sensibles étant des effets réels supposent une cause réelle. | Cette cause n’est pas en nous, elle est donc hors de nous. Mais ce ne n peut être Dieu, car il serait contraire à sa sagesse et à sa véracité de nous rendre dupes d’une illusion invincible. Comment concevoir Dieu s’abaissant au rôle de prestidigitateur ? et 4
fait une certaine part au réalisme : elle admet en effet, au delà des sensations, l’existence de choses en soi, de noumènes, qui provoquent, Jes phénomènes et y correspondent. Mais la chose en soi demeure inacces2 sible à l’entendement, parce qu’il ne dispose pas d'intuitions intellec-w tuelles auxquelles il puisse appliquer les catégories de substance, de cause, etc. Le seul objet de la connaissance ce sont les phénomènes.
Critique : Kant n’est donc pas absolument idéaliste. C’est vrai. Mais … cet idéalisme partiel est illogique, parce que, comme on l’a déjà montré (6, $C, VI), Kant ne peut pas, sans se contredire, supposer que les chose en soi existent et qu'elles agissent sur nos sens. Dans son système, en effet, le principe de causalité, comme le lui avaient déjà reproché Beck et Jacobi, n’est pas applicable en dehors des limites de l'expérience :
le kantiste ignore par conséquent s’il convient aux noumènes. 3
III. — Idéalisme absolu de Fichte : celui-ci n’a fait que tirer les conséquences virtuellement contenues dans la doctrine de Kant. D’après. le Kantisme, la matière de la connaissance (les intuitions sensible 1) vient du dehors, de la chose en soi ; l’esprit ne fournit que la forme qu’il. imprime à la matière et en fait ainsi un objet de sa pensée. Mais, objecte -Fichte, comment l’esprit peut-il sûrement imposer ses lois à une matière dont l’origine lui est étrangère ? Pour que l’esprit impose sûrement sa législation à la nature, il faut que tout ait sa source en lui, matière et.
pensée. C’est pourquoi le rôle que Kant prête à la prétendue chose en soi, il faut l’attribuer à l'esprit lui-même qui par son activité instinctiv PE] produit ses propres sensations. Le véritable absolu c’est le moi ; le moi est la seule réalité. Le monde n’est pas un obstacle extérieur que le moi rencontre, comme dans les autres systèmes : mais c’est une limitation pe que le moi se donne et à laquelle il s'oppose par cela même qu’il se pose.
(*) Dans la première édition de la Critique de la raison pure, Kant appelle son idéa-
nomma critique.
CEA