PRINCIPALES FORMES DE L’IDÉALISME
Le non-moi n’est done rien autre chose que la limite du moi, le choc que
l8 moi subit dans le déplacement de son activité. Il n’y a plus en pré-
sence deux réalités hétérogènes et inaccessibles l’une à l’autre, mais une: seule : l'esprit, dont le monde extérieur est la création.
: Critique : le moi que je suis (et chacun est dans le même cas) n’a aucune conscience de cette activité créatrice du monde que Fichte Sattribue. Sans doute Fichte entend parler d’un moi absolu, dont le monde est la réalisation ; alors sa doctrine prend une forme pänthéistique, que nous réfuterons en son lieu (88). — Quant à l'apparition du non-moi par un choc du moi, elle est inconcevable. « Comment le moi peut-il se choquer, s’il est tout seul ? Tout choc suppose une résistance.
Ee mouvement dans le vide n’est pas senti. Le moi aurait beau déve-
lopper son activité à l'infini, rien ne pourrait l’avertir des différents. moments ou degrés traversés par cette activité. Le non-moi doit done avoir un fondement réel aussi bien que le moi. » (P. JANET).
n IV. — Idéalisme phénoméniste de Hume et de $. Mill : si Hume
ét S. Mill conservent les mots de substance et de cause, ils en vident le.
contenu et rejettent la chose. Pour eux il n’y a que des phénomènes groupés diversement d’après les lois de l’association. La notion de Substance représente une collection, et la notion de cause, une succession. de sensations. Ces notions ne sont pas applicables en dehors de la: Conscience. Ge qu’ils appellent monde extérieur, c’est donc un ensemble de sensations qui coexistent ou se succèdent d’une façon régulière.
A Mais, quand les objets extérieurs ne sont plus représentés en nous. par aucune sensation ou groupe de sensations, nous croyons cependant qu'ils existent : vg. je crois que Londres existe, même quand j'en suis éloigné. Comment s'explique cette croyance ? — S. Mill répond que: Pensemble des sensations qui constituent un objet restent possibles, même quand nous ne les éprouvons pas. Croire à l’existence d’un objet, en l'absence de sensations actuelles, c’est croire à des sensations possibles. De sorte que, en dernière analyse, le monde extérieur ou la matière sont @une possibilité permanente de sensation » (1). La croyance au monde
rieures.
É (1) S. Mizr,, La Philosophie de Hamilton, Ch. xI, D. 220. — L'esprit et la matièrene sont l’un et l'autre rien de plus que des possibilités he de sentiment.» (Ibidem.. Ch: xx, p. 231).
extérieur n’est donc au fond qu’une forme subjective que les lois de. Passociation imposent à nos sensations. Notre esprit oublie que les possibilités permanentes ont pour fondement ses sensations, il finit par les. détacher de lui-même et les objectiver comme des existences exté-
Critique : Ba): Nous avons déjà prouvé que la substance n’est pas une-.
les phénomènes psychologiques, que nous produisons, de ceux que nous
s'ils croyaient à l'existence du monde extérieur.
ee. n.7,p. 422, Paris, 18996.
AS = Se EC È