GARAGTÈRES DE LA LOI MORALE ET DU DEVOIR
. HT. —— Universelle, c’est-à-dire la même pour tous les hommes, dans tous les temps et dans tous les lieux. Cette universalité, fondée sur l'identité de la nature humaine, est un corollaire du caractère précé-. dent : si la loi morale est absolue, inconditionnelle, elle est par là même indépendante de toute condition de personnes, de temps et de lieux. — Kant a déduit de l’universalité, qu’il regarde comme le caractère constitutif de la loi morale, cette règle comme critérium du bien et du mal: « Agis toujours de telle sorte que tu puisses vouloir que la maxime de ton action devienne une loi universelle. » En effet, dit-il, la volonté du mal ne peut s’universaliser : le voleur veut bien voler les autres, mais il ne veut pas l'être. On peut, au contraire, vouloir le bien partout et toujours, pour soi et pour les autres. C’est le fond des deux maximes évangéliques : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit à vous-même. Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fit à vous-même. » (42).
. IV. — Claire : sa clarté est une conséquence de son universalité. Étant faite pour tous, elle doit être à la-portée de tous, dans ses premiers principes’ et leurs applications immédiates.
V. — Praticable : sa possibilité est une conséquence de lobligation, car à l'impossible nul n’est tenu.
Conclusion : tels sont les caractères essentiels de la loi morale. Mais, parmi les motifs divers qui inspirent nos actions, lequel réunit ces caractères et mérite conséquemment d’être érigé en règle suprême de notre activité ? Le chapitre suivant donnera la réponse à cette question. AS | | |