L’ANIMISME
“ B) Arguments indirects : ils consistent à réfuter ceux des Vit . listes : à CA 4 4 1° L'opposition signalée entre les tendances de la vie animale et les. aspirations de la vie humaine s’explique fort bien en observant que. notre âme, sollicitée par des biens différents, est capable de tendre verse des fins contraires. En fait, est-ce que nous ne constaton: pas qu’il a existe en nous une lutte, parfois très vive, entre le sentiment, la raison et la volonté, et cependant ce sont là trois modes divers de l'activité de la même âme (Psycx., 9, $ D). . te Ë 20 Les différences objectées sont incontestables ; mais il faut seu-+ lement en conclure que les faits physiologiques et les faits psychologiques exigent des substances distinctes : le corps et l'âme. Elles ne prou-. vent pas qu’une double cause est nécessaire pour produire ces phéno-« mènes divers. En effet l’âme est un principe de force qui produit, deu laveu même des Vitalistes, des phénomènes sensitifs, intellectuels et volitifs qui sont aussi, sous certains rapports, très opposés entre eux. — De plus, rien n'empêche l’âme, dont l’activité psychologique est si intense et si variée, de remplir les fonctions que les Vitalistes attribuent
à ce prétendu principe vital, car qui peut le plus peut le moins. + : 39 L’âme a conscience de l'effort vital en général, du vouloir vivre ; elle à aussi la conscience confuse de l’effet produit, sous la forme d’un , multitude de petites sensations de bien-être ou de malaise qui viennene se fondre dans cette sensation complexe qu’on nomme sensation vitale. {Psycx., 31). L'action de l’âme sur l'organisme ne va donc pas sans une certaine conscience, ordinairement sourde à cause de sa continuité, mais M ui devient nette et distincte, quand survient quelque trouble dans l'exercice d’une fonction. Il est vrai que l’âme n’a pas conscience de la’ açon dont elle produit les phénomènes vitaux. Mais l’âme ignore aussi. * a manière dont elle fait délibérément mouvoir les muscles'et les neris dans les mille opérations de la locomotion. Et.cependant on ne nie pas. … qu'elle soit, par sa volonté et son énergie motrice, cause de ces mouve-. ments. Te AE - a Cette objection a une certaine valeur contre l'Animisme tel qu’il est . Soutenu, à tort, par Stahl, parce que celui-ci affirme que l’âme organise” - de corps et en dirige toutes les fonctions par des pensées et des volitions. «onscientes. Mais cette harmonie, qui règne dans les fonctions physit : logiques, n’est Pas l’effet d’un dessein délibéré de l'âme, comme le sup-. pose gratuitement Stahl, pas plus que la parfaite adaptation des moyens" à la fin n’est connue, ni voulue par l'instinct de l'animal. L’une et l'autre Sont la conséquence naturelle des lois biologiques établies par le Créateur. DL 49 L'âme humaine, quoique douée de raison et de liberté, est incor- porée à la matière et dépend de l'organisme dans l'exercice de ses facultés
purs esprits ; mais, à cause de ses facultés inférieures liées au corps, elle à des appétits et des penchants à satisfaire comme l'animal privé de “aison. Les fonctions de la vie végétative ne sont donc point indignes V’elle.
MC) Arguments directs : — 1° La souffrance et le plaisir, que l’âme prouve selon le bon ou le mauvais état des orgäñies, suivant le jeu ormal ou anormal de leurs fonctions, ne sont-ils pas un signe que F ’àme agit. véritablement dans ces fonctions ? ? Pourquoi vg. une digestion mauvaise, un embarras dans la circulation du sang produisent-ils une
fonctions se boue entravée ?
que et sensitive, la dépendance réciproque du physique et du moral.
39 Elle est en outre le fondement solide de notre identité personnelle, puisque l'âme, dans ce système, est le principe unique de tous les actes qui se passent en nous, intellectuels, volitifs, sensitifs et organiques.
uis la vie intellectuelle d’une âme raisonnable, 1l ne se sentirait plus un, mais double ; ce qui est contraire au témoignage du sens intime.
Conclusion : Aristote a eu raison de dire que l’âme «est l'acte premier d’un Corps naturel organisé » (!), et saint Thomas, que « dans iomme il ny a pas d'autre forme substantielle que l'âme intellec-