‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 515 sur 761 · MATÉRIALISME : ARGUMENTS · texte numérisé non relu

MATÉRIALISME : ARGUMENTS

rontredisent cette rite prétendue déterminante. Combien d’intellizences bornées et de caractères sans énergie dans les corps les plus sains *t les plus robustes ! Combien au contraire qui, avec des corps débiles, onservent jusqu’à la fin toute la lucidité de leur esprit, toute la délisatesse de leurs sentiments, toute la vigueur de leur volonté ! On doit aussi se rappeler que le moral influe sur le physique (Psycer., 239). Si nous raisonnions Comme les matérialistes, nous pourrions conclure jue le physique n’est pas distinct du moral et que le corps n ’existe pas. Mais ce serait faire preuve d’exclusivisme et non de raison.

Ne

ne peut être qu’une sécrétion du cerveau, car elle établit que :

19 Partout où l’on observe un cerveau, on trouve un être intelligent

k quelque degré.

: 30 L’intelligence et le cerveau croissent et décroissent dans ‘es mêmes proportions. Donc la vie de l’homme, vie organique, intellectuelle et

morale, ‘est la résultante des fonctions du corps organisé, notamment du

2ÉTVEAU, comme dit Moleschott : « Le cerveau sécrète la pensée, comme e foie sécrète la bile. »

‘entendre pour dire à quoi au juste tient la pensée dans le cerveau. D'après les uns, c’est le volume ; d’après les autres, c’est le poids ;

à une foule de conditions harmonieusement réunies qui décident

de la per tection de la pensée. Or qui nous prouve que l’une de ces condious n’est pas la force pensante elle-même, que nous appelons âme ? b) Le cerveau, durant l’union de l’âme et du corps, est, il est vrai, FU condition de l'exercice des facultés intellectuelles. Tous admettent ce ait; mais les spiritualistes, appuyés sur les raisons qui montrent les différences essentielles entre les phénomènes matériels et les opérations intellectuelles (Psycx. 4 et supra, 49), nient que le cerveau soit la condition suffisante des pensées et des actes libres. Un artiste a besoin d’un instrument pour rendre ses conceptions ; s’il lui manque, il ne donnera aucune idée de son mérite ; s’il a un instrument défectueux, il révélera imparfaitement son nu L’instrument est donc la condition de la manifestation du génie de l'artiste. Il en est de même de l'âme ; si elle

est unie à un cerveau mal conformé, elle ne pourra user ou usera mal de -

ses facultés de sentir, de connaître et d’agir. Mais ce n’est pas du cerveau qu’elle tient ces facultés, il n’en est pas le principe ; il est seulement là condition de leur exercice.

objection. Mais on peut apporter une réponse plus radicale qui a déjà

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