‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 514 sur 761 · B. — RÉFUTATION DU MA TÉRIALISME · texte numérisé non relu

B. — RÉFUTATION DU MA TÉRIALISME

ARGUMENTS ET RÉPONSES Cest la doctrine qui nie toute autre substance que la matière. Elle ut professée dans l’antiquité par l’École atomistique de Leucippe ets de Démocrite, par les Épicuriens et les Stoiciens. Dans les temps modernes, les Sensualistes Locke et Condillac lui préparèrent les voies: Elle a été soutenue au x vire siècle par Hobbes, au xvirie par Helvétius, d'Holbach, La Mettrie, etc., au xrx® par Cabanis, Broussais, Carl Vogt, Büchner, Moleschott, ete. Voici leurs principaux arguments avec les réponses : | : :

Î. — Résultats de l’expérience : les méthodes expériment nous font une loi de n’admettre que les choses positives, qui tombent: sous les sens ; or personne n’a jamais vu l’âme. Ce n’est donc qu’une entité verbale, une abstraction métaphysique : « Je ne crois pas à l'âme, dit Broussais, car je ne l’ai jamais trouvée au bout de mon scalpel. »

Réponse : au nom de la méthode expérimentale, dont ils se réclament, Jes matérialistes devraient admettre le témoignage de la conscience et de l’observation interne, qui seules ont qualité pour nous faire connaître les sentiments, pensées, volitions. Nier l'existence de l’âme, parce qu les sens n’en disent rien, est aussi déraisonnable que le serait la négatio de l'existence des corps, parce que la conscience ne les atteint pas. à

Il. — Correspondance du physique et du moral : à quoi bon supposer un principe vital, distinct du corps et des organes, quand ceuxci suffisent à tout expliquer dans l’homme ? L'expérience nous dit en: effet qu’il y a correspondance intime entre le physique et le moral!

En effet, ce n’est qu’à mesure que le corps se développe, que se déve” loppent l'intelligence, la sensibilité et la volonté. Si le corps est en santé, si les organes fonctionnent normalement, l'intelligence a toute sa puis” Sance, la sensibilité, toute sa délicatesse, la volonté, toute son énergie. Au contraire, quand les organes fonctionnent mal, nous ne pouvons : penser aisément, ni vouloir librement. Une s mple lésion cérébrale détermine la folie. Le tempérament, l’âge, le climat, le régime influent sur nos pensées, nos sentiments, notre caractère. ù TER Réponse : si l'influence du physique sur le moral est incontestable,

il ne faut pas l’exagérer, ni oublier ou supprimer nombre de faits qu

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