‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 52 sur 761 · (23). LA SATISFACTION MORALE : ROUSSEAU, JACOBI · texte numérisé non relu

(23). LA SATISFACTION MORALE : ROUSSEAU, JACOBI

. | asie lcomme but à l'activité humaine, c’est renverser l’ordre essentiel des choses, c’est transformer un moyen en fin, c'est mettre l'effet avant la cause. (Ps. 20, $S IT, B ; 64, $S A). IT. — Le plaisir n'a pas ‘les caractères de la loi morale, car le . plaisir ne peut pas être érigé en règle :

\ 19 Obligatoire : il nous attire, mais ne nous commande pas. Personne ne se croit tenu, sous peine d’être coupable, de: chercher le plaisir.

20 Absolue : il dépend d’une foule de circonstances relatives. : 30 Universelle : car il est personnel et variable. Le plaisir de l'un . n’est pas le plaisir de l’autre : Trahit sua quemque voluptas. 4° Claire et pratique : a) quel plaisir chercher, le plaisir calme . ou violent ? de l'esprit ou des sens ? qui jugera ?

b) Le plaisir suppose un ensemble de conditions (santé, loisir, |

richesse) souvent difficile ou même impossible à réunir. La règle que . cette doctrine propose n’est donc pas une règle, mais l’absence de toute "1 | règle, puisque le plaisir ne dépend pas de nous. 3 | III. — La morale du plaisir est funeste dans ses conséquences : cette doctrine, qui se donne comme conforme à la nature, est au contraire en opposition avec elle, car aucun être n’est fait pour jouir à satiété. La poursuite aveugle du plaisir, comme le note Platon dans le Philèbe, conduit à la douleur, au dégoût, au désenchantement, à la folie, au. désespoir. Aussi, Hégésias, disciple d’Aristippe, surnommé « l'orateur de la mort », avait- il tiré la conséquence logique de la doctrine du plaisir en Dorennr %a mort Oantare.

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