If. PREUVE MORALE
Elle est tirée de la sagesse et de la justice de Dieu. — Dieu qui, abs lument parlant, pourrait annihiler l’âme, ne veut pas qu “elle pé comme substance, ni comme personne. En effet : |
A. — [L’âme étant immortelle par nature, il serait indigne d sagesse de Dieu de vouloir ensuite l’anéantir, car il aurait fait par caprit une œuvre sans but raisonnable, inutile, et il nous aurait bercés d'il sions et cruellement déçus en nous donnant une nature incorruptib qui nous permettait d'espérer l’immortalité. à
Di La justice de Dieu exige nécessairement que Ja vertu récompensée et le vice puni. Or les sanctions, que la loi morale tro dans la vie présente, sont insuffisantes (MORALE, 49). La justice di serait donc en défaut, si elle ne se réservait une autre vie, où elle re à chacun selon ses œuvres. Aussi Kant a-t-il raison de dire que l’im talité de âme est, sous ce rapport, un postulat nécessaire de la morale. Mais alors il devient certain qu’ après la séparation du © l'âme conservera la vie consciente, la mémoire, la personnalité en mot, car sans elle toute récompense et tout châtiment sont impossibl En effet, comment Dieu pourrait-il rendre à chacun selon ses œu si cette vie consciente ne persistait pas, si la personne humaine demeurait pas la même ? Quelle responsabilité et quelle sanction vent exister, si la conscience n’est plus là pour établir le lien moral e Ja peine et la faute, entre le bonheur et la vertu ? * 0
Cette preuve montre bien que l'âme se survit, dans sa personna identique et responsable; mais elle n’établit pas que cette Survive doive être illimitée dans sa durée. Pourquoi Dieu n’anéantirait- il les âmes après les avoir récompensées ou punies pendant un. cerbai temps ? La preuve psychologique va achever la démonstration. |
53) ce PREUVE PSYCHOLOGIQUE DE L’IMMORTALITÉ : 551
à 63. — $ IT. PREUVE PSYCHOLOGIQUE : Elle est tirée des tendances essentielles de nos facultés. — Il ne aurait y avoir disproportion entre les penchants innés d’un être et à fin ; autrement son auteur aurait manqué de sagesse et de bonté. Bla mort va à l'encontre de nos tendances les plus naturelles et les lus impérieuses. L'intelligence humaine, avide de vérité, n’est jamais itisfaite ici-bas. La volonté, faite pour le bien, tend à la possession du ien suprême et du bonheur parfait. Émerveillés par les parcelles de éauté éparses dans la Création, nous aspirons à la Beauté infinie. hilosophes et poètes ont constaté à l’envi ces tendances essentielles, icompressibles de notre nature :
… LAMARTINE : « Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,
‘ « L'homme est un dieu tombé qui se souvient des * cieux. »
Monresquieu : « Notre âme fuit les bornes (1). »
Pascaz : « L'homme n’est produit que pour l'infinité (?). »
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nse à l’Infini, il aime l'Infini, il tend à l’Infini (?). » ‘Or c’est Dieu qui a mis en nous ce besoin insatiable du vrai, du bien, dbeau, du bonheur, d’une vie immortelle. C’est Lui qui, en nous don-
utes nos opérations. Cette poursuite ne saurait être frustrée, car, si mort nous détruisait tout entiers, notre destinée serait manifestement chevée. L'humanité aurait le droit de reprocher à Dieu contradiction cruauté dans son œuvre, parce que, après avoir créé une activité IX besoins infinis, il la comprimerait dans les limites étroites d’une vie op souvent malheureuse et dont le terme dans ce cas serait le plus and malheur.
Donc où l’âme est immortelle ou Dieu n’est ni sage ni bon.
I! est clair enfin que cette survivance doit être illimitée dans sa mée, car le bonheur de la vie future ne se comprend qu'à la condition durer toujours. S’il était accompagné même de la simple crainte d’en ïr le terme, il perdrait tout son prix et se changerait en un tourment autant plus cruel que la perte serait plus grande et le terme plus oche. C’est ce que reconnaissait déjà Cicéron : Si amütti vita beata est, beaia esse non potest (?).
7 MONTESQUIEU, Essai sur Le Goût dans les choses de la Nature et de l'Art, $ De la riosité. |
1e Pascar, Fragment d'un Traité du Vide, Édit. HAveT, T. II, p. 270.
“0, Cousin, Du Vrai, du Beau et du Bien, XVI® Lecon.
“)\ CICÉRON, De finibus bonorum et malorum, L. II, $ XXVII.
Cousin : « Quoi qu’il fasse, quoi qu’il sente, quoi qu’il pense, l’homme
it notre nature, veut que nous recherchions ces grandes choses dans
b527e À RÉSURRECTION DES "CORPS EN NNEES Remarque. — L'’immortalité bienheureuse sans fin nous ag Il n’en va pas de même de l’éternité des peines réservée aux coupable C’est une vérité révélée. Certains philosophes (1) prétendent qu est démontrable par la raison : l'éternité bienheureuse et l’éter malheureuse semblent être des vérités corrélatives. C’est un fait rer quable que « le dogme de l'enfer est peut-être celui qui présente le mo: de divergence parmi les peuples de la terre. Cette unanimité, !
antique, est aussi solide, comme fait, que les pyramides » (2). On $
d’ailleurs que, par les seules lumières de sa raison, le divin Platon compris la nécessité d’un enfer éternel pour les criminels qui sont inc rables (dviurou) à cause de leurs fautes : « Pour ceux qui ont comn les plus grands crimes et qui pour cette raison sont incurables, on # sur eux un exemple pour les autres. Leur supplice n’est pour eux d’aucu utilité, parce qu ‘ils sont incapables de guérison, mais il est utile a autres qui voient les tourments te et effroyables, qu'ils so frent à jamais pour leurs fautes Da