LES VÉRITÉS ÉTERNELLES
Cette preuve a été donnée par saint Augustin, Bossuet, Fénelon, Leibniz (). Entendons Bossuet l’énoncer
A) Exposé : « Rien ne sert tant à l’âme pour s'élever à son Auteur * ‘que la connaissance qu’elle a d’elle-même et de ces sublimes opérations que nous avons appelées intellectuelles. Nous avons déjà remarqué que l'entendement a pour objet des vérités éternelles. Les règles des proportions, par lesquelles nous mesurons toutes choses, sont éternelles et
qu’elle est démontrée... Toutes ces vérités et toutes celles que j’en déduis par un raisonnement certain, subsistent indépendamment de tous les . temps : en quelque temps que je mette un entendement humain, il les connaîtra ; mais en les connaissant il les trouvera vérités, 1l ne Ïes fera . pas telles, car ce ne sont pas nos connaissances qui font les objets, elles les supposent. Ainsi ces vérités subsistent devant tous les siècles, et
bonnes et toujours véritables, quand moi-même je serais détruit avec le reste. Si je cherche maintenant où et en quel sujet elles subsistent éternelles et immuables comme elles sont, je suis obligé d’avouer un
Ke
. et c’est de Lui que la vérité dérive dans tout ce qui est et ce qui entend n hors de Lui (?). »
B) Critique : cette preuve a été acceptée par les uns et rejetée par.
les autres :
À 19 Bossuet a ne «une très belle et très solide preuve de lexistence de Dieu », qu'on peut résumer ainsi : « L’homme connaît des vérités
universelles, immuables et éternelles (les principes de la raison, les ji
l'OS MAT
(2) Cette preuve est attribuée aussi à Platon : mais tout dépend du sens que Platon … donne aux Idées. Si lon soutient avec Aristote qu’il conçoit les Idées comme des essences Durée on ne doit pas lui attribuer cette preuve. On peut le faire au contraire si l’on
F croit avec S. Augustin qu'il considère les Idées seulement comme des conceptions de à :
… l'intelligence divine (Psycx., 140, à la fin : At “1 (?) Bossuer, De la connaissance de Dieu..., Ch. 1V, $ 5.
De - . . à r .
“ invariables.. Tout ce qui se démontre en mathématique, et en quelque autre science que ce soit, est éternel et immuable, puisque l'effet de la
… démonstration est de faire voir que la chose ne peut pas être autrement
- devant qu'il y ait eu un entendement humain... Elles seraient toujours
Ë Être où la vérité est éternellement subsistante et où elle est toujours “entendue ; et cet Etre doit être la Vérité même et doit être toute vérité ;
la conscience : l'existence du devoir. Elle repose sur le principe de raison suffisante : étant donnée, l'existence du devoir, 1l s’agit d’en rendre .
doivent avoir un fondement suffisant et réel ; autrement la science repo-
limmutabilité et de l'éternité qui conviennent à la vérité ; il existe donc.
conçue abstraitement, c’est-à-dire indépendamment de toute relation .
la loi morale, s’approuve et se réjouit, quand elle y obéit, se condamne. et s’attriste, quand elle y contrevient. ee
Ch. 11), qu’il ne faut le chercher ni, avec les moralistes du plaisir et 4 |
— ni, avec les moralistes du sentiment, dans les penchants sympathiques ! ë
L’EXISTENCE DU DEVOIR conclusions des mathématiques, les vérités morales, etc.). Or ces vérit
serait sur le néant, elle serait purement subjective et illusoire ; ce fon- » dement suffisant et réel doit avoir les caractères de l'universalité, de. 4
un Être nécessaire, immuable et éternel, source de la vérité, de la beauté | et du bien ; cet Être est Dieu, donc Dieu existe. Cette preuve part du … fait des idées dans l'intelligence humaine. L'esprit, examinant les carac- | tères des idées ou vérités aperçues par la raison, en conclut, par l'appli/i ‘4 cation du principe de raison suffisante, que la connaissance de la vérité » immuable et éternelle suppose nécessairement l'existence d’un Etre immuable et éternel, c’est-à-dire de Dieu (1). » “3
29 D’autres rejettent cette preuve et ne de leur rejet la : raison | SE suivante. L’éternité des vérités rationnelles n’est que leur nécessité M
avec le temps. L'éternité n'est réelle que si lon suppose l'existence | ; concrète d’une intelligence réelle qui conçoit ces vérités. Il y a done E. pétition de principe. :
ÉRC