L'IDÉE DE PARFAIT OU D'INFINI
A) Exposé : on peut la résumer ainsi d’après Descartes (?). “Jar | l’idée de parfait. La présence de cette idée en moi est un effet qui exige une cause. Or elle ne peut me venir de moi-même, qui suis imparfait, w ni des choses extérieures, car elles sont bornées comme moi. Il faut donc : qu’elle me vienne d’un ‘Être parfait qui l’a mise en moi, « comme la » marque de l’ouvrier sur son ouvrage » <
B) Critique : on a contesté avec raison la valeur de cette preuve, 4 en disant que l’idée de parfait provenait du travail de lintelligence: \ sur les données de l’expérience. (PsycnoLoGtE, 187, $ B). |
On fait une critique analogue de l’argument, quand il prend pour point de départ nu d’enfinr. (Cf PSYCHOLOGIE, ibidem.) ;
C) Objection : à’ cette critique de l'argument de Descartes on. oppose l’objection te expliquer les notions d’infini et de parfait ! en partant des idées de fini et d’imparfait, c’est commettre un cercle: 4 vicieux, car, pour avoir les idées de fini et d’imparfait, il faut déjà avoir les notions d'infini et de parfait auxquelles on compare les premières.
Réponse : : pour se former la notion de fini et d’imparfait, il suffit. d’avoir la notion de plus ou de moins. Or pour se former l’idée de plus ou de moins, il n’est pas du tout nécessaire de comparer les choses finies et imparfaites à un type imfipi et parfait ; 1l suffit de comparer les objets finis et imparfaits entre eux. h:
Pour savoir que mon intelligence et ma volonté sont imparfaites, je n’ai qu’à les rapprocher de la volonté et de l'intelligence de tel ou tel qui l'emporte sur moi; ou même, plus simplement, je n’ai qu à mettres en parallèle plusieurs de mes actes intellectuels et volhitifs, page constater. qu'il y a progrès ou recul dans tel cas donné.
Pour savoir qu’une ligne est finie, inutile de la comparer à l'infini ; je n’ai qu'à la rapprocher d’une quantité plus grande ; : de même pour. le nombre. Et ici la chose est manifeste, car c’est une vérité admise que l'infini actuel en quantité étendue ou en nombre ef une absurdité.. Le terme de comparaison, qu’on prétend nécessaire, ferait donc com-.
(1) SERTILLANGES, Des sources Le la croyance en Dieu. — P. DE BROGLIE, Preuves psycho À . logiques de l'existence de Dieu.
(?) DESCARTES, Discours de la méthode, IIIe P. Méditations métaphysiques, IIIe.
cm t LES VÉRITÉS ÉTERNELLES 567
| plètement défaut, au moins dans cet ordre de connaissance. Concluons
” donc que Descartes n’a pas prouvé que l’idée de parfait et d’infini, qui
» existe en nous, n’y puisse exister que par l’intervention d’une cause ” infinie et parfaite.