RO LA PREUVE ONTOLOGIQUE
réalité : ce qui implique contradiction. Donc Dieu existe et dans d’intel- M
ligence et dans la réalité (et in intellectu et in re) (?). :É
20 DESCARTES a repris l'argument et l’a présenté soûs cette forme : … J'ai l’idée d’un être qui renferme en soi toutes les perfections ; or l’exis-. * tence est une perfection ; donc l’Être parfait existe. En effet, l'idée | d’être parfait contenant nécessairement l'existence, il serait, aussi contradictoire de concevoir Dieu non existant que de concevoir un. triangle dont les trois angles ne seraient pas égaux à deux droits (2). Bref, l’idée d’être parfait implique l'existence, comme la définition du triangle implique légalité de la somme des trois angles à deux droits.
3° LerBniz accepte l'argument de saint Anselme, mais à la condition M de le compléter en démontrant au préalable e possibilité de l'Étre tout parfait. Entendons-le s'expliquer lui-même : « Les Scolastiques, sans” + excepter même leur Docteur angélique, ont méprisé cet argument | l’ont fait passer pour un paralogisme ; en quoi ils ont eu grand tort, et M. Descartes, qui avait étudié assez longtemps la philosophie colas ! tique au collège des Jésuites de La Flèche, a eu grande raison de le. rétablir. Ce n’est pas un paralogisme, mais c’est une démonstration imparfaite, qui suppose quelque chose qu’il fallait encore prouver pour le rendre d’une évidence mathématique : c’est qu’on suppose tacitement \ que cette idée de l’Étre tout grand ou tout parfait est possible et n’im- ” plique point de contradiction. Et c’est déjà quelque chose que par cette | remarque on prouve que, supposé que Dieu soit possible, 1l existe, ce qui : est le privilège de la seule divinité. On a droit de présumer la pos è
prouve le contraire. De sorte que cet argument métaphysique donne. Das une conclusion morale démonstrative qui porte que, suivant l'état présent de nos connaissances, il faut] juger que Dieu existe et agir conformément à cela. Mais il serait pourtant à souhaiter que des habiles gens M achevassent la démonstration dans la rigueur d’une évidence mathématique, et je crois d’avoir dit quelque chose ailleurs qui y pourras servir (). | Dans sa .. sur l'ouvrage du P. Lami : De la démonstration carté- 1
(1) « Convincitur..… etiam insipiens esse vel in intellectu aliquid, quo ini majus à cogitari potest... Et certe id, quo majus cogitari nequit, non potest esse in intellectu solo.” Si enim vel in solo intellectu est, potest cogitari esse et in re; quod majus est. Si ergo id, M quo majus cogitari non potest, est in solo intellectu, idipsum, quo majus cogitari non potest, est quo majus cogitari potest. Sed certe hoc esse non potest. Existit procul dubio FEU . quo majus cogitari non valet, et in intellectu et in re » (Proslogium, C. 11. Cf. C. 1x).
(?) DESCARTES, Discours de la Méthode, IVe Partie. Cf. Méditations, V®. :
(5) Nouveaux essais sur l’entendement humain, L. IV, C.:x, $ 7. Œuvres, Édit. JANET, Ji T. I, p. 400-401. —S.SCHIFFINI, éminent philosophe scolastique, dit aussi que l'argument de. S. Anselme a une valeur probante, si l’on a démontré au préalable que l’idée d’être ie jr saire ne renferme aucune contradiction. Cf. Disputationes metaphysicæ, T. II, Part. a Theologia naturalis, Disput. I, Sect. I, n. 385, $ II, III, p. 13-14, Turin, 1894.
Es | {1 : LA PREUVE ONTOLOGIQUE DA
… sienne de l’existence de Dieu, Leibniz do ainsi le complément auquel | i il fait allusion dans les Nouveaux Essais : «Si l'être de soi est impossible, tous les êtres par autrui le sont aussi, puisqu'ils ne sont enfin que par l’être de soi ; ainsi rien ne saurait exister. Ce raisonnement nous
dente [à savoir : si l’être nécessaire est possible, il existe] et qui, Jointe “avec elle, achève la démonstration. On la pourrait énoncer ainsi : si l’être nécessaire n’est point, il n'y a pas d’être possible. Il semble que cette démonstration n'avait point été portée si loin jusqu'ici (?). »
49) L’argument de saint Anselme (?) a été encore adopté par d’autres . penseurs : vg. Duns Scot (3), G. Vazquez ({), H. Fabri (5), Fénelon (5), Hegel (?). De nos jours il a été défendu par le P. Ragey (8) et le P. F0) . loch (°). | B) Critique : cet argument fut attaqué, du vivant même de saint Anselme, par Gaunilon, moine de Marmoutiers, dans un ouvrage dont
tiques ont rejeté la preuve ontologique. Kant (2) l'a vigoureusement … attaquée. Voici l’objection principale.
Pour réfuter cet argument, il ne suffit pas de le ramener à l’absurde ‘et de dire avec Gaunilon qu’on prouverait, par le même raisonnement, lexistence des Jles fortunées, c’est-à- -dire des iles les plus parfaites qu’on “puisse concevoir. En effet, Descartes a prévu cette difficulté et il a nié la parité de ces sortes de’ rapprochements, car, dans tout le reste, l’existence est séparable de l’essence, tandis qu’il est un cas unique, celui de l'Étre parfait, où l’essence implique l'existence : De de que Je ne puis
* (1) Œuvres de Leibniz, Édit. JANET, T. I, p. 480.
(?) DOMET DE VORGES, JE Argument de S. Anselme, dans la Revue de Philosophie, 1901, PEL, -D. 285°SŒd. :
(#) Duns Scor, In Libr. I. Sententiarum, Diet IT O7 nos 31 de (4) G. VAZQUEZ, In I partem S. Thomæ, Disp. XX, n° 13. Édit. CHossAT, Paris, Vivès, “1906, T. I, p. 143.
tres de sua Hypothesi philosophica, Ep. I, $ VII, n° 1, p. 20, Mayence, 1674.
($) FÉNELON, Traité de l'existence et des adributs de Dieu, II° P., Ch. 11, 3° preuve. (7) HEGEL, Logik, ESP, S LI, Traduction: de A: /VéRA, T. I, p. 321, Paris, 18742 4 1 (5) RAGey, L’argument de S. Anselme, Paris-Lyon, 1893.
Lies ADLOCH, PHILOSOPHISCHES JAHRBUCH, T. VIII, p. 52-69 ; 372-389. T. IX, D. 280-297. T. X, p, 261-274 : 394-416.
De. 010) GAUNILON, Liber pro insipiente, Patr. lat. T. CLVIII, col. 241-248. —$, ARSELME | lui répondit par son Liber apologeticus, P. L., Ibidem, col. 247-260.
DAC) S. THoMAS, cf. par exemple, Contra Gentiles, L. I, C. x1. — Summa theologica, 1e P: WPUIT À. 4.ad um. — De Veritate, Quæst. X, A. 12.
5 (2 Kanr, Critique de la raison pure : Dialectique transcendantale, L. IT, Ch. 111, Sect. IV.
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conduit à une autre importante proposition modale, égale à la précé- |
le titre, inspiré par le début du Proslogium, est assez piquant : Défense : - de Pinsensé (2). Saint Thomas (11) et, à sa suite, la plupart des Scolas-
me (9 4 FABRI, Ad Patrem Ignatium Gastonem Pardesium ejusdem Socielatis E pistolæ ‘ag
/) pe
qu’il existe véritablement (1). »
est vrai, ici, c’est que les deux termes : parfait et existant sont tellement |
non réel, Pattribut qu’en dégage l'analyse ne peut être lui aussi que . penseurs éminents, il semble que cette critique est décisive. Mais, qu’en |
existent ; donc Dieu existe. L’argument ainsi complété mène bien à M