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VALEUR DES PREUVES RATIONNELLES

D briction aucune, puisque c’est à propos de l’ordre surnaturel qu il la formule : : Nihul potest ordinari ad finem aliquem, nisi præexistat in ipso Ÿ 100 proportio ad finem (Quaest. disput., x1v, De Veritate). Je n’ai fait que traduire cette vérité essentielle et universelle en rappelant … queen eftet «rien ne peut entrer en l’homme qui ne corresponde en quelque

… façon à un besoin d'expansion », quelle que soit d’ailleurs l’origine ou la

nature de cet appétit (). » La méthode d’immanence a pour point de … départ l’expérience psychologique, morale, religieuse; elle prétenâ montrer que l’action humaine implique l’existence d’un être transcendant, qui est postulé par toutes les aspirations de l’âme humaine. Les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu sont objectivement insuffisantes, car la pensée est conditionnée par l’action, et la vie ne - consiste pas seulement à penser logiquement, mais aussi à agir. C’est :) pourquoi « la certitude [de l’existence de Dieu] qu’on peut avoir et qu’on … doit avoir est une certitude qu’on acquiert par un effort de l’âme tout entière, et non seulement en raisonnant, mais en vivant et en agissant » (?).

B) Réponse. —— Les partisans de lapologétique traditionnelle | soutiennént au contraire, avec raison, que les preuves rationnelles de existence de Dieu sont de soi suffisantes. Sans doute, certaines dispositions morales de sincérité et de probité sont requises pour que leur valeur probante soit perçue ; il y faut un effort de bonne volonté ; mais, selon peur cet effort de l’âme consiste à écarter tout ce qui peut ‘offusquer la … perception de la vérité, action négative que l’École appelle removens

de l’âme ajoute aux procédés de démonstration quelque chose qui complète leur insuffisance objective. Bref, par rapport à l'adhésion que l'esprit donne, par exemple, à l'existence de Dieu, l'effort moral de … Dâme; Joue, selon les premiers, le rôle de condition, qui enlève les obstacles à la perception de la valeur des arguments rationnels, lesquels sont en soi efficaces ; pour les seconds, il remplit la fonction de cause, qui COMplète ce qu il ya d’insuffisant dans ces arguments spéculatifs. Les premiers acceptent aussi la preuve de l'existence de Dieu, qui repose sur le fait des aspirations de l’âme vers le bien absolu et par conséquent 0 appel à la dialectique de l’action et de l’amour ; mais, pour être concluante, cette dialectique doit s'appuyer sur celle de la raison, c'est-

| “ prohibens (3). Pour les partisans de la méthode d’immanence cet effort

à-dire présupposer la valeur ontologique des principes de la raison : sans

ce point d'appui, la preuve morale manque de base et de solidité. Le tort. des défenseurs de la méthode d’immanence est donc de la présenter

gétique, p.28, Paris, 1896.

{CEA BA LABERTHONNIÈRE , Essais de Philosophie religieuse, p. 86, note, Paris, 1903. LPO TE Psychologie, n° 183, 8 A, TE, b, D. 324. ;

ROM). D Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d’ Abies D L

comme seule valable et exclusive, en at les procédés de démons | tration rationnelle qu’ils accusent d’être impuissants à porter la conviction et qu’ils taxent faussement de méthode purement extrinséciste. Car ils oublient que les tenants de la méthode objective et extrinsèque enseignent que l’âme fait siennes les vérités auxquelles elle adhère par cette voie et que ces vérités conviennent merveilleusement à ses tendances et à ses besoins. De part et d’autre, on exige le concours de toute »

l’âme, intelligence et volonté ; il n’y a donc ni extrinsécistes, ni immanentistes tout court. Mais les uns, tout en requérant l'appoint. de dispo- sitions morales, donnent le primat à la raison et à ses principes qui suffisent à fonder la preuve de l’existence de Dieu. Les autres, tout en . reconnaissant la nécessité de la collaboration de l'intelligence, nient que

les démonstrations rationnelles soient en elles-mêmes suffisantes : aussi accordent-ils le primat à la volonté, à AC aux dispositions mo-

in (2).

ARTICLE II. — NATURE ET ATTRIBUTS DE DIEU 4 8. — DES an DIVINS EN GÉNÉRAL

A) Position de la question : nous savons qu’il y a un Dieu, mais | pouvons-nous connaître sa nature? Spencer et son École dite agnos- 4 tique déclarent Dieu inconnaissable et prétendent qu’on n’en peut rien savoir. Sans doute la nature divine est INCOPEEOSEESS à toute intelli- | no gence finie, par cela seule qu’elle est infinie. Mais elle n’est pas inconnais- :

. sable, car entre comprendre Dieu et le connaître, c’est-à-dire savoir | “quelque chose de sa nature, il y a une immense différence.

Cette question : quelle est la nature de Dieu ? est déjà en partiel à résolue, car les preuves de l'existence de Dieu ont abouti à l'affirmation w d'un Être nécessaire, éternel, infiniment parfait. 4 | Il ne s’agit done plus que de dégager les résultats contenus dans.

les notions précédentes, pour déterminer les attributs divins (?). On entend par attribut toute qualité essentielle d’un être.

(1) Cf. G. MicHeLeT, Dieu et l’Agnoticisme contemporain, Paris, 19135. — J. DE TON QUÉDEC, Immanence. Essai critique sur la doctrine de M. Maurice Blondel, Paris, 1913.

(2?) FÉNELON, Traité de l'existence et des attributs de Dieu. Lettres sur divers sujets de métaphysique et de religion. — L. Lessius, De Perfectionibus moribusque divinis. — D. PAL» | MIERI, Institutiones philosophicæ, T. III, Theologia, C. 11 Sqq. — S. THOMAS, Summa theol., Te P., Q. XIII-XVI. — BossuEr, De la connaissance... Ch. 1v. Élévations… en Semaine. — E. CARO, L'idée de Dieu. — A. FARGES, L'idée de Del d'après la raison el ‘la science. — * À. DE MARGERIE, Théodicée, T. I, Ch. 1x, x, xI. — HuaonIN, Les Attributs de Dieu, dans JeS ANNALES DE PHILOS. CHRÉT., Fév. et Mars 1895. — J. KLEUTGEN, La Philosophie" scolastique, Dissert. IX. — M. D'HuLsT, Mélanges philosophiques : LES PROCÉDÉS PORQUSSS DE LA THÉODICÉE, p. 47-69. |

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