MORALE SOCIOLOGIQUE : RÉPONSE AUX REPROCHÉS
AE
du théoricien de la morale n’est donc pas nécessairement de prescrire.
- c’est déjà fait (2). »
Rien n'empêche cependant d'appeler la morale une « science nor- Mative », puisqu'elle détermine les principes et les lois idéales qui doivent
guider la conduite, et trace ensuite les règles (normæ) pratiques de : l’action (3, A, Remarque I). La critique du concept de «science nor- :
mative » n’a de sens et de valeur que si l’on restreint arbitrairement le champ de la science aux objets de pure expérience, en tant qu’ils tombent directement sous l’expérience. Mais la morale en formulant « ce, qut doit être », enseigne « ce qui est », c’est-à-dire la réalité du
ou de légiférer ; pour édicter des préceptes, il arrive même trop tard :
devoir. Or cette réalité est objet de science par le fait même qu’elle |
est une réalité :
29 Au second : il est dirigé contre ces philosophes qui « se sont constamment efforcés de faire de la morale une science déductive à
l’image des mathématiques... » (3). Ce reproche vaut, par exemple, contre J.-J. Rousseau et l’École éclectique de Cousin (4): mais il ne
porte pas contre saint Thomas qui recommande de donner pour base + aux études morales l’expérience et la coutume (5). C’est à l'observation . des faits moraux, d'ordre individuel et d’ordre collectif, que le moraliste doit demander les documents dont il a besoin. Ce souci du fait concret, | déjà réel chez les Scolastiques anciens, a grandi de nos jours/avec les progrès de la méthode expérimentale.
3° Au troisième : nous lui avons déjà répondu en montrant que les notions et vérités fondamentales de la morale sont universelles et
Æ (?) M. Lévy-Brühl le reconnaît lui-même: « Sans doute, partout où existent des groude morales, c’est-à-dire qu’il s’y présente des actes permis ou défendus, en dehors de ceux … (en petit nombre) qui sont indifférents, et qu’il s’y présente aussi des sentiménts de blâme, d’admiration, de réprobation, d'estime, pour les auteurs de ces actes. Mais il y afort loin de … ces faits à la connaissance consciente et réfléchie de « vérités morales », et surtout de vérités comparables à celles qui jouent un si grand rôle dans les sociétés civilisées. » (La Morale..., p. 215). 4 (?} DEPLOIGE, Le Conflit..…., p. 284.
($) Lévy-Brüxz, La Morale... p. 90.
- {9 DEProice, Le Conflit, p. 275-276,.289.
… (5) S. THomaAs, Commentar. in Ethic. Aristotelis, I, 3, 11. Cf. DEPLOIGE, Le Conflit. p. 286 ; 346-351. ;