A | LA SOLIDARITÉ : DIVISION
” au moral, le corps est solidaire de l'âme, et l’âme est solidaire du COFpPS. Sans doute l'appareil cérébral n’est pas la cause de la vie mentale, mais :l en est la condition nécessaire, étant donnée l’union actuelle de l'âme et du corps (Psycx. 238-239).
La solidarité est encore manifeste dans l’ordre moral : chacun subit plus ou moins les conséquences bonnes ou mauvaises de ses actes précédents. L'ensemble de nos actions forme une série, non pas infrangible, puisque l’homme est libre, mais où tout se tient et s'appelle : notre présent: est le fruit de notre passé et il contient en germe notre avenir. Le grand ouvrier de la solidarité individuelle c’est l'habitude ; tout acte accompli persiste dans ses conséquences, parce qu’il laisse dans l'âme une facilité plus grande pour le reproduire (Psycu. 218).
II. — Solidarité sociale : elle comprend cet ensemble complexe d’influences de toutes sortes que les hommes vivant en société exercent
- les uns sur les autres.
La sympathie est l’agent le plus efficace de la solidarité sociale : inclinant chacun à sentir, à penser et à vouloir comme ceux qui l’environnent, c’est elle qui rapproche les individus et les maintient à l'unisson. La solidarité sociale variera avec les diverses formes que peut prendre la société. On peut distinguer :
A). — La Solidarité familiale ou domestique : elle est constituée
. par les influences réciproques des parents et des enfants. Par l’hérédité
… lenfant recoit de ses ascendants tout un ensemble de tendances et de
= dispositions particulières, d’où résultent son tempérament physique
… et sa constitution morale. Cependant chacun peut modifier, dansun sens
ou dans un autre, ses tendances et aptitudes héréditaires, par sa libre
” initiative. L'éducation est encore, aux mains de la famille, un puissant
… moyen de transmettre aux descendants ses principes et ses traditions.
… lies enfants exercent à leur tour une action très grande sur leurs parents :
ï le Sentiment de la paternité et de la maternité développe les plus belles
… qualités : prévoyance, ardeur au travail, épargne, dévouement et géné-
rosité. Les enfants ne sont-ils pas entre les père et mère le meilleur
trait d'union ? La solidarité familiale s'étend aussi aux rapports des
. enfants entre eux et crée entre frères et sœurs des liens très doux et
- très forts. Chaque famille en se perpétuant constitue une personnalité
morale solidairement responsable : les descendants portent plus ou
- moms le poids des fautes de leurs ascendants, comme ils bénéficient
. de leurs vertus et mérites. C'est ainsi qu'un héritage d'honneur ou de
. déshonneur passe d’une génération à l’autre. |
B). — Solidarité nationale et patriotique : la patrie est l’agrandis-
sement de la famille. C’est pourquoi la solidarité nationale provient de
. causes semblables, mais leurs actions et réactions sont beaucoup plus
complexes et étendues. En étudiant la notion de patrie (Psycx. 45),
72 LA SOLIDARITÉ : DIVISION Fos (29)
nous avons énuméré les principaux éléments qui concourent à sa for-.
mation : unité de territoire, de race, de langue, de gouvernement, de.
croyances religieuses. Chacun d'eux contribue dans une proportion variable selon les circonstances à constituer l’unité nationale. Mais ce qui fait surtout la patrie, c’est la communauté de sentiments, d'idées et de volontés. La solidarité, qui résulte des relations sociales entre compatriotes, s'applique non seulement au présent, maïs encore au passé, car la patrie est aussi une personne morale dont le patrimoine, fait de souvenirs, est légué fidèlement par ceux qui Hs à ceux qui les remplacent (a
Celui qui entre en société jouit de tous les progrès qui ont été accomplis, par de longs efforts antérieurs, dans les sciences, le commerce, l’agriculture, l’industrie, les arts, etc. C’est un “héritage dont il profite immédiatement. Il est bien juste qu’à son tour, pour acquitter sa dette de reconnaissance, il s’efforce d'améliorer ‘de tout son pouvoir l’état social auquel il est si grandement redevable. Chacun d’ailleurs est dépendant de l’association entière, car personne ne peut se suffire complètement à lui-même. Il faut que les autres nous procurent ce que nous ne pouvons produire nous-mêmes. Pour avoir une idée de la dépen-
dance étroite qui nous lie les uns aux autres, il suffit de se rappeler quel
concours nombreux de causes exige la production d’une simple bouchée de pain (?}. On abuse beaucoup actuellement de l'assimilation qu'on établit entre une nation et un organisme. La solidarité sociale n’a pas la rigidité ni la fatalité qu’on remarque dans le monde organisé des
végétaux et des animaux ; mais il faut reconnaître cependant que sa.
nature Justifie par certains côtés la Comparaison employée. De même que, dans un corps vivant, chaque organe réclame le concours de tous les autres pour le bon loncbonnéme de l’ensemble et de ses parties,
ainsi, dans ce vaste et complexe organisme qu'est une société, chaque . individu a besoin de l’aide et de la coopération de ses semblables. De même encore on peut, dans une’ certaine mesure, déterminer des lois de.
statique et de dynamique sociales (LOGIQUE, 104, $S I).
C). — Solidarité humaine : à travers l’espace et le temps, les diverses nations sont plus ou moins solidaires les unes des autres, selon l'influence plus ou moins rayonnante que leur action exerce autour d'elles. Cette solidarité est aujourd’hui plus étroite que jamais, à cause de la facilité et de la rapidité des communications entre les cinq parties du monde, que les progrès de la science ont développées.
NE
(?) J. DE BonxioT, Le problème du mal, Li. IV, Ch. rit, p. 152-153. 2e Éd.
(7) BRUNETIÈRE, Discours de combat, 1:° série : l’Idée de patrie, p. 121 Ssaq. Paris, ” rs
(20 TARA CRE LA SOLIDARITÉ : PRINCIPE DE LA MORALE A Re