COMPARAISON ENTRE LE PLAISIR ET L'INTÉRÊT
Le plaisir c’est la satisfaction passagère d’une de nos inclinations. L'intérêt c’est la satisfaction durable et ordonnée de toutes nos inclinations, surtout des inclinations personnelles. Re RM SE
Les différences qui séparent la morale du plaisir et la morale de l'intérêt découlent de ces définitions : : | Pire
. — La morale du plaisir ne fait appel qu’à l'instinct, qu'aux impulsions de la sensibilité. La morale de l'intérêt fait une part à l’entelligence et à la volonté. S'il veut bien servir ses véritables intérêts, l’homme doit user de toute son intelligence pour discerner ce qui lui est réellement utile, pour calculer et combiner ses moyens d'action de manière à obtenir la plus grande somme possible de bonheur. Il doit recourir aussi à la volonté pour tenir en bride les passions qui préfèrent leur satisfaction immédiate et partielle au lieu d’attendre de l’avenir une. satisfaction plus complète. | gr Le
IT. — Le principe de l’intérêt imprime à la conduite et à la vie plus de suite et d'unité, L'homme de plaisir, sous l'impulsion changeante de ses désirs, mêne au contraire une vie irrégulière et capricieuse. 17.1
IIT. — Le principe de l'intérêt est le plus grand ressort du progrès individuel et social : il pousse homme au travail et à l’épargne pour acquérir aisance et fortune. La poursuite de la jouissance prochaine est incompatible avec le travail qui exige un effort et avec l'épargne
qui est une privation. L’homme de plaisir ne veut pas différer sa jouissance, même avec la perspective très probable de accroître et de la rendre durable, car il a pour règle de conduite cette maxime : Un tiens, ce dit-on, vaut mieux que deux tu l'auras :
2 L'un est sûr, l'autre ne l’est pas.
IV. — Sur nombre de points l'intérêt est d'accord avec le devoir et coïncide matériellement avec lui: il ne peut cependant être le principe
suprême de la morale, car il est égoïste et se résout finalement en plaisir, puisqu'il n’est au fond que la recherche méthodique d’un plaisir durable.