II. — Contrainte : on distingue la contrainte
10 Physique : une action imposée par une violence extérieure, mais qu'on désavoue intérieurement, n'est pas imputable à celui qui la subit. L'auteur de la violence est seul responsable.
2° 3Iorale : dans ce cas l'action n'est pas tout à fait involontaire, parce que la volonté peut toujours résister à la menace. La liberté est seulement amoindrie et conséquemment la responsabilité atténuée.
IIL — Habitude, passion : les habitudes et les passions, bonnes ou mauvaises, diminuent la connaissance et le libre arbitre. Elles diminuent la connaissance, parce que les actes habituels et passionnels sont faits avec moins d'attention ; elles diminuent le libre arbitre, parce que la répétition des actes les rend de plus en plus nécessaires (Ps. 218). II peut même arriver que la passion soit violente au point de troubler la raison ou soit devenue une nécessité physique. Les actes accomplis, sous l'empire de la passion et de l'habitude, considérés en eux-mêmes sont donc moins libres ou, dans les cas extrêmes, ne le sont pas ; mais ils le restent toujours dans leur cause, et par conséquent l'homme en est toujours responsable, au moins indirectement. Cette cause, c'est la volonté, qui a posé, avec connaissance et liberté, les premiers actes dont la répétition consentie a déterminé le développement de la bonne ou de la mauvaise habitude. Il s'ensuit que la responsabilité, pour le bien comme pour le mal, augmente dans la mesure où l'intelligence a prévu et la volonté accepté les conséquences de l'habitude grandissante. C'est justice, puisque la tendance tyrannique à faire mal et la facilité de plus en plus douce à bien faire sont toutes deux des fruits de la volonté libre. (Ps. 60 ; 223).