III. — NÉCESSITÉ DE LA SANCTION
I. __ Le bien sans récompense, le mal sans châtiment sont pour la conscience une contradiction. En même temps que je juge une action bonne ou mauvaise, je porte cet autre jugement, qui me parait aussi nécessaire que le premier, que l'auteur de cette action a droit à un» récompense ou à un châtiment et qu'ils doivent être proportionnés à la bonté ou à la malice de l'action. Tous les hommes portent ce même jugement. Et c'est lorsque les faits le contredisent que la conscience l'affirme avec plus de force.
Les législations humaines confirment ces exigences de la conscience : chez tous les peuples, on trouve des récompenses attachées à l'observation de la loi et surtout des peines attachées à sa violation.
IL — Cette nécessité de la sanction est fondée sur la nature des choses et sur la nature de Dieu. La vertu suppose le sacrifice, la souffrance endurée pour le bien. Le vice suppose la poursuite d'une jouissance contraire au bien. Or Dieu, étant infiniment sage, saint et juste, veut que l'ordre essentiel des choses soit respecté et défend de le violer ; il doit vouloir conséquemment que les sacrifices, entraînés par l'observation de la loi morale, soient compensés par le bonheur et que l'ordre