‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 129 sur 604 · LA VERTU : ARISTOTE · texte numérisé non relu

LA VERTU : ARISTOTE

qu'il s'efforce de reproduire, c'est Dieu. Cela revient à dire que la vertu, cette fuite {-jûrr,) vers les régions éternelles, consiste dans le détachement des sens et le développement de la raison. Donc, pour ressembler à Dieu, l'homme doit perfectionner sa nature. Telle est la définition pratique de la vertu donnée par Platon : 'H àper»! TEXsidrr,; IçtI tvîç ixâçTou '^weco;. C'est ainsi que l'âme sera conforme aux Idées, sera belle moralement, c'est-à-dire vertueuse.

II. — C'est une harmonie. Dieu est l'Un; l'Idée du Bien, c'est l'unité parfaite. La vertu ou imitation de Dieu sera donc une participation à l'unité divine. Mais l'homme ne saurait être parfaitement un, puisqu'il est composé d'un corps aux éléments multiples et d'une âme aux facultés diverses. Il réalisera l'unité dont il est capable en soumettant le corps à l'âme et les facultés inférieures de l'âme à la raison : l'sTriOuaia au 6uu.oç, le Ou|jLo; au voOç (39). Ce sera l'unité dans la variété, ce sera l'harmonie. L'âme est vertueuse quand toutes ses facultés rendent leur note dans un accord parfait. C'est pourquoi Platon parle souvent de l'harmonie de l'âme (^), définit «la vertu une harmonie » (^) et appelle l'homme sage un musicien (^).

Critique : ces deux définitions, dont l'une est la conséquence de l'autre, indiquent plutôt les effets de la vertu que sa nature.

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