‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 134 sur 604 · VI. - DÉFINITION PROPOSÉE · texte numérisé non relu

VI. - DÉFINITION PROPOSÉE

On peut définir la vertu d'une façon générale : l'habitude du devoir {^). Mais pour indiquer explicitement les conditions qu'exige cette habitude, on peut adopter la définition suivante : La vertu c'est Vhabitude dohéir ad devoir avec intelligence^ amour et liberté.

Conditions. — I^"® : Connaissance du bien : car, sans cela, pas de liberté, ni de responsabilité, donc pas de vertu ; c'est de l'instinct (Ps. 195).

II« : Amour du bien : pour faire le bien, surtout avec persévérance, il faut l'aimer. L'attrait du bien donne une impulsion vigoureuse à la volonté, qui, autrement, resterait inerte (Ps. 10).

II I^ : Effort libre : pour faire le bien, il ne suffit pas de le connaître et de l'aimer, il faut surtout le vouloir. Il faut que la volonté fasse effort pour refouler les mauvaises inclinations qui l'attirent vers le mal.

IV^ : Habitude : quelques actes isolés ne suffisent pas ; il faut, pour être vertueux, conformer habituellement sa conduite au devoir. L'habitude, par la répétition des actes, accroît la facilité et la tendance à les reproduire. La pratique du bien finit par devenir un besoin : « L'homme vertueux, dit Aristote, est celui qui trouve du plaisir à faire des actes de vertu. » L'idéal de la vertu c'est la sainteté, état d'une volonté si pleinement identifiée avec la loi morale qu'elle lui obéit sans effort et sans défaillance.

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