‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 148 sur 604 · CONFLIT DES DROITS · texte numérisé non relu

CONFLIT DES DROITS

pour des raisons supérieures, tolérer la polygamie et le divorce. — En outre, ayant droit de vie et de mort, étant propriétaire de toute la création. Dieu peut ordonner de tuer telle personne ou de prendre le bien d'autrui. Nous en avons des exemples dans l'histoire du peuple d'Israël. Dans ce cas, en vertu de son domaine souverain, il dispense de l'observation des préceptes secondaires, tandis que, dans aucune hypothèse, il ne peut permettre à qui que ce soit de transgresser les préceptes primaires en tolérant vg. le blasphème.

Les préceptes secondaires sont fondés cependant sur l'essence des choses, telle qu'elle découle de l'ordre établi par Dieu : ils sont donc naturels, mais comme cet ordre aurait pu être différent, Dieu peut y déroger, mais lui seul. Aussi pour s'y soustraire, l'homme a-t-il besoin d'une manifestation particulière du vouloir divin, l'autorisant à ne pas observer tel précepte secondaire.

On le voit, le parallélisme est parfait entre les vérités de Tordre spéculatif et celles de l'ordre pratique. Dieu ne peut faire que ce qui commence d'être n'ait pas de cause ou que 2+2=5; mais il peut, par une intervention immédiate, suspendre telle ou telle loi astronomique ou chimique ; c'est le miracle physique. De même, il ne peut faire que le mensonge soit légitime ; mais il peut permettre de tuer quelqu'un : dans ce cas ce n'est plus un meurtre. Mais il faut une autorisation expresse, par révélation : c'est le miracle moral.

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