‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 15 sur 604 · L — JUGEMENTS MORAUX · texte numérisé non relu

L — JUGEMENTS MORAUX

Ils constituent l'élément essentiel de la conscience ; ils précèdent ou suivent l'action :

A) Avant l'action : on juge qu'elle est bonne ou maui>aise, qu'il est bien ou mal de la faire, et par conséquent, si elle est en notre pouvoir, que nous devons l'accomplir ou l'omettre. Ici, la conscience fait l'office d'un héraut qui promulgue la loi. Trois notions sont impliquées dans ce jugement :

1» Bien en soi : c'est l'idéal moral auquel l'action est conforme ou contraire.

2» Devoir : nécessité morale de faire le bien.

30 Droit : pouvoir moral d'exiger les moyens d'accomplir le devoir.

li) Après l'action : on juge que l'action a été bonne ou mauvaise, c'est-à-dire (oiiloiiiie ou contraire au bien en soi, et par conséquent qu'elle entraine mérite ou démérite, récompense ou châtiment. Ici, la conscience fait fonction (ie juge. — Ce second jugement implique aussi trois notions :

(M p. Jankt, Lamorale.'L. III, Ch. i. — J. Simon, Le devoir, IV« P., Ch. i.- E. Charles, f'IlémentR de philosophie, Ch. LXii. — Fn. Bouillier, La vraie conscience. — Waddington, r>ieu el la conscience.

10 Bien moral : c'est le bien accompli.

2° Responsabilité morale ou mérite et démérite : si nous avons bien agi, nous croyons avoir acquis une certaine perfection et excellence. Si nous avons mal agi, nous avons conscience d'une certaine déchéance et dégradation.

3° Récompense ou châtiment : le mérite nous paraît exiger un certain bonheur comme prix de nos eiïorts, et le démérite, une certaine souffrance comme réparation de nos défaillances. Malgré les démentis de l'expérience, la raison voit un rapport nécessaire entre la vertu et le bonheur, entre le vice et le malheur.

Ces divers jugements nous les portons aussi sur les actions des autres.

Comparaison : a) Le bien en soi est la règle de nos actions : c'est un principe extérieur à l'agent, principe éternel et invariable.

h) Le bien moral, c'est une qualité inhérente à nos actions, quand elles sont conformes à leur règle suprême ; il dépend surtout de V intention ; il est notre œuvre, il est en nous.

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