DIVISION DES DEVOIRS
instant. — Ils sont plus relevés que les devoirs négatifs et ils sont plus méritoires^ parce qu'ils exigent un effort plus ou moins considérable et se rapportent au perfectionnement moral et à la charité. Kant les appelle devoirs de vertu.
B) Certains moralistes appellent les devoirs négatifs : stricts ou parfaits, et les devoirs positifs : larges ou imparfaits. Si l'on entend par là que les premiers sont seuls obligatoires et que les seconds sont facultatifs, c'est inadmissible, parce que, où il n'y a pas obligation rigoureuse, il n'y a pas devoir, mais simple convenance morale. Si l'on entend par là que les devoirs négatifs sont déterminés et les positifs indéterminés, on est dans le vrai. En effet, les devoirs négatifs, consistant à s'abstenir, sont très précis : vg. ne tue pas. Les devoirs positifs au contraire revêtent des formes sans nombre d'après les circonstances de temps, de lieux et de personnes. L'obligation qu'ils imposent est théoriquement indéterminée ; chacun doit la déterminer pratiquement : vg. fais l'aumône ; mais à qui, quand, dans quelle mesure ?
Remarque : les devoirs ne sont pas tous égaux., pas plus que les fautes, comme l'ont soutenu les Stoïciens (41). Toutes les obligations sont absolues, doivent être exécutées ; mais elles n'ont pas toutes la même gravité. Cette gravité dépend de l'importance de la matière. Une obligation est plus ou moins grave selon que l'objet, qu'il est interdit de rechercher ou qu'il est commandé de poursuivre, a un rapport plus ou moins direct avec la fin dernière de l'homme, l'éloigné ou le rapproche davantage de la perfection.