B. — DEVOIRS NÉGATIFS
On peut tout résumer en disant : ne pas attenter à sa vie ; ne pas se mutiler.
Le suicide est une atteinte directe et volontaire à sa propre vie. Les Épicuriens y voyaient un remède extrême contre la douleur. Les Stoïciens l'exaltaient' comme un acte de courage : le sage peut sortir tranquillement de la vie « comme on sort d'une chambre remplie de fumée ». Le suicide est réprouvé par une saine morale. Il serait contradictoire d'admettre que l'homme a des devoirs à remplir et de lui permettre le suicide. En effet la vie est la condition nécessaire de l'accomplissement des devoirs. Si l'homme a le droit de s'ôter la vie, il peut par là même s'exempter lui-même de tout devoir. Ne pas détruire son existence est donc le premier devoir, puisque c'est la condition de tous les autres (^).
A) Le suicide est un crime : I. — Contre Dieu : c'est une violation de ses droits. C'est lui qui donne là vie, à lui de la reprendre. La vie a été accordée à l'homme comme un temps d'épreuve et de combat pour atteindre sa fin. L'abréger de sa propre autorité, c'est s'ériger en arbitre de ses mérites et de sa destinée, c'est clore une lutte dont Dieu seul doit
(') É.M. DuRKiiEiM, Le suicide, élude de sociologie. — Proal, Le suicide el le crime passionnels. — L. RouHE, Doctrines et problèmes, Ch. xi. La question du suicide. — Sénèque, De Providenlia, VI. Epist., 58, 70, 77. — Tissot, Iif ta mayiie du suicide et de l'esprit de révolte.