DEVOIRS RELATIFS A L'AME
La pratique des devoirs relatifs à l'âme donne naissance, selon les anciens, à trois vertus, correspondant aux trois facultés :
I. — Tempérance : devoir relatif à la sensibilité. La sensibilité est faite pour le bien sensible, le plaisir. Il ne faut pas la détruire, comme le voulaient les Stoïciens, mais la régler : pour cela on doit déraciner les mauvaises inclinations et développer les bonnes (Ps. 59). C'est ainsi qu'on parviendra à subordonner la sensibilité à la raison et à pratiquer la tempérance.
II. — Sagesse : devoir relatif à l'intelligence. L'intelligence est faite jtour la vérité. L'homme ne doit donc pas amoindrir son intelligence par V ignorance et V erreur, ni la dégrader par le mensonge soit intérieur où l'on se trompe soi-même, soit extérieur où l'on trompe les autres : par Vhypocrisie et le respect humain, qui sont des mensonges en action. — II doit la perfectionner par la recherche de la vérité : pour cela il faut se connaître soi-même et acquérir les connaissances religieuses et morales qui se rapportent à l'accomplissement de notre destinée, à nos devoirs. C'est ainsi que l'homme s'élèvera à la sagesse. Rousseau a prétendu que la culture des sciences est une cause nécessaire de corruption : c'est un sophisme. Tout dépend de l'usage qu'on fait des sciences et de l'intention dans laquelle on les étudie. Sans doute
( ') L. RoL-RE, Doctrines et Problèmes, Cli. vin, Ascétisme et Philosophie.
« Science sans conscience, comme dit Rabelais, est la ruine de l'àme » ; mais on peut aussi faire servir ses connaissances à son perfectionnement moral.
III. — Courage : devoir relatif à la volonté. La volonté est faite pour le bien rationnel ; c'est la faculté principale de l'homme, car c'est par elle qu'il est maître de lui-même et réalise sa destinée, par elle qu'il est un être moral. L'homme ne doit pas abdiquer sa liberté en se laissant dominer par ses passions, l'avarice, la volupté, l'ambition, etc., mais il doit la fortifier par des efforts généreux et répétés. L'examen de conscience par lequel on arrive à la connaissance de soi-même, et le travail, qui écarte l'oisiveté « mère de tous les vices », sont des moyens efficaces, avec la lutte contre soi-même, pour tremper la volonté et devenir un homme de caractère. C'est ainsi que l'on acquiert la force d'àme, le courage (').