‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 171 sur 604 · B. — LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

B. — LA CHARITÉ

I. — Sa nature : elle consiste à vouloir et à faire du bien aux autres. Elle a son origine psychologique dans la sympathie et les inclinations sociales qui en dérivent (Ps. 42), Elle est fondée sur l'idée de notre communauté d'origine, de nature et de destinée. Elle consiste à traiter les autres comme d'autres « soi-même », comme des frères ; aussi la nomme-t-on bienfaisance ou fraternité. Les devoirs de charité sont presque tous positifs et ont pour formule générale : « Fais à autrui ce que tu voudrais qu'on te fît à toi-même. » La charité chrétienne ajoute un stimulant nouveau : elle fait aimer Dieu dans les hommes en faisant aimer en eux l'image divine C^).

IL — • Formes : la charité s'appelle : a) bienveillance, quand elle se borne à vouloir du bien aux autres ; — b) bienfaisance, quand elle se traduit par des actes ; — c) pitié, quand elle a pour cause les souffrances d'autrui ; — d) dévouement, quand elle se manifeste par de^ sacrifices généreux et constants ; — ■ e) héroïsme, quand elle s'élève aux plus grands sacrifices {^).

III. — Objection : Spencer et autres philosophes voudraient bannir la charité, comme étant une fausse vertu, inutile et funeste.

(M CicÉRON, De Officiis, L. I, § X.

( ') S. Paul, /" Epître aux Corinthiens, Ch. xin. v. 1-7.

C) M. DU Camp, La charité à Paris. — Hadssonville (d'). Misères et remèdes.

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