‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 186 sur 604 · RESPECT DES BIENS D'AUTRUI : DROIT DE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

RESPECT DES BIENS D'AUTRUI : DROIT DE PROPRIÉTÉ

été limitée par les Corporations qui ont été en butte à des attaques excessives, faute de distinguer les circonstances et les époques.

« Sous le régime de la Corporation appuyée sur la Confrérie, la dignité du travailleur était relevée ; il bénéficiait de la distinction des classes et avait sa part de privilèges. L'organisation corporative préh;entait à l'époque de son développement régulier, c'est-à-dire du xiii^ au xvi^ siècle, de réels avantages. Elle répondait aux nécessités du temps, en groupant dans des organisations fortement établies les hommes libres appartenant aux diverses industries, et qui n'auraient su ni pu 86 défendre contre les violences de l'époque et les dangers de la libre concurrence. Les ouvriers, aux prises avec cette nécessité fondamentale de subvenir aux besoins de chaque jour, assurèrent leur sécurité dans des associations professionnelles fortement constituées. Le trait caractéristique des anciennes Corporations, c'est la sécurité professionnelle, matérielle ou morale {}). Cependant il faut convenir qu'à partir de la fin du xvi^ siècle, les Corporations présentaient des abus réels, qui augmentèrent surtout au xviii® siècle : réglementation du travail excessive, fiscalité, corruption [^). «

Il aurait fallu corriger ces abus et transformer les corporations pour les adapter aux exigences nouvelles du monde économique. Malheureusement la Constituante ne se borna pas à décréter la liberté du travail : poussant la réaction à l'extrême, elle proscrivit d'un trait de plume (articles 1 et 2 de la loi du 14 et 17 juin 1791) les associations. C'est alors que se développa cette tendance funeste, fruit amer de la Révolution, qu'on a appelé V individualisme (93, § II, II, 2").

L'acte de la Constituante était un attentat contre le droit naturel qu'a tout homme, et par conséquent tout travailleur, de s'unir pour la sauvegarde de ses intérêts. Mais on ne violente pas impunément la nature. Aussi a-t-on vu s'engager, au xix^ siècle, une lutte ardente pour reconquérir le droit d'association qui a fini par triompher (105).

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