‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 248 sur 604 · DEVOIRS ET DROITS DES GOUVERNANTS · texte numérisé non relu

DEVOIRS ET DROITS DES GOUVERNANTS

§ III. — RÉGLEMENTATION DU TRAVAIL (i)

On admet généralement une certaine intervention de l'État, vg. pour imposer le repos hebdomadaire dominical, interdire le travail de nuit aux femmes et limiter le travail pour les enfants. On l'admet parce que dans ce cas l'État défend évidemment les droits des faibles : ouvriers, femmes et enfants, dont la santé pourrait être compromise par un labeur trop prolongé, au grand dommage de la société elle-même. Alors l'État ne fait que rendre juridique un devoir moral des patrons.

Mais convient-il d'aller plus loin, de demander aux pouvoirs publics vg. d'étendre cette limitation des heures aux adultes, de fixer un minimum de salaire, d'établir des assurances obligatoires contre les accidents et les maladies, d'imposer des caisses de retraite pour la vieillesse, de provoquer les divers gouvernements à une entente internationale ? {^)

Ici, la réponse ne saurait être absolue ; elle est relatwe aux circonstances qui varient avec les temps, les pays, les intérêts divers de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. On peut dire d'une façon générale que cette intervention sera légitime : 1"^ S'il y a dans le régime économique des abus graves et urgents à redresser ; — 2» Si l'on ne peut y remédier par l'initiative privée des intéressés, individus ou associations; — 30 Si cette ingérence est temporaire, c'est-à-dire dure seulement tant que l'initiative privée restera insuffisante (^).

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