‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 264 sur 604 · LIBERTÉ CIVILE ET LIRERTÉ POLITIQUE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ CIVILE ET LIRERTÉ POLITIQUE

dice manifeste de la société, le peuple pourrait user pour sa défense du pouvoir qu'il tient de la nature, car il ne s'en est jamais dépouillé (^). »

Mais, comme le droit individuel de repousser la force par la force demande à être exercé avec la modération convenable selon la maxime des moralistes {cum debito moderamine inculpatœ tiitelœ), ainsi, pour ne pas dégénérer en rébellion, l'usage du droit de défense sociale est soumis à des règles qui le maintiennent dans les limites de la raison et de la justice. Voici les principales :

1° La tyrannie, pour annuler le titre du pouvoir reçu, doit être passée en habitude et non transitive.

2° La tyrannie doit avoir un caractère de gravité telle que, si on la laisse faire, elle mettra en danger de ruine les biens essentiels de la nation, parmi lesquels la Religion tient le premier rang.

3^ Cette gravité de la situation doit, de l'aveu général des honnêtes gens, être manifeste.

40 Avant de recourir au moyen extrême de la force, il faut avoir vainement essayé les autres moyens de résistance.

5° D'après les prévisions des esprits sages, les chances de succès doivent être sérieusement probables, et la chute du tyran ne pas entraîner des conséquences plus désastreuses que son maintien. Autrement, le remède serait pire que le mal.

Entourée de ces garanties, que dicte l'intérêt même de la société et qu'impose la Morale naturelle, la résistance par la force n'a rien de commun avec la révolte et l'agitation révolutionnaire. Menace permanente contre les tyrans, elle reste, entre des mains résolues, une arme légitime et redoutable.

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