RAPPORTS DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
L'État peut prendre vis-à-vis de l'Église trois attitudes : Absorption^ Séparation, Union.
§ A — ASSERVISSEMENT DE UÉGLISE PAR UÉTAT
C'ekt la persécution mitigée ; on ne veut pas détruire l'Église, mais en faiïe un instrument de règne. Elle existe, mais dans l'État, comme un de ses rouages, assez puissante pour le servir, assez bridée pour ne le gêné" jamais. Ce régime comporte deux degrés :
1° Entraves croissantes mises au nom de l'État à la liberté de l'Églisj, mais non pas jusqu'à rompre l'unité essentielle : vg. le Galli-
CANISjIe, le JOSÉPHISME.
2° Christianisme politique : il aboutit à des Églises nationales, hors de l'uiité catholique voulue par Jésus-Christ, asservies aux pouvoirs humaiis et par là même dégradées : vg. Église russe, Églises protestantes. Cette absorption est : a) une erreur, car c'est confondre deux sociétés qui ont des fins distinctes ; — b) un crime, car c'est une usurpation commise par la société inférieure.
C'st N.-S. J.-C. qui a établi la distinction des deux pouvoirs, le spiritiBl et le temporel. Il y a donc deux domaines : celui de l'àme qui ne reltve que de Dieu ; celui des intérêts matériels qui relève de César. C'est lune des grandes nouveautés apportées par l'Évangile. Elle a pour fondejient cette idée, nouvelle aussi, d'une Religion unique pour tous les pftiples. Autrefois la religion était exclusivement nationale. La confuaon du sacerdoce et de l'empire dans les mêmes mains était une cause d'oppression pour les âmes. Leur distinction a fondé la liberté. Pour a maintenir l'Église a fourni des martyrs par milliers, qui ont préféiî, au prix de leur sang, obéir à leur conscience plutôt que de sacrifÉr à César (i).