A. — EFFETS DE U ALCOOLISME
I. — Santé : l'alcool est un poison. Son usage habituel trouble profondément et incurablement toutes les fonctions de l'organisme. « L'alcoolisme n'est qu'une vieillesse anticipée. » « Le buveur a perdu toute résistance » (2).
II. — Intelligence et volonté : l'alcoolisme, en minant les forces vdu corps, atteint par contre-coup les facultés de l'âme. Il conduit souvent ;à la folie, au suicide et au crime {^). Les statistiques confirment ces observations du D^ Brouardel : « Depuis 1830, le nombre des aliénés ■criminels, des fous comme des suicidés, est en croissance parallèle avec la consommation de l'alcool. » 11 éteint les sentiments les plus puissants •de la nature : c'est souvent à lui qu'on doit de voir les parents devenir les bourreaux de leurs enfants.
III. — Descendance : ses effets désastreux se transmettent par
( ') M. Vanlaer, L'dlcootisme et ses remèdes. — Mor Turinaz, Trois fléaux de la' Classe ouvrière. — II. Triboulet et Mathieu, L'alcool et l'alcoolisme. — R. Rome, L'ulcooiisme et la lutte contre l'alcool. — J.. Bertillon, L'alcoolisme et les moyens de le combattre jugés par l'expérience.
( *) D'' Lannelongue, cité par M. Vanlaer, L'alcoolisme et ses remèdes, p. 28-29,- Pari»,
(») « Le greffier d'une des plus importantes prisons de la capitale, Sainte-Pêlà^ie, a eu l'idée de rechercher com-bien de ses 2.950 prisonniers étaient signalés par les renseignements de police comme « s'adonnant ;l l'ivrognerie ». Il en a trouvé 2.124, ou pfésdestrois quarts . » (M. Vanlaer, opère cilato, p. 32.)
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hérédité : « Un peuple, dit le D^ Legrain, un peuple qui s'alcoolise et qui, par suite, fait souche de dégénérés, d'idiots, d'épileptiques, d'aliénés, est un peuple qui s'étiole. Un peuple alcoolisé, en somme, est un peuple en voie de disparaître (^). «
IV. — Richesse : l'alcoolisme, étant l'origine d'une foule de maladies, diminue la capacité productive de l'alcoolique qui' devient impropre à toute espèce de travail. Il est manifeste qu'un pareil fléau doit avoir une influence désastreuse sur la richesse d'un pays, quand il y sévit d'une façon intense. Le D^ Rochard évalue à plus d'un milliard et demi, le budget annuel de l'alcoolisme en France. En voici le compte approximatif:
128.298.384 fr. : prix de l'alcool consommé. 1.340.147.500 fr. : journées de salaire perdues (à 2 francs la journée). 70.842.000 fr. : frais de chômage et de traitement médical.