‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 320 sur 604 · MATURE DU PLAISIR DU BEAU · texte numérisé non relu

MATURE DU PLAISIR DU BEAU

Cette seconde opinion paraît vraie. Les objets beaux produisent une émotion d'un agrément siii generis, qui provoque un jugement esthétique. Juger qu'un objet est beau c'est attribuer à cet objet la capacité de produire en nous l'émotion esthétique, de même que juger qu'un objet est lumineux, c'est lui attribuer la capacité de produire en nous la sensation de lumière. Mais ce jugement esthétique est pour ainsi dire instinctif ; il est dû à cette faculté qu'on pourrait appeler le sens du beau, analogue au sens moral (Morale, 10, § I). C'est une connaissance spontanée^ qui tient le milieu entre la sensibilité et la raison. Ce n'est que plus tard, après avoir comparé entre eux plusieurs objets trouvés beaux, qu'on se forme peu à peu une idée de la beauté, un idéal. Dans la suite, pour juger de la beauté d'une chose, on la rapprochera de ce modèle idéal : alors on porte un jugement réfléchi.

Page 1