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CLASSIFICATION DES ARTS

Entre les deux se développe, à la fois dans Vespace par le mouvement et dans le temps par la mesure, la Danse qui s'adresse à la vue et à l'ouïe.

II. — D'après le degré de beauté exprimée et la puissance d'expression :

A) Architecture : elle n'exprime nettement que la beauté physique, la puissance ordonnée de la matière. Elle a comme moyens expressifs les lignes et les formes géométriques.

B) Sculpture : elle peut exprimer la beauté organique de la plante, de l'animal et de l'homme, et même la beauté morale. Mais ses moyens d'expression sont imparfaits (absence de perspective ; absence de couleur, ordinairement du moins). La Statuaire en est la forme la plus élevée (^).

C) Peinture : elle exprime le même genre de beauté que la scul}»ture, la beauté sensible, intellectuelle et morale. A la différence de la sculpture elle ne dispose que de deux dimensions ; mais, en revanche, ses moyens expressifs sont plus riches et plus variés : perspective, couleur (2).

D) Musique : elle exprime les passions et les sentiments d'une manière plus puissante que la peinture ; c'est pour cela qu'elle est l'art le plus populaire. Mais elle reste dans le vague ; il faut la poésie pour la préciser (^).

E) Poésie : elle surpasse tous les arts, parce qu'elle peut tout exprimer : beauté physique, sensible, intellectuelle, morale, divine, et ensuite parce qu'elle a, dans la parole, le moyen expressif le plus puissant et le plus précis. Elle résume tous les arts inférieurs : grâce à l'imagination elle bâtit, sculpte, peint ; par l'harmonie et la cadence des vers elle imite le mouvement rythmé de la danse et de la musique. C'est ainsi que « l'art s'élève et grandit, comme grandissent et s'élèvent les beautés exprimées, et les signes qui expriment ces beautés » (*).

F) Éloquence : elle est à la fois un art et une science. Elle est science par le fond, par la logique du discours ; elle se distingue de l'art, qui a pour fin directe la manifestation du beau, par son but qui est la persua-

( ') R. DK LA SizERANNK, Les Salons de 1901 et le vêtement moderne dans la Slaluaire, Revue des Deix Mondics, 1901, T. III, p. 554 et s.

( *) Lessing; Laocoon ou sur les Limites de la poésie et de la peinture. — G. Lansing- Raymond, Puintiyig, Sculpture and Architecture. Rhythm and Harmany in Poetry and Music.

{') F. DE IlAUSEGGER, La Musique comme e.xpression. — P. Schmid, L'Art de l'acenir et son maître R. Wagner. — Houston Stewart Chamberlain, Le Drame \sagnérien. — Ch. Gounod, Mémoires d'un Artiste. — Jaell, La musique et la psycho-physiologie. — ■ A. Regnard, La Renaissance du Drame lyrique, Étude d'Esthétique scientifique. — L. Dau- RiAC, La Psychologie dans iOpéi'a français. — J. Combarieu, Les Rapports de la musique et de la poésie.

(♦) Ch. Lévêque, La Science du Beau, Part. III, Ch. i, T. II, p. 14, Paris, 187v!«.

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sion du vrai et la pratique du bien. Elle est un art en tant qu'elle exprime le vrai et le bien d'une manière lumineuse, agréable et émouvante : Id agit ut verhis Veritas pateat, veritas placeat, veritas moveat (^).

G) Histoire : elle tient aussi de l'art et de la science (Log. 102, § A). Au delà s'étend le domaine de la Science pure, qui a pour but la manifestation du vrai. Mais la science même peut se servir d'une belle forme pour exprimer ses découvertes.

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