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L'ÊTRE ET LE NON-ÊTRE

A) Idée d'être. — La définition d'une chose s'obtient en décomposant cette chose en ses éléments constitutifs. Or la compréhension de l'idée d'être étant absolument simple, puisqu'elle se réduit à une note unique, l'idée d'être est indéfinissable. Cette idée étant la [)lus simple est par là même lu plus générale, puisque compréhension et

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-extension sont en raison inverse (Psych., 137). Elle s'applique à tout: à l'Être infini et à l'être fini, à la substance, à l'accident, à l'essence.

B) Idée de non- être. — Le non-être ou néant est le contraire de l'être. Le néant absolu est une absence totale d'être ; le néant relatif, une absence partielle. Le néant relatif est appelé privatif, quand il indique, dans un être, l'absence d'une chose qui devrait naturellement se trouver en lui ; vg. l'idée de cécité implique non seulement l'absence, mais la privation de la vue dans un sujet auquel elle convient : l'homme, l'animal. Le néant relatif est appelé négatif, quand il indique la simple absence Ki'une chose ; vg. la pierre ne voit pas.

C) Etre de raison. — On entend par là ce qui est conçu par la raison sans avoir en lui-même aucune entité : c'est un être « qui n'est que dans la pensée » (^), vg. montagne sans vallée, centaure.

D) Modifications diverses de l'être. — L'être n'est pas un genre proprement dit ; il est au-dessus de tous les genres. Car, pour former des espèces, il faut pouvoir ajouter au genre des différences spécifiques qui soient en dehors de son essence. Or toutes les différences possibles rentrent dans la notion d'être, puisque, en dehors de l'être, il n'y a que le non-être, le néant. Mais si l'être ne saurait constituer un genre, il peut être diversement modifié : différentes manières d'être peuvent exister. Nous étudierons les principales modifications dont la notion d'être est susceptible.

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