‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 4 sur 604 · SCIENCE ET ART · texte numérisé non relu

SCIENCE ET ART

La morale est à la volonté ce que la logique est à l'intelligence. Comme la lno;iquo, elle est à la fois une science et un art.

I. — Science : en tant qu'elle recherche les principes et les conditions île la moralité, c'est-à-dire les lois de la volonté dans ses rapports avec le bien. Mais c'est une science pratique, la science pratique du bien, comme la logique est la science pratique du vrai. Et c'est ainsi qu'elle devient un art.

II. — Art : en tant que les lois qu'elle établit sont des règles de <onduite pour diriger la volonté vers le bien : elle enseigne Vart de bien •.'ivre. Mais c'est un art qui a des caractères tout particuliers :

a) Il est universel, car il embrasse et règle toutes les manifestations de l'activité humaine, consciente et libre, tandis que les autres arts sont spéciaux^ c'est-à-dire destinés à diriger telle catégorie d'actions ; vg. la médecine, l'architecture.

h) Il est obligatoire pour tous. Ce n'est pas, comme les autres, un art facultatif ou un art d'agrément et de luxe. C'est un art indispensable pour gouverner la vie.

Conclusion : mais il ne faut pas forcer la distinction établie entre la murale coDime science et la morale comme art, car ni cette science n'est purement spéculative, ni cet art n'est exclusivement pratique. En effet, d'un côté, toute science morale est nécessairement pratique, même quand elle fait des considérations spéculatives sur le bien et le devoir, car c'est une science de l'action qui enseigne ce qui doit être fait. D'autre part, la morale, en tant qu'art, ne peut faire abstraction des principes ni se réduire à des règles empiriques. Dans les autres arts le résultat matériel ini])orte seul, quels que soient d'ailleurs le principe et les

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