‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 5 sur 604 · DIVISION ET MÉTHODE DE LA MORALE · texte numérisé non relu

DIVISION ET MÉTHODE DE LA MORALE

A) Division : il y a dans la loi morale deux choses à considérer :

10 le devoir envisage en lui-même et dans ses conséquences nécessaires, lequel reste immuable ; — 2^ les actes divers commandés par le devoir.

11 y a donc dans la loi morale une forme immuable et une matière variable. De là deux grandes divisions dans la morale :

I. — Morale formelle ou générale : elle recherche quel est pour l'homme le bien universel, absolu, obligatoire : c'est la science du devoir et de ses conséquences.

II. — Morale matérielle, particulière ou appliquée : elle détermine, pour tout le domaine des actions morales, ce qui, dans les cas particuliers, est le vrai bien de l'homme, conformément au bien absolu préalablement établi : c'est la science des devoirs, c'est le détail de ce qu'il faut faire.

Remarques : I. — D'autres divisent la morale en morale théorique ou spéculative et en morale pratique. C'est là une division erronée,, car la science morale est une science pratique ou de l'ordre idéal., puisqu'elle a pour but prochain de déterminer ce qui doit être, c'est-à-dire les lois idéales qu'elle impose ensuite pour règles à l'activité humaine (Logique, 89). La morale théorique ou science du réel, c'est l'Ethologie : science des lois réelles de l'activité morale. C'est une science descriptive qui fait des emprunts à la Psychologie et à l'Histoire ; c'est une sorte de physique des mœurs, de psychologie morale, qui sert de base à la Morale pratique, formelle et matérielle. Aristote dans la jMorale à Nicotnaque, Descartes dans le Traité des passions, Spinoza dans V Éthique en ont donné des spécimens.

II. — L'application des lois établies par la morale générale et particulière aux détails de la vie réelle constitue la Pédagogie morale ou Science de Véducation de soi-même et des autres, qui enseigne Yart de résoudre les cas de conscience, au moyen de préceptes casuistiques.

15) Méthode de la morale (Cf. Logique, 109).

A) Objection : l'égarement de rintelligence mène à l'erreur ; Técart de la volonté conduit au mal. 11 est donc important pour l'homme d'être dirigé dans ses actes libres aussi bien que dans ses actes intellectuels.

Page 1