‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 432 sur 604 · LE VITALISME · texte numérisé non relu

LE VITALISME

Il s'agit précisément de savoir à quelle cause est due cette corrélation manifeste entre la vie et l'organisation.

2° Si la matière organisée est douée de vie, ce n'est pas parce qu'elle est organisée, puisque, à ce titre, elle ne contient aucune substance élémentaire qui n'existe dans la matière inorganique. Elle n'est donc organisée qu'en vertu d'un principe supérieur à la matière, d'une force distincte qui lui donne la vie. Ce n'est donc pas la vie qui est le résultat de l'organisation ; c'est l'organisation qui est le résultat de la vie. Nulle part on n'a vu la matière s'organiser et vivre spontanément ; on a au contraire toujours vérifié la vérité de ce principe : Omne vivum ex vivo. La vie n'apparaît que sous l'influence de la vie. Il est impossible de le nier après la réfutation victorieuse que Pasteur a faite des générations ■spontanées.

3° D'après l'Organicisme, chaque cellule, chaque organe est doué de propriétés dites « propriétés vitales », et la vie du tout n'est que la résultante de toutes ces vies partielles. — Mais cette conception soulève la grave question de savoir si c'est aux vies partielles qu'il faut demander l'explication de la vie de l'ensemble, ou au contraire si ce n'est pas, <?omme le dit Claude Bernard, la vie de l'ensemble qui explique la vie des parties. Séparés du tout, chaque cellule, chaque organe ne vivent plus : leur vie particulière est conditionnée par la vie de l'ensemble. Mais, pour rendre compte de ce consensus harmonieux, il faut admettre un principe unique qui dirige et ramène à l'unité toutes les vies partielles et les fasse concourir au bien commun de l'organisme entier ; il faut admettre ce que Cl. Bernard nomme une idée créatrice de la vie ■et directrice de révolution organique.

Conclusion. — L'Organicisme a une position intenable entre deux systèmes contradictoires : le Mécanisme et le Vitalisme. De deux choses l'une : ou bien l'on soutient que l'organisation est la conséquence des forces de la matière, et alors l'Organicisme se réduit au Mécanisme que nous avons réfuté ci-dessus ; ou bien l'on reconnaît que l'organisation exige autre chose que le concours des forces matérielles, et alors il faut recourir à un principe spécial, supérieur. Mais reste à résoudre une question ultérieure : Ce principe distinct de la matière l'est-il également de l'âme humaine ? Les Yitalistes l'affirment, les Animistes le nient.

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