‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 437 sur 604 · ARGUMENT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ARGUMENT GÉNÉRAL

Lorsque deux choses ont des propriétés et effets opposés, si bien que ce que l'on affirme de l'une doit être nié de l'autre, ces deux choses diffèrent en espèce et en nature. Or le corps et l'àme ont entre eux une telle opposition. Ils sont donc de nature différente. Dans cet argument il suffit de prouver la mineure.

Le corps est matière ; or la matière est étendue, composée de parties placées les unes hors des autres ; au contraire, la pensée est simple, non composée de parties. Les objets corporels de la pensée peuvent bien être de grandeur et de volume inégaux ; mais la connaissance que j'en ai ne se mesure pas à leurs dimensions. La pensée d'une montagne n'est ni plus longue ni plus large que celle d'une fleur. Qui parle d'une idée ayant tant de centimètres de longueur, de profondeur, etc. ?

La matière est figurée, elle a une forme et des couleurs. Or quelle figure donnerons-nous à la pensée ? Sera-t-elle ronde, cubique, triangulaire ? Quelle couleur ? rouge, jaune ?

Les phénomènes matériels se ramènent à des mouvements ; les phénomènes psychologiques sont irréductibles à des mouvements (Psych., 4).

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