‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 440 sur 604 · ARGUMENT TIRE DE L UNITE DE LA PENSEE · texte numérisé non relu

ARGUMENT TIRE DE L UNITE DE LA PENSEE

lement à ramener la pluralité à l'unité : penser, c'est unir, comme dit Kant. Si vg. on juge, on réunit deux idées, le sujet et l'attribut, dans une même affirmation. Ce point rappelé, admettons un instant que le principe de la pensée soit composé. De trois hypothèses, l'une. Ou bien :

a) La pensée sera produite à la fois par toutes parties du principe pensant prises collectivement. — Cette première hypothèse répugne, car chaque partie produirait une partie de l'effet ; et l'effet total, la pensée, ne serait que la somme divisible des effets partiels. La pensée ne serait donc plus simple, ce qui est contraire au témoignage de la conscience.

b) La pensée sera produite par chacune des parties prises séparément. — Cette seconde hypothèse est aussi contraire au témoignage de la conscience, car nous devrions avoir conscience d'autant de pensées simultanées que de parties pensantes.

c) Reste une troisième supposition : la pensée sera produite par une seule des parties qui serait simple et indivisible, les autres parties ne concourant pas à la pensée. — C'est précisément cette partie simple et indivisible, principe unique de la pensée, que nous appelons âme. On peut représenter cette triple hypothèse graphiquement. Soit A = la pensée totale ; a, b, c, d = les parties composant la pensée totale.

II. — La comparaison : au témoignage de la conscience, l'âme a le pouvoir de comparer deux idées. Or ce pouvoir ne peut exister que dans un esprit simple. Laromiguière le prouve ainsi : « Une substance ne peut comparer qu'elle n'ait deux sentiments distincts ou deux idées à la fois. Si la substance est étendue et composée de parties, ne fût-ce que de deux, où placerez-vous les deux idées ? Seront-elles toutes deux dans chaque partie ou l'une dans une partie, et l'autre dans l'autre ? Choisissez ; il n'y a pas de milieu. Si les deux idées sont séparées, la comparaison est impossible. Si elles sont réunies dans chaque partie, il y a deux comparaisons à la fois, et par conséquent deux substances, qui comparent, deux âmes, deux moi, mille, si vous supposez l'âme com-

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