RÉSURRECTION DES CORPS
L'âme sera-t-elle seule à bénéficier de l'immortalité ?
« Il y a contre cette hypothèse une double protestation. C'est d'abord celle de la raison qui hésite à croire que le corps, ici-bas instrument nécessaire des opérations de l'âme, associé de si près aux actes moraux qui fixent notre destinée, n'ait plus de rôle à jouer dans l'état définitif où cette destinée nous fait entrer. Pourquoi Dieu, créant l'homme au-dessous de l'ange et lui faisant, à l'heure présente, une condition si différente de celle des esprits purs, effacerait-il cette différence de nature dans l'économie d'outre-tombe ? Pourquoi, s'il devait le faire, a-t-il tenu l'âme, au cours de son épreuve, dans une si étroite dépendance à l'égard de son compagnon terrestre ? C'est ensuite et surtout la protestation du cœur, qui appelle pour notre être sensible une compensation des douleurs dont il a été le sujet, des sacrifices qui l'ont immolé. Ne faut-il pas une réhabilitation à ce condamné, à cette victime une apothéose »? (*)
Ce ^ont là d'excellentes raisons de convenance, qui rendent très vraisemblable la croyance à la résurrection des corps ; mais elles n'en démontrent pas la vérité. La révélation seule nous en apporte l'assurance.
(') J. DE BoNNiOT, Le Problème du mal, L. VII, 2« édit., p. 267 sqq. — J. Forbes, Les bases de la morale, dans la revue les Éludes, T. XLV, p. 237-253.
( «) J. DE BoNNiOT, Opère cit., p. 364.
(') Platon, Gorgias, LXXXI, ... 'Orîbv/;coTaTa xat cpoêepcoTaxa Traôr^ xota/ovraç Tov (Xct /pôvov. (Éd. DiDOT, T. I, p. 385.)
(') IIULST (M. d'). Mélanges philosophiques : L'Immortalité, § III, p. 207-208, Paris,