RÉSURRECTION DES CORPS
Remarque. — L'immortalité bienheureuse sans fin *nous agrée. Il n'en va pas de même de l'éternité des peines réservée aux coupables. C'est une vérité révélée. Certains philosophes (^) prétendent qu'elle est démontrable par la raison : l'éternité bienheureuse et l'éternité malheureuse semblent être des vérités corrélatives. C'est un fait remarquable que « le dogme de l'enfer est peut-être celui qui présente le moins de divergence parmi les peuples de la terre. Cette unanimité, plus antique, est aussi solide, comme fait, que les pyramides « (^). On sait d'ailleurs que, par les seules lumières de sa raison, le divin Platon a compris la nécessité d'un enfer éternel pour les criminels qui sont incurables (àviKTot) à cause de leurs fautes : « Pour ceux qui ont commis les plus grands crimes et qui pour cette raison sont incurables, on fait sur eux un exemple pour les autres. Leur supplice n'est pour eux d'aucune utilité, parce qu'ils sont incapables de guérison, mais il est utile aux autres qui voient les tourments douloureux et effroyables, qu'ils souffrent à jamais pour leurs fautes (^). »