‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 474 sur 604 · VALEUR DES PREUVES RATIO^•^•ELLES · texte numérisé non relu

VALEUR DES PREUVES RATIO^•^•ELLES

quait aussi l'existence, le degré immédiatement supérieur l'impliquerait a fortiori, et ainsi de suite ; nous arriverions à cette affirmation absurde d'un nombre infini d'êtres nécessaires actuellement existants. L'Être nécessaire est donc par essence infiniment parfait.

C) — Où trouver une raison suffisante pour limiter la perfection de l'Être premier nécessaire ? Pourquoi borner sa perfection à tel degré plutôt qu'à tel autre ? En effet, d'où lui viendrait la limite ? Elle ne peut lui venir : ni de son essence^ car cette essence étant l'Être ne rejette par elle-même aucune perfection, mais les comporte toutes. Si l'obstacle à la perfection venait de l'essence, c'est qu'alors elle renfermerait quelque contradiction intrinsèque. Or, dans cette hypothèse, l'Être nécessaire ne pourrait pas plus exister qu'un cercle carré ; — ni de sa propre colonté, car il ne s'est pas fait lui-même, ce qui répugne ; — ni d'une (volonté étrangère, car cette volonté, nécessaire et éternelle comme l'Être qu'elle limite éternellement, qui l'empêche alors d'être parfaite ? A son sujet, il faudra renouveler les questions posées à propos du premier Être nécessaire, et ainsi de suite, sans fin, ce qui répugne. La raison nous oblige donc à conclure que l'Être nécessaire et éternel est nécessairement l'Être infini, l'Être parfait.

Conclusion générale. — On peut résumer les preuves, qui ont été proposées en disant : L'existence de Dieu est attestée par toutes les puissances de l'homme. La raison l'affirme comme suprême intelligible, seule raison suffisante de tout ; la volonté l'affirme comme suprême législateur, qui lui a imposé la loi morale ; le cœur enfin l'affirme comme le suprême désirable, dont la perfection absolue l'attire invinciblement. C'est ainsi qu'on peut redire avec Bossuet : « La connaissance de nousmêmes nous doit élever à la connaissance de Dieu (^). »

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