‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 491 sur 604 · C. TOUTE-PUISSANCE ET LIBERTÉ · texte numérisé non relu

C. TOUTE-PUISSANCE ET LIBERTÉ

Dieu est pensée et amour. Mais, Dieu étant absolument simple, l'acte par lequel il se connaît et celui par lequel il s'aime ne constituent qu'un seul acte. Cet acte est Dieu lui-même ; Dieu est donc essentiellement actif ; il est acte pur, c'est-à-dire que la vie divine n'a aucun mélange de passivité (Psych., 13, II). Il faut distinguer en Dieu, outre l'activité intérieure, immanente, une activité transitive dont le terme est en dehors de lui. De là deux autres attributs : la Toute-puissance et la Liberté.

A) Toute-puissance : la volonté de l'homme est bornée :

a) Dans son mode d'opération.^ qui suppose une matière préexistante, passe sans cesse de la possibilité à l'acte et exige un effort.

h) Dans ses effets., car nous sommes souvent incapables d'exécuter ce que nous voulons ou désirons.

Mais en Dieu la volonté est toute-puissante. En lui l'activité est affranchie de toute entrave, pure de toute passivité, exempte d'effort, indépendante de toute matière préexistante (91) : pour Dieu seul, vouloir, c'est pouvoir.

Dieu peut tout ce qui est possible, c'est-à-dire tout ce qui n'implique pas contradiction. La toute-puissance divine ne peut réaliser ce qui est contradictoire : vg. un cercle carré, un mouvement sans vitesse. Ce n'est pas d'ailleurs une imperfection, parce que la contradiction n'exprime que le non-être. Au contraire, supposer que Dieu puisse vouloir l'impossible, le contradictoire, c'est supposer que la volonté divine puisse agir d'une façon déraisonnable, ce qui est une évidente défaillance. Cette supposition renferme d'ailleurs une manifeste absurdité. Il ne faut pas confondre ce qui est impossible à n'importe quel être créé, si parfait qu'on l'imagine : vg. ressusciter un mort, créer un monde, et ce qui est impossible en soi. Dieu peut le premier ; il ne peut le second, parce que, ce qui est impossible en soi, étant le pur néant, est irréalisable. Il faut donc repousser l'opinion d'Occam et de Descartes qui prétendent que l'essence des choses dépend de la volonté arbitraire de Dieu (Mor. 45, § C, II). Il ne faut pas diviser Dieu, ni opposer attribut à attribut : en lui toutes les perfections concevables s'harmonisent dans

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