‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 492 sur 604 · LA PERSONNALITÉ DIVINE · texte numérisé non relu

LA PERSONNALITÉ DIVINE

une parfaite unité : Dieu peut tout ce qu'il veut, conformément à sa souveraine sagesse.

B) Liberté : distinguons encore les actes internes {ad intra) des actes externes {ad extra).

1^ Dieu n'est pas libre par rapport à lui-même : Dieu ne peut pas se connaître tel qu'il est, c'est-à-dire perfection infinie, et ne pas s'aimer en conséquence.

2° Dieu est libre par rapport à la création. En efîet, la liberté est le pouvoir de se déterminer soi-même sans aucune contrainte. Or Dieu ne peut subir aucune contrainte :

a) Ni intérieure, puisque, étant infiniment parfait et heureux, il se suffit à lui-même. Rien ne l'obligeait donc à créer le monde, dont il n'a nul besoin.

h) Ni extérieure : avant la création, c'est manifeste ; après, également,, car la toute-puissance ne peut être tenue en échec par des puissances finies. Dieu a donc créé le monde librement, et ce monde plutôt que tel autre.

3^ La liberté divine est exempte de toutes les imperfections de la liberté humaine. L'homme libre délibère, opte entre le bien et le mal, varie. Dieu ne délibère pas plus qu'il ne raisonne, il ne modifie pas ses résolutions, parce que tous ces actes impliquent des imperfections : tâtonnement, succession, lenteur, effort, changement. La volonté divine, éclairée par une intelligence infinie, voit et veut, du premier coup et immuablement, le plan auquel elle donne sa préférence.

40 Remarquons enfin que le pouvoir de faire le mal n'est pas essentiel à la liberté ; c'est une imperfection qui résulte de la finitude des êtres créés. Plus l'homme est moral, plus il se rapproche de cette impossibilité de mal faire : c'est ce qu'on appelle la liberté de perfection (Psych., 202, III). — Mais alors, dira-t-on, quelle place reste-t-il en Dieu pour la liberté, puisque la liberté suppose la possibilité d'un choix ? — Dieu aime et veut nécessairement le bien, mais pas nécessairement tel bien, puisqu'aucune perfection finie ne peut déterminer une volonté infinie ; il peut donc choisir entre plusieurs biens, vg. créer un monde plus ou moins parfait.

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