III. — MAL- MORAL
A). — La faute, le péché : voilà du moins un mal véritable, qui n'est pas comme la douleur une suite nécessaire des lois de la nature. Comment Dieu qui est la sainteté même peut-il le permettre ?
Réponse : ce mal est l'œuvre du libre arbitre, qui, chez un être imparfait, implique la possibilité de mal faire. Mais, malgré ses défaillances, c'est un pouvoir éminemment précieux, car il est la condition même de la moralité. Il vaut donc mieux que le libre arbitre existe, avec ses imperfections ; autrement, c'en est fait de la responsabilité, qui est incompatible avec la nécessité physique d'accomplir le bien.
Instance : Dieu devait empêcher l'abus de la liberté.
(M J. DE BoNNior, Le problème du mal, L. III. ( ') J. DE BoNNiOT, Le problème du mal, L. IV, V. (') J. DE BoNNiOT, Le problème du m.al, L. VI.
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Réplique : il le fait dans les limites du possible, au moyen de la conscience et par la perspective des sanctions. Mais exiger qu'il en rende l'abus impossible, c'est détruire la liberté. — D'ailleurs ce désordre sera réparé dans l'autre vie par l'exécution des sanctions.
B). — Prospérité du vice et malheur de la vertu.
Réponse : 1° La vertu n'est pas toujours malheureuse ; elle jouit aussi parfois des biens et des avantages temporels.
2° Du reste le sort des bons, malheureux dans la vie présente, est préférable à celui des méchants heureux, si nous considérons les biens véritables, ceux qui 'conviennent à la nature raisonnable : satisfaction et paix de la conscience, espérance d'un bonheur parfait.
3° Quand même il n'y aurait pour la vertu que des peines, cette apparence d'injustice disparaît, parce que cette vie n'est qu'une préparation à une autre vie définitive, un temps d'épreuve.
C). — La mort qui vient détruire le travail de notre perfectionnement moral.
Si cette vie devait aboutir à l'anéantissement, elle serait une déception amère et elle ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Mais rien n'est perdu des efforts de l'homme vertueux, si tout ne finit pas avec l'existence présente. L'immortalité de l'âme est donc la justification suprême de la Providence. Il faut se rappeler, dans les jours d'épreuve, le vers réconfortant du poète :
La vie est un combat dont la palme est aux deux.
SECTION III La valeur du monde.
La vie est-elle un bien ou un mal ? Le monde est-il bon ou mauvais ? Faut-il avec l'Optimisme approuver la Création ? Faut-il la condamnei avec le Pessimisme ?