indique la proposition particulière négative
Obédientiel (du latin scolastique Oboedientalis, de Oboedientia, obéissance, de oboedire = ob-aadire, de auris, oreille) : les Scolastiques appellent puissance obédientielle la possibilité qu'ont les êtres de se prêter à l'action divine et conséquemrnent de devenir par elle tout ce qui n'est pas en contradiction avec leur essence.
Obéissance (de Obéir, de oboedire = ob-audire, de auris, oreille) : souniission à une autorité. — Devoir : a) de la l'emme, II, 212 ; b] des enfants, II, 217 ; c) des serviteurs, 217 ; d) des gouvernés, II, 274-275.
Objectif (du latin scolastique objectivas, de objectuin,- ce qui est mis devant, participe passé de objicio = ob, devant ; jacio, jeter) : a) Sens scolastique : ce qui est le ternie ct'une idée, vg. les phénomènes intellectuels sont objectifs, 34. — Vérité objective, 769, II, 475. — Nécessité objective, 293. — Évidence, probabilité, possibilité objectives, 771-772. — b) Ce qui est valable pour tous les esprits et pas seulement pour tel ou tel individu : valeur objective de la connaissance, II, 421 — c) Ce qui constitue une réalité subsistant en elle-même, c'est-à-dire indépendamment de toute connaissance, vg. Dieu, le monde extérieur. — S'oppose à subjectif, individuel, apparent.
Objection (du latin scolastique Objertio, de objectum, supin de ob-jicere, jeter devant, opposer) : c'est un argument qui vise à réfuter une doctrine ; vg. objections contre la possibilité de l'observation subjective, 720.
Objectivation, Objectiver (de Objectif) : transformation de ce qui est subjectif en objectif. — Objectivation des sensations, 72-73 ; 160.
Objectivisme (de Objectif) : se dit des doctrines qui admettent que, dans la perception, i'ospi'it connaît directement une réalité existant en soi.
Objectivité (de Objectif) : caractère de ce qui est objectif ; vg. admettre l'objectivité de la perception externe, c'est admettre qu'elle atteint des objets en dehors de l'esprit, 161. -Objectivité des couleurs, xxiv, 1 ; 176, 1. — Qualités primaires objectives, 177-178.
Objet (du latin scolastique Objectum, ce qui est mis devant, participe passé de ob-jicere) : a) Ce mot s'oppose à sujet comme ce qui est connu à ce qui est connaissant. On distingue le sujet connaissant et ce qui est représenté dans l'esprit qu'on nomme objet, 34. — Puis, ce qui est représenté dans l'esprit, l'objet de la pensée, étant regardé comme l'image fidèle des choses extérieures, on a également appelé objet les choses extérieures. De là une certaine équivtxjue dans le sens de ce mot, 771-772. — Cliez Descartes, exister objectivement signifie exister dans l'esprit. Cf. Méditations métaphysiques, 3e. — Depuis Kant surtout, cela signifie exister en dehors du moi, de l'e-^prit. b) Renouvier appelle objet, objectif, ce que les auti-es nomment actuellement sujet, subjectif. Pour lui, Vobjet c'est la représentation mentale : vg. la perception d'un arbre ayant telle forme est phéaumène objectif. Le sujet c'est ce qui est regardé comme existant en dehors de l'esprit : ainsi la forme de cet arbre est un phénomène subjectif, parce que la forme est inhérente à l'arbre qui en est le sujet, sub-jectum, placé sous, Û7:ox£'y.cvov, comme dit Aristote. En voulant
TABLE ANALYTIQUE : Obligation — Occupant
revenir au sens primitif des mots Objet et Sujet, Renouvier a accru la confusion. — c) Objet signifie encore la matière dont traite une science ; vg. objet de la philosophie, 1.
Obligation (Obligatio, action de lier, lien, obligation, de obligatum, supin de ob-ligare, lier, envelopper) : a) Lien moral qui assujétit à une loi ou attache à quelqu'un qui a rendu un bon office. — è) Sentiment de contrainte morale accompagnant l'idée du devoir, II, 37. — Devoir et obligation, II, 37. — Caractères de l'obligation morale ou devoir, II, 44. — Fondements : a) erronés, II, 108 ; b) véritable, 110.
Obligatoire (Obligatorius, de obligatum, supin de ob-ligare, lier) : ce qui lie, oblige. — La science du bien obligatoire, II, 1. — Caractère obligatoire de la loi morale et du devoir, II, 44. — Le bien est-il obligatoire ? II, 109 ; 112. — Suffrage obligatoire, II, 282-283.
Obscur {Obscurus = ob-scurus. Cf. (jy-ta, ombre, (txotoî, obscurité) : a) Synonyme de subconscient, en parlant des phénomènes psychiques, 144. — è) Uneidée obscure est celle qui ne suffit pas à faire reconnaître son objet, 518. — Obscurum per obscurius : a) Définir ce qui est obscur par ce qui est moins clair encore, c'est pécher contre une règle de la bonne définition, 523 ; 638.
b) Prouver ce qui est incertain par ce qui est moins certain encore, c'est une des manières de commettre le sophisme de la pétition de principe, 801.
Observateur (Observator, de ohservatum, supin de observare, de oè, au-devant, servare, garder, observer, de servus, gardien, puis esclave, qui était le gardien de la maison) ; cjualités d'un bon observateur, 650-651.
Observation (Observatio, de observatum, supin de observare, examiner avec attention, respecter) : considération attentive des faits. — Observation : a) subjective, 719 ; b) objective, 722. — Méthode d'observation, 647. — Observation dans les sciences physiques : a) sa nature, 69 ; b) ses conditions, 650 ;
c) ses règles, 651. — Observation provoquée ou expérimentation, 660. — Sciences d'observation, 663-664. — Observation en Physique et en Psychologie, 731. — L'observation de la loi morale est obligatoire, II, 39 ; 44 ; 110-111. — S'oppose à Expérience, Expérimentation.
Obsession (Obsessio, action d'assiéger, de obsessum, supin de ob-sidere, se tenir devant, de ob, devant ; sedere, être assis) : état d'esprit d'un homme assiégé par une ou plusieurs idées et sentiments qui lui font une sorte de violence. Elle prend la forme de monoïdéisme ou de polyïdéismc, 428.
OccAM, OcKAM, Okkam (GUILLAUME d') : nominalisme, 254. — Distinction du bien et du mal, II, 107.
Occasion (Occasio, de occasum, supin de occidere — ob-cadere, tomber en avant) : ce qui facilite l'activité delà cause. — Occasion, cause et condition, 324.
Occasionnalisme, Occasionnel (de Occasion) : système des causes occasionnelles (Malebranche), II, 546.
Occulte {Occultus, de occultant, supin de occulere, du verbe archaïque calerc, cacher) : ce qui est caché, mystérieux. — Sciences occultes, vg. la magie, l'alchimie. — Qualités occultes, vg. la nature a horreur du vide, 248. — Puissances occultes : ce mot sert à qualifier les démons.
Occultisme (de Occulte) : ensemble des sciences occultes et des arts magiques.
Occupant. Occupation (de Occupans, Occupatio, de occupare = ob-capere, s'emparer de, occupons, occupàium) : droit du premier occupant, II, 190.
TABLE ANALYTIQUE : Oculairc — Ontologie 889
Oculaire [Ocularius, de oculus, œil) : témoin oculaire, 735.
Odeur {Odorem. Cf. o^'', odeur) : objet de l'odorat, 157 ; 178.
Odorat (Oc?ora(Ms, de odoratum, supin de odorari, flairer. Cf. oÇco, parfait 2 oôoioa, exhaler une odeur) : organe, de l'odorat, 157. — Objet de l'odorat, 178.
— Perceptions acquises, 182. — Education de l'odorat, 184. — Rang hiérarchique, 74 ; 185.
Office {Officium, de officere — ob-facerc, appliquer sur) : le mot officium signifie action de se mettre en avant, service rendu, devoir, charge. Cf. Cicéron, De Officiis Libri. très. Ce mot n'est plus usité en français dans le sens de devoir.
— Aujourd'hui, il s'emploie dans le sens de charge, fonction, vg. bien remplir son office.
Oiseux (Otiosum, oisif, de otium, repos) : parole oiseuse, c'est-à-dire inutile, sans raison d'être, donc répréhensible en quelque manière.
Oisiveté (de Oisif, dérivé de oiseux par le changement du suffixe eux en if) : II, 159; 187.
Oken (Lorenz) : le crâne est une vertèbre, 231-232.
Olfactif (de Olfactus, odorat, de olfactum, supin de ol-facere, faire sentir, flairer, de olere, exhaler une odeur) : nerf olfactif, 157. — Mémoire olfactive, 207.
Oligarchie ("OÀtY«pzt<z, de ô/tyac/rjç, de oXtyo;, peu nombreux = 6 prosthétique et racine Xtx, être petit ; «p//,, commandement) : forme de gouvernement où l'autorité appartient à un petit nombre de citoyens. Se prend dans un sens péjoratif, II, 235.
Ollé-Laprune (Léon) : faire son devoir d'homme d'après Aristote, II, 92, 2. — Citation de Leibniz sur l'idée de perfection, II, 105, 2.
Ollivier (Emile) : la liberté sociale, seule essentielle, II, 291.
Omnipotence [Omnipotentia, de omnis, tout ; potentia, puissance, 'de potens, maître de, d'un verbe inusité potere, de potis, pote, qui peut^ : attribut divin, II, 597.
Omniprésence (Omnis, tout ; prsesentia, présence, de prsesens, preeesse, être avant) : attribut divin, II, 578-579.
Omniscience (du latin scolastique Omniscientia, de omnis, tout ; scientia, science) : attribut divin, II, 582-583.
Onéreux [Onerosus, lourd, de onus, oneris, poids, charge) : qui impose des charges, des frais, vg. transmettre un bien à titre onéreux, II, 197. — S'oppose à Gratuit, Gracieux.
Onomatopée [Onomatopœia, ovou-axoTrouy, de q-jou-v., ovo'jv.'zto;, nom ; tto'.év, faire) : formation des mots par harmonie iinitatlve. — Sun rôle dans le langage, 447.
Ontogenèse, Ontogénie (To ov, ovtoç, l'être ; ^/i-Jtmc,, origine, yivoç, naissance, origine. Racine T£'^ engendrer) : se dit de l'évolution de Vindividu par opposition à la Phylogénèse ou Phylogénie, qui indique l'évolution de Vespéce.
Ontologie (du latin scolastique Ontologia, de -o ov, ovroc, l'être ; Xôyo;, discours^ : science de l'être en tant qu'être. — Sa place dans les s':iences philosophiques, 5 ; 592 ; II, 460-495.
890 TABLE ANALYTIQUE : Ontologique — Organique
Ontologique {Ontologicus, de ontologia) : ce qui se rapporte à l'ontologie, à l'être. — Méthode ontologique, 7. — Ordre ontologique, 342. — Loi ontologique, 762. — Vérité ontologique, 769 ; II, 475. — Argument ontologique, II, 569.
Ontologisme (de Ontologie) : « L'Ontologisme est un système dans lequel, après avoir prouvé la réalité objective des idées générales, on établit que ces idées ne sont pas des formes, des modifications de notre âme ; qu'elles ne sont rien de créé, qu'elles sont des objets nécessaires, immuables, éternels, absolus ; qu'elles se concentrent dans l'Etre simplement dit et que cet Etre infmi est la première idée saisie par notre esprit, le premier intelligible, la lumière dans laquelle nous voyons toutes les vérités éternelles et absolues. Les ontologistes disent donc que ces vérités éternelles ne peuvent avoir de réalité hors de l'essence éternelle ; d'où ils concluent qu'elles ne subsistent qu'unies à la substance divine, et que ce ne peut être, par conséquent, que dans cette substance que nous les vovons. » ( J. Fabre d'Envieu, Défense de l' Ontologisme, p. 1-2, Paris-Tournai, 1862} : 312 ; II, 452.
Opération (Operatio, de operari, travailler, de opus, œuvre, travail) : action d'une faculté ou d'un agent qui produit son effet. — Opérations : a) sensitives, 134 ; b) proprement intellectuelles, 135. — Operatio sequilur esse, 681.
Opinion (Opinio, de opinari, penser, croire, conjecturer) : a) adhésion de l'esprit mêlé de doute, 775 ; b) manière de juger. — Sanction de l'opinion publique, II, 123. — Influence de l'opinion dans la démocratie, II, 241.
Opposition (Oppositio, contraste, de oppositum, supin de opponere = obponere, placer contre, opposer) : a) en Logique : opposition des propositions, 532 ; b) en Politique : lutte contre le gouvernement, II, 288-289.
Optimisme (de Optimus, le meilleur, de ops, opis, ressource, abondance, et du suflixe timus, comme dans in-timus, ex-timus) : a) Optimisme absolu : doctrine d'après laquelle le monde est aussi parfait que possible (Malebranche, Leibniz), II, 646. — b) Optimisme retoi/ : doctrine d'après laquelle le monde n'a qu'une perfection relative, c'est-à-dire que le bien l'emporte sur le mal. Saint TiTomas, Bossuet, Fénelon, II, 647 ; 650. — Tournure d'esprit qui envisage le bon côté des choses. — Théorie optimiste de l'activité, 61-62.
Oral (de Os, oris, bouche) : signe, 436. — Langage, 439.
Ordonnance (de Ordonner, de ordinare, ranger, de ordo, ordinis, rang, ordre) : disposition émanant du pouvoir exécutif, II, 269.
Ordre (Ordinem, rangée, rang, ordre) : propriétés mathématiques (}ui résultent de l'ordre, 625, 1. — Ordre essentiel des choses, II, 41; 110-111. — Idée du bien et idée d'ordre d'après Montesquieu, II, 104. — Ordre et perfection, II, 105-106. — Élément essentiel du beau, 382-383. — L'ordre du monde, II, 561-563.
Ordre (Principe d') : 290 ; 680.
Organe [Organum, oGyavov, instrument. Racine Fz^'/, travailler. Cf. ep'/ov, action, œuvre) : organes des sens, 156 ; 157.
Organicisme (de Organicus, opyavtxo';, qui concerne les instruments) :
a) système d'après lequel la vie est la résultante de l'organisation, II, 525 ;
b) en Sociologie : doctrine qui assimile les sociétés à l'organisme des êtres vivants, 753.
Organique {Organicus, opyavty.o'i;, relatif aux instruments) : impression organique, 70 ; 156. — Conditions organiques de la mémoire, 199 ; 201. —
TABLE ANALYTIQUE : Orgaiîisme — Ozanam (Frédéric) 891
Activité organique, 354-355. — Lois ou articles organiques : ceux qui ont rapport aux parties essentielles de la constitution d'un pays ; vg. Articles organiques du 18 germinal an X, annexés au Concordat de 1801, II, 342-343.
Organisme (de Organe) : a) Ensemble des organes constituant un être vivant. — • Volonté et organisme, 363-364. — Pensée et organisme, 468-469; 11,541- 542. b) Sens métaphorique : tout ce qui présente quelque analogie avec un organisme : langage comparé à un organisme, 449, 2. — Société comparée à un organisme, 753.
Organum : on a réuni sous le titre d'''Op7avov, Organum (instrument) les traités d'AnrsTOTE relatifs à la Logique : c'est donc un Traité de Logique, 507. — Novum Organum de Fr. Bacon, 670. — Kant appelle Canons les règles de la pensée en général, et Organunu l'ensemble des règles concernant chaque science en particulier.
Orgueil (de l'ancien haut allemand Urgoli, substantif dérivé probablement de l'adjectif urguol, remarquable, supérieur) : estime excessive de soi-même qui porte à se mettre au-dessus des autres. — Conséquence de l'égoïsme, 86.
Original, Originalité (Originalis, primitif, de origo, originis,de oriri,se lever, naître) : ce qui tire son origine de soi et non de quelque chose qu'il imite ; celui qui ne ressemble pas aux autres. — Sentiment original, 230 ; II, 396. — Tour personnel d'esprit, II, 405, 3.
Origine {Origo, originis, de oriri, se lever, naître) : oiigine : a) du plaisir, 59 ; b) des inclinations, 68 ; 100-102 ; c) de Vinstinct, 106 ; d) des passions, 115 ; e) des notions et vérités premières, 299 ; /) de V habitude, 416 ; g) du langage, 441 ; h) des différentes sciences, 584 ; i) des notions mathématiques, 627 ; /) de Verreur^ 802 ; A") de la conscience morale, II, 18 ; l) de Vobligation morale, II, 107-112 ; m) du droit, II, 132-135 ; n) du droit et du devoir, II, 135-138 ; o) des devoirs personnels, II, 154-155 ; p) du droit de propriété, II, 189-192 ; q) de la société, II, 220 ; r) du pouvoir, II, 223 ; s) de la richesse, II, 353-354 ; t) du monde, II, 600 ; (/) des espèces, II, 612-626 ; 628 ; 631-632.
Ostensif (de Ostensum, supin de ostendere, exposer, de obs, ob, devant, et tendcre, tendre; : a) faits ostensifs (Bacon), 652 ; b) les Logiciens anglais opposent la réduction ostensive des modes du syllogisme à la première figure (ce qui est possible dans presque tous les cas), à la réduction indirecte ou apagogique qui s'impose pour Baroco et Bocardo.
Où [Ubi] : le lieu (to ttoù), catégorie d'ARiSTOTE, 253-254; 296; 517; II, 506.
Oubli (substantif verbal d'Oublier, du latin populaire oblitarc, dérivé d'i'hlitus, participe d'oblivisci, oublier) : condition du souvenir, 205 ; 208.
Ouïe (substantif participe de Ouïr, de audire, entendre, de auris, oreille) ; Migaue de l'ouïe, 157. — Objet, 178. — • Perceptions acquises, 181-182. — Éducation, 184. — Rang hiérarchique, 74 ; 186.
Outrage (de Outre, de ultra, au delà) : injure extrême. — Faute contre la justice, II, 168 ; 206-207.
Ouvrier (Operarium, de operari, travailler, de opus, travail, œuvre) : devoirs et droits, II, 217. — Juste salaire, II, 358.
Ovide (Publius Ovidius Naso) : 397, 2,
Ozanam (Frédéric) : le symbolisme, 435, 3. — Classification des connaissances par saint Bonaventure, 587, 3. — La démocratie, II, 246, 2,
S92 TABLE ANALYTIQUE : Pacificisme — Panthéisme
Pacificisme, Pacifisme (de Pacificus, de pax, paix ; facio, faire) : opinion de ceux qui visent à établir la paix universelle et à l'assurer au moyen d'un arbitrage international, II, 318-320 ; 320-321. — Se prend en mauvaise part pour qualifier ceux qui veulent la paix à tout prix, II, 272-273.
Paix (Pacem) : a) état d'un pays qui n'a pas de troublé intérieur ; b) état d'un pays qui n'est pas en guerre avec un autre. — Arbitrage international, II, 318-320 ; 320-321.
Paléontologie (llaXato;, ancien, de nakou, depuis longtemps ; ov, ovtoî, ovra, êtres ; ^oyo;, discours) : science des animaux et des végétaux fossiles.
— Sa place parmi les sciences, 2 ; 593.
Palethnologie (IlaXatôç, ancien, de -zâloLi, depuis longtemps; iOw;, race, peuple ; M-foc, discours) : c'est la science des races et des civilisations préhistoriques.
Palingénésie (IlaXiyyeveaia, renaissance, de TraXtv, de nouveau ; ysv-ffts, origine, production) : d'après les Stoïciens, les mêmes révolutions se reproduiraient dans l'univers, II, 602. — D'après Charles Bonnet, tous les êtres vivants renaîtraient après leur mort.
Palmieri (Père Dominique) : le corps est condition intrinsèque de la sensation, 70, 1. — Inobjectivité des couleurs, xxiv, 1 ; 176, 1. — Idée singulière, 259, 1. — Lieu extrinsèque, II, 506, 1. — Définition du mouvement et du temps par Aristote, II, 506, 2, .3. — Le dynamisme externe, II, 520-523.
— Matière et forme, II, 518, 1. — Infini et fini, II, 611, 1. — Concours divin, II, 639, 1.
Pampsychisme (Hav, tout ; 't^u/.vi, âme) : système qui enseigne que tout dans l'univers est de nature psychique (Wundt, Paulsen, Lachelier, Dunan, Éd. Le Roy), II, 443-444.
Pancalisme (Hav, tout ; xaXo'ç, beau) : système qui subordonne la Logique et la Morale au point de vue esthétique. J. M. Baldwin l'a exposé dans Genetic theory of reality..., New-York et Londres, 1915. Cf. A. Lalande, Le Pancalisme, dans Revue philosophique, 1915, t. II, p. 481-512.
Panenthéisme (HSv, tout; ev, dans ; 0io:, Dieu) : doctrine, soutenue par Krause et Paul Janet, d'après laquelle Dieu est présent en toutes choses. C'est vrai, pourvu qu'on maintienne la distinction et la transcendance de Dieu, II, 578-579. — On donne aussi parfois le nom de Panenthéisme à la doctrine de la vision en Dieu de Malebranche, 310.
Panlogisme (Hôtv, tout ; y^ô-fo;, discours, raison) : mot créé par J.-E. Erd- MANN pour caractériser la doctrine de Hegel, d'après laquelle tout le réel, étant intégralement intelligible, peut être construit par l'esprit d'après ses propres lois. — L. Couturat qualifie de Panlogisme la métaphysique de Leibmz.
Panthéisme (mot formé par J. Toland, de llav, tout ; 0J''jî, Dieu) : doctrine d'après laquelle Dieu et le monde ne font qu'un. — Ses formes diverses : Stoïciens, Alexandrins, Spinoza, Fichte, Schelling, Hegel, II, 601-607.
— Réfutation, II, 607-610. — Objections des panthéistes, II, 610-611.
TABLE ANALYTIQUE : Panthélisme — Paresseux 893
Panthélisme (Hâv, tout ; OHîvj, vouloir) : doctrine de Schopenhauer, qui conçoit l'être comme une force et se représente la force à la ressemblance de la volonté humaine : aussi pour lui l'être est un vouloir être, 365, 1 ; II, 648, 1.
Papagni (Père Tomaso) : saint Thomas et la prémotion physique, II, 586, 1.
Papier-monnaie (Papyrus, -i-r^^-iooi;, plante d'Egypte dont le tissu servait à faire du papier) : facilite l'échange, II, 355.
Papini (Giovanni,) : pragmatisme, 824.
Pappus (Ila-TiTToç, grand-père, de TtotTr-a;, papa) : analyse géométrique 611, 3.
Paradigme (llapaSer/aa, modèle, de Trapaosi'xvjy.'., mettre en regard, de x«pà, contre ; ost'xwwt, faire voir. Racine Six, montrer) : chez Platon, le monde intelligible est le modèle, le paradigme du monde sensible, 309.
Paradoxe (ll^f^aoc^oç, contraire à l'opinion commune, de ~«pa, contre, à côté ; oo'ça, opinion. Racine oox, paraître) : opinion contraire au sentiment général. — Paradoxes stçïciens, II, 93 ; 149.
Paragraphie (de llfzpa, à côté ; ypacpstv, écrire) : maladie qui fait écrire un mot pour l'autre.
Parallélisme (de Parallelus, Trv.paXXYiXoç, placé en regard, de -KvrA, à côté de ; «XXfiXcov, des uns et des autres) : correspondance suivie entre des choses ou des personnes. — Certains philosophes, comme Malebranche et Leibniz, expliquent par le parallélisme l'union de l'âme et du corps, 472 ; II, 546 ; 547.
Paralogisme (IIapotXoyt(r,uo;, de xapâ, à côté ; ÀoYi^aoç, calcul, raisonnement, deOkOya;, discours) : raisonnement faux fait sans intention de tromper, 798. - — Kant nomme paralogisme transcendantal le raisonnement par lequel la raison pure conclut de l'unité du moi-sujet, regardé comme un par rapport à la multitude de ses modifications, à l'unité du moi-substance, regardé comme absolument simple, II, 433 ; 435-436.
Paramnésie (Hapa, à côté, yvaoy.at, avr^(7ov.ai, se souvenir. Racine Msv, uvy), penser) : illusion de la mémoire croyant reconnaître un état déjà vécu dans un ensemble psychologique formant le contenu actuel de la conscience à un moment donné, 211.
Parapsychique (de ll'/pa, à côté ; '\ijy iy,6;, relatif à l'âme) : qualificatif désignant les phénomènes de télépathie, de pressentiment, etc.
Parcimonie [Parcimonia, de parcus, ménager, de parcere, épargner) : on nomme parfois loi de parcimonie : a) le principe de moindre action, 658 ; h) cet axiome scolastique : Non sunt multiplicanda entia sine necessitate. « Il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité. »
Pardon (substantif verbal de pardonner, de par, en latin per, tout à fait, et donner, de donare, gratifier, de dare, donner) : rémission d'une faute, d'une ofYense. — Demander pardon de ses fautes, II, 332.
Paresseux (de Paresse, de pigritia, répugnance, nonchalance, de piger, indolent) : sophisme paresseux, 377. — Philosophie paresseuse : celle qui, au lieu de rechercher la vraie cause d'un phénomène, en donne une explication verbale; vg. recourir à l'innéité sans raison suffisante : mot de Maine de BiRAN, 312, 4.
894 TABLE ANALYTIQUE : Parfait — Particulier
Parfait (adjectif participe de Parfaire, de per-ficere, perjectum, achever, de per, tout à fait, facere, faire) : ce qui est complet, achevé ; ce dont J'excellence est absokie dans son genre, 340. — Origine de l'idée de parfait, 342. — Preuve de l'existence de Dieu tirée de l'idée de parfait, II, 566 ; 569.. — L'Être nécessaire est parfait, II, 572.
Pari (substantif verbal de parier, du latin pariare, égaler, de par, égal) : convention d'un enjeu pour celui qui aura raison sur un point contesté. — Le pari de Pascal, cf. Pensées, Edit. Brunschvicg, sect. III, n° 233, t. II, p. 141 sqq., Paris, 1904. — Auguste Valensin, Le pari de Pascal, dans ÉTUDES, 1923, t. Ilip. 513-531.
Parlementaire (de Parlement, de parler, du latin populaire paraulare, pour parabolare, parler, de parabola, parole) : a) Gouvernement parlementaire, voir Parlementarisme. — 6) Sophismes parlementaires : Bentham appelle ainsi les sophismes qui sont propres aux orateurs parlementaires : vg. sophismes de dilution, de confusion, d'autorité, de danger public.
Parlementarisme (de Parlement, de parler, du latin populaire paraulare, pour parabolare, de parabola, parole) : a) Forme deGouvernement, danslaquelle les intérêts généraux d'un pays sont discutés librement au sein d'assemblées représentatives qu'on nomme parlements, II, 232-233. — b) Ce mot se prend quelquefois dans le sens péjoratif d'assemblées, dont les débats se passent en discussions stériles.
Parole (du latin populaire Paraula, pour parabola, parole, irapa^oX»;, approchement, de râpa, auprès ; j^aXXw, jeter) : expression de la pensée par le langage articulé, 439 ; 441. — Comparaison avec l'écriture, 439. — Nature, 440. — • Les Scolastiques nomment parole intérieure, verbum interius, l'idée, parce qu'elle est la parole que l'esprit se dit à lui-môme. — Pour Platon, la pensée est comme un « dialogue intérieur » , 452, 5. — Aujourd'hui, on appelle paroles intérieures les images verbales, dont la pensée s'accompagne presque toujours. Mais ces images ne provoquent pas de mouvements vocaux, quand la production de ces mouvements serait un effort ou du temps perdu.
Partage (de l'ancien verbe Partir, au sens de diviser, du latin populaire, partire pour partiri, partager, de pars, part) : partage périodique de la propriété, II, 196. — Conséquences du partage forcé, II, 198.
Parte rei (A) : locution scolastique pour dire que l'on considère une chose telle qu'elle est dans la réalité, a parte rei. ■ — S'oppose k A parte mentis, qui indique le travail abstractif de l'intelligence, qui considère dans une chose une. qualité ou un aspect à part des autres.
Parti (substantif participe de l'ancien verbe Partir, au sens de partager) : groupe de personnes suivant une môme ligne de conduite. — L'esprit de parti est l'excès de l'esprit de corps, 93 ; 125. — Arme des partis : sophisme du dénombrement, 800.
Participation [Participatio, de participatum, supin de participare, faire participer, piendre part, de pars, partie et capere, prendre) : a) action de prendre part à quelque chose ; b) fait de tenir de la nature de quelque chose ; c) la participation, au sens platonicien (aiOcHi;), c'est le rapport des êtres sensibles aux idées, 309.
Particulier [Particularis, de particula, parcelle, de pars, part) : ce qui s'applique à quelques-uns et non à tous. — Jugement particulier, 272. — Sens du mot particulier dans l'induction et la déduction, 617-618. — S'oppose à Universel.
TABLE ANALYTIQUE : Partie — Paternel 895
Partie (substantif participe de l'ancien vei'be Partir, au sens de partager) : élément conaposant d'un tout. — Parties logiques et parties physiques, 527.
— S'oppose à Tout.
Parti-partiel, Parti-total : théorie de Hamilton sur la quantification du prédicat, 551-553.
Partition {Partitio, partage, de partitum, supin de partiri, diviser) : division physique par opposition à division logique, 527.
Pascal (Blaise) : amour rationnel, 90. — Vilain fonds de l'homme, 95. — Critique de Montaigne, 107, 1. — Effet de la passion, 117. — Imagination scientifique, 232, 2. — L'humanité est comme un seul homme, 812-813. — Tautologie, 525, 3. — Esprit géométrique et esprit de finesse, 643, 1 ; 784. — Démêlés avec Descartes, 654, 1. — Ascension des liquides, 656, 3. — Fausses fenêtres, 713, 1. — Demi-science, 772, 1. — Science et croyance. 786-787. — Les Provinciales, 800 ; II, 32, 2. — Intérêt propre, 805, 2.
— Autorité des anciens, 811-813. — Dignité de l'homme, II, 4, 1. — Importance de la science de la Morale, II, 5, 1. — Honnêteté naturelle, II, 21,4. — Scepticisme moral, II, 28, 3. — Nature! dans l'éloquence, II, 405, 4. — Rabaisse la raison, II, 422. — Savant et croyant, II, 447-448. — Immortalité de l'âme, II, 549, 1, 2 ; 551, 2.
Passif (Passivus, susceptible de passion, passif, de passio, souffrance, perturbation physique ou morale, de passum, supin de pati, souffrir) : qui subit l'action de quelqu'un ou de quelque chose, 47. — Caractère des faits sensibles, 49 ; 55." — Côté passif : a) de V intelligence, 49-50 ; h) de la volonté, 50 ; 354 ; c) de la sensibilité, 49 ; 55. — Habitude passive, 417-418 ; 421-422. — S'oppose à Actif.
Passion {Passio, souffrance, perturbation physique ou morale, de passum, supin de pati, souffrir, pâtir) : sens : a) logique (Catégorie) : accident en vertu duquel le patient reçoit quelque chose de la cause, 296 ; 517 ; II, 485 ; b) psychologique : inclination impétueuse et dominante, 113. — Inclination et passion, 113. — Origine et causes des passions, 115. — Effets bons et mauvais des passions, 117. — Valeur morale et thérapeutique des passions, 118. — Responsabilité dans la passion, 120. — Lois des passions, 121. — Classifications anciennes des passions (Stoïciens, Aristote, Scolastiques et Bossuet. Descartes, Spinoza), 122. — ■ Classification moderne, 125. — Rôle des passions, 129. — Volonté et passions, 115-116; 364; 402. — Pa.ssions et organisme, 391-392 ; 470.
Passionnel (PassionaUs, sensible, de passio, souffrance, perturbation physique ou morale) : crime passionnel, 120.
Passivité (de Passif) : a) état de ce qui est passif ; b) faculté de subir ou de recevoir une modification, 47. — S'oppose à Activité.
Pasteur [Pastorem, pâtre, berger, de pastum, supin de pascere, mener paître) : la propriété chez les peuples pasteurs, II, 196.
Pasteur (Louis) : observation patiente, 651, 3. — Expérimentation, 725.
— Fermentations, 656, 5. — Réfutation des générations spontanées, 669, 3 ; II, 526; 631-632. — Savant et croyant, II, 447-448. — L'Infini, II, 634, 1.
Paternel (Paternus, de pater. Racine Pa, niturrir) : amour paternel, 91. — Autorité paternelle, II, 216 ; 252-253. — Limites de la puissance paternelle, II, 258-259.
896 TABLE ANALYTIQUE : Pathologîe — Pédagogie
Pathologie (de tâ'')o^^ ce qu'on éprouve, de rAn/M, être aiïecté de. Racine-a6;et de M\'o;, discours) : science des désordres organiques et fonctionnels, 593.
Pathologique (IlaOoXoyt/.oç, qui traite des passions, relatif aux maladies, de -iOo^^ ce qu'on éprouve ; Xoycxo;, relatif à la parole, au raisonnement , de /o'yo;, parole, discours) : ce qui constitue ou manifeste un état de maladie - — Cas pathologiques ou anormaux, 151-152 ; 210-211 ; 225-226 ; 368 ; 466 ; 477 ; 478 ; 485 ; 487 ; 488 ; 723-724. — S'oppose à Normal.
Patience (Patientia. de pati, souffrir) : qualité qui consiste à supporter : a) les maux ; b) l'attente de ce qui tarde ou de ce qui se prolonge. — Condition des grandes découvertes, 231 ; 241 ; 651.
Patient {Patiens, de pati, souffrir) : a] sens métaphysique : celui qui subit l'action exercée par l'agent, 47 ; b) sens moral: celui qui sait supporter, attendre : qualité de l'observateur, 651.
Patrie (de Patrius, relatif aux pères, Patria terra, terre des ancêtres, de pater, père) : pavs où l'on est né, dont on est citoyen. — Éléments constitutifs, 91-93 ; II, 220."
Patrimoine (Patrimonium, ^h'ien hérité du père, bien de famille, de pater, père) : bien qui provient des ascendants. — Stabilité du patrimoine de famille, II, 198.
Patriote (du latin ecclésiastique patriota, de patrius, relatif aux pères. Cf. 7r«Tptojr/iç, qui est du même pays, de -rarpiç, terre natale) : citoyen dévoué à sa patrie. — Le vrai patriote, 93.
Patriotisme (de Patriote) : dévouement à la patrie. — Éléments constitutifs, 9i-93.
Patron (Patronus, de pater, père) : devoirs et droits, II, 217.
Paul (Saint) : loi morale, II. 30, 2. — Ne pas faire le mal pour arriver au bien, II, 32, 1. — Tout pouvoir vient de Dieu, II, 223, 2.
Pauly (August) : monisme psychobiologique, II, 442-443.
Paulsen (Friedrich) : pampsychisme, II, 443.
Paupérisme (de Pauper, celui qui produit peu, de la racine pau. Cf. pau-ci, peu nombreux, et de per, qui vient de parère, produire ; per se retrouve dans le parfait à redoublement pe-per-i) : état pei-manent d'indigence dans ime partie de la population d'un pays. — Le paupérisme et la charité légale, II, 264.
Payot (Jules) : éducation de la volonté, 411, 1.
Pays (Pagensem, de pagus, canton, sous-entendu agrum = territoire d'un pagus) : territoire d'une nation ; par extension, patrie. — La patrie est le pays de nos pères, 92.
Péché (Peccatum, faute, de peccatum, supin de peccare, commettre une faute) : c'est le nom que la théologie morale donne à la faute.
Péché philosophique : II, 112-113.
Pédagogie (nc<'.oayo)vi'a, éducation des enfants, de Traioaywyo';, de TraTç, •^ratooç, enfant ; ayo), cnnduire) : science de l'éducation physique, intellectuelle et morale, 407-408 ; 409-414 ; II, 3.
TABLE ANALYTIQUE : Pédologic — PeFceptioii extcme 897
Pédologie (de llaT;, Tiawo;, enfant, Àoyoç, discours) : science des lois biologiques, psycliologiques et sociologiques qui s'appliquent aux enfants. Cf. E. Blum, La Pédologie, Vidée, le mot, la chose, dans Année psychologique, 1899, p. 299-331.
Peine [Poena, prix du sang, ttoivâ, expiation d'un meurtre, expiation en
général, peine) : a) Ce qui est imposé à l'individu par la société comme sanction
d'une contravention, d'un délit ou d'un crime. — Théorie de la peine (Leibniz),
•374. — But de la peine, II, 121-122. — Fondement du droit de punir, peine
de mort, II, 267-269. — b) Sentiment de tristesse causé par un déplaisir
— c) Effort qui coûte.
Peinture (du latin populaire Pinctura, de pingere, peindre) : sa place parmi les arts, II, 408 ; 409.
Peirce (Ch. Sanders) : pragmatisme, 819-820.
Pemberton (Henry) : anecdote de la pomme de Newton, 650, 3.
Penchant (adjectif verbal de Pencher] : autre nom des inclinations morales,
Pénétration [Penetratio, action de pénétrer, de penetratum, supin de penetrare, de penus, fond de la maison, où sont renfermées les provisions. Cf. psene, à fond) : loi de pénétration du plaisir et de la douleur, 66-67.
Pénitences : leur but, II, 158.
Pensée (substantif participe de Penser, de pensare, dérivé de pensum, supin de pendere, peser, examiner) : a) sens large : tous les phénomènes de l'esprit ; b) sens strict : les phénomènes cognitifs, spécialement ceux qui se rapportent aux opérations proprement intellectuelles, 135. — Rapports de la pensée et du langage, 450. — Peut-on penser sans langage ? 451. — Pensée et cerveau, 468-469 ; II, 541-542. — Spiritualité de l'âme prouvée par l'unité de la pensée, II, 537. — H. Delacroix Le langage et la pensée, Paris, 1924.
Pension {Pensio, payement, de pensum, supin de pendere, peser, payer) : ce qu'on paie régulièrement à quelqu'un. — Pension de retraite pour la vieillesse, II, 265.
Percept (néologisme formé par analogie avec concept, de perceptum, supin de percipere, saisir dans son ensemble, saisir par les sens, de per, tout à fait, capere, prendre) : tandis que perception signifie Vacte de percevoir, percept indique le résultat de la perception.
Perceptible {Perceptibilis, qu'on peut percevoir, de perceptum, supin de percipere, saisir par les sens) : les impressions, pour être perceptibles, doivent réunir certaines conditions, 70 ; 726-727. — S'oppose à Imperceptible.
Perception {Perceptio, action de prendre, perception, de perceptum, supin de percipere, saisir dans son ensemble, de per, tout à fait ; capere, prendre) : a) ce que l'esprit perçoit ; vg. les perceptions sensibles ; b) action de saisir les données de la conscience ou des sens, 137 ; 156. — La perception, au sens strict, suppose la présence immédiate de l'objet perçu, 157.
Perception externe : 156-194. — Analyse de la perception, 156. — Sensation et perception, 159. — Théories de la perception immédiate, 162-166. — Théories de la perception médiate, 166-175. — Caractères de la perception, 175.
— Perceptions naturelles ou primitives, 178. — Perceptions acquises, 181. — Théorie des perceptions acquises, 183. — Erreurs de la perception, 187. —
898 TABLE ANALYTIQUE : Perccption interne — Permanence
Petites perceptions de Leibniz, 145, 1. — Objectivité de la perception externe, 173-175 ; II. 428. — Sa relativité, 176 ; II, 429-430. — Voir Sens externes.
Perception interne, 187-155. — Voir Conscience psychologique.
Perceptionnisme (de Perception) : doctrine de la perception immédiate du monde extérieur, par opposition au Conceptionnisme, qui indique une percepti'»n médiate, 162-166.
Perdurable, Perdurabilité (de Per, tout à fait ; durable, de durare, durcir, résister, durer, de durus, dur) : Kant range la perdurabilité au nombre des éléments qui constituent l'idée de substance. — Perdurable : ce qui est persistant. G. Dl'mesml, Les conceptions philosophiques perdurables, Paris, 1910.
Péréquation iPersequatio, de per, tout à fait: sequatum supin de œquare, égaler, de sequus, uni, égal) : la péréquation de l'impôt c'est la répartition égale des charges. H, 279 ; 280.
Perfectible, Perfectibilité 'Perfectibilis, de perfectus, achevé, participe passé de perficere = per, tout à fait, facere, fairej : ce qui est susceptible de progrès.
— L'homme est né perfectible, II, 118. — Perfectibilité de l'humanité, II, 154 ; 327-328.
Perfection iPerfectio, de perfectum, supin de perficere, achever) : état de ce qui est achevé dans son genre: "c'est un degré éminent de l'être) (Leibmz), II. 105, 2. — Analyse de cette idée, II, 105. — Le bonheur suit l'acquisition delà perfection, II, 78-79 ; 92-93. — Élément constitutif du bien, II, 384-385 ; 476.
Perfectionnement (de Perfection) : devoir de travailler à son perfectionnement. II. 153-154 : 158-159. — L'État doit .seconder le perfectionnement physique, intellectuel et moral. II, 249-250.
Périodique {Periodicus, -sptoS'.xd;, de --rjl-oorj^, chemin autour, action d'aller autour) : ce dont la succession est réguhère, ce qui revient à des temps déterminés. — Sensations périodiques, 75. — Inclinations périodiques, 83. — Marche périodique de l'humanité, 748-749. — Partage périodique de la propriété, II, 196.
Péripatéticien (Peripateticus, -içtra-r.T'.xôç, qui concerne la philosophie péiipatétitieaiie, de Treçt-Tra-sw, circuler, se promener) : disciples d'Aristote, 507. — Doctrines péripatéticiennes, voir Aristote.
Péripatétisme (de Péripatétique, de Peripateticus) : école et doctrine d'Anistote. Voir Aristote.
Périphérie. Périphérique iPeripheria, T:£S'.'iip£'.o<, circonférence, de ^^ptsîp/;-:, qui se meut circulairement, arrondi, de tîo'.-siÉow^ porter tout autour) : contour d'une figure curviligne. — Partie périphérique du système cérébro-spinal, 71.
— Xerfs périphériques : ceux qui aboutissent aux téguments et aux organe> qui en dépendent. — Sensations périphériques, celles dont l'excitation est due à des causes extra-organiques. — S'opposent aux sensations internes, dues à des excitants intra-organiques, 75.
Permanence, Permanent [Permanens, de permanere, rester jusqu'au bout, de per, tout à fait ; manere, rester) : ce qui se maintient sans interruption. — Permanence du moi, 146 ; 153-154. — Définition de la substance, 320. — Principe de la permanence de la force, 387. — D'après Stuart Mill, les corps sont des possibilités permanentes de sensations, II, 427-42.8 ; 499. — Caractérisation permanente, II, 614.
TABLE ANALYTIQUE : Perpétucl — Pcuplc 899
Perpétuel [Perpetualis, de perpétuas, continu, de per, tout à fait, pet-ere, tendre à) : ce qui dure constamment, sans fin. — Le perpétuel présent, 379-380.
Perpétuité {Perpetuitas, de perpetuus, continu, de per, tout à fait ; pet-ere, tendre à) : perpétuité du lien conjugal, II, 210-211.
Perplexe [Perplexus, entrelacé ; de per, tout à fait ; plexus, tressé, participe passé de plectere, plier) : celui qui hésite entre plusieurs partis contraires. — Conscience douteuse, perplexe, II, 34.
Perrier (Edmond) : rôle de l'adaptation, 708, 2. — Il nie l'existence de la lutte pour la vie dans quatre embranchements, II, 614, 2. — Contre l'éternité de la matière, II, 601, 4.
Persistance (de Persister, de persistere = per, tout à fait ; sistere, placer, rester en place, forme redoublée de stare, se tenir debout) : état de fermeté, de continuité. — Persistance du type, 701-702.
Personnalisme (de Personnalité) : doctrine de JRenouvier, qui fait de la personnalité le centre de sa conception du monde. Cf. Le Personnalisme, Paris, 1903. — Doctrine de ceux qui admettent un Dieu personnel, par opposition au Panthéisme.
Personnalité i Personalitas, de persona, masque, personnage de théâtre, personne, altération populaire de TrpV-mov, face, masque) : ce qui constitue, caractérise une personne, c'est-à-dire un individu conscient, raisonnable et libre. — Origine de cette idée, 149. — Personnalité : a] interne, 149-150; b) externe, 150. — Altérations de l'idée de personnalité, 151-152 ; 153-154. — Personne et chose, 365. — Éléments constitutifs de la personnalité, 365-367.
— Volonté et personnalité, 363 ; 364. — Responsabilité, conséquences de la personnalité, II, 114.
Personne (Persona) : voir Personnalité.
Personnel (Argument) ou Ad hominem : 551.
Persuader (Persuadere, de per, tout à fait ; suadere, rendre agréable au goût. Cf. suavis = suadvis ; puis conseiller, d'où avec per, faire accepter, persuader) : convaincre et persuader, 784-785.
Pessimisme (de Pessimus, le pire, superlatif de malus, mauvais): a) Doctrine d'après laquelle le mal l'emporte sur le bien, la douleur sur le plaisir. — ■ Théorie pessimiste de l'activité et du plaisir, 57-58; 61. — Pessimisme : 1) absolu, II, 648 ; 650 ; 2) relatif, II, 649. — b) Tendance à voir le mauvais côté des choses. — S'oppose à Optimisme.
Pestalozzi (Jean-Henry) : méthode intuitive ou concrète en pédagogie,
Pétition [Petitio, attaque, demande, de petitum, supin de pctere, chercher à atteindre, attaquer, demander) : pétition de principe, 801.
Peuple (Populum. Populus est probablement une forme redoublée de la racine qui a donné plcre, emplir, plenus, rempli. Cf. plebs, plèbe, tzAcOo^, multitude) : a) Réunion d'hommefe habitant le même pays et soumis à la même autorité. — b) Corps de la nation par opposition au gouvernement. — Psychologie des peuples, 491, 6; 722-723. — Eléments constitutifs d'un peuple, 92-93.
— Souveraineté du peuple, II, 220-221 ; 297-299; 348-350. — Le peuple et l'origine du pouvoir, II, 224-226 ; 228-229.
900 TABLE ANALYTIQUE : Phaotasme — Phobie
Phantasme (<I>âvTa<7;j.a, apparition, image d'un objet ; de tpavra^o), se montrer, apparaître, de oaiVo, faire briller, paraître) : nom donné par Aristote et les ScoLASTiQUES à l'objet de l'imagination, à l'image, 316-317 ; 452, 2.
Phédon ('I>«tûwv, ami de Socrate) : titre d'un dialogue de Platon, 67-68.
Phèdre (<I>aTopo;, ami de Socrate. De cpawpo';, brillant. Racine ifa, briller. Cf. cpaîvco, faire briller) : titre d'un dialogue de Platon, 439, 4.
Phénoménalisme (de Phénoménal) : docirine affirmant que nous ne pouvons connaître que les phénomènes, sans nier l'existence des choses en soi qui sont inconnaissables ; vg. Kant, II, 431-432 ; Comte, II, 446-447 ; Spencer, II, 576.
Phénomène («l'aivoy.ivov, de oatvo,e/at, briller, se montrer, paraître. Racine ci«, briller. Cf. ^txo:, -iS;, lumière) : a) Ce qui apparaît à la conscience, 23.— Opposé : l») à substance et à cause, 146 ; 320 ; 323 ; 2°) à être, II, 419. b) Pour Kant : tout ce qui est « objet d'expérience possible », c'est-à-dire tout ce qui apparaît dans le temps ou l'espace. — S'oppose à noumène, II, 430-431.
Phénoménisme (de P/«enomène) : doctrine qui nie la réalité objective de toute substance et de toute cause. — Lemoi, collection de phénomènes, 153. — LePhénoménisme de Hume, Hamilton, Stuart Mill, Spencer, Bain, Lewes, II, 426.
Phénoménologie (de <l>aivo'uïvov, ce qui apparaît et Xôvoç, discours) : science des phénomènes : a) pour Hegel, c'est l'histoire des étapes successives de l'esprit pour s'élever de la sensation individuelle à la raison universelle. b) Hamilton appelle ainsi la Psychologie en tant qu'elle s'oppose à la Logique. Cf. Lectures on Logic, Lect. IV, § VIII, T. I, p. 62, Edimbourg, 1874.
Philanthropie (<ttXav6po)rta, de 91X0;, ami ; av5pw7roç, homme ; probablement du thème àvoo, pour avîp, de àvv^p, homme, et w'|, wto;, visage = celui qui a visage d'homme) : amour des hommes. — Inclinations philanthropiques, 93.
Philodoxie (<I>tXooo;t«, de cpiÀo'ooHo;, qui s'attache à une opinion, de s-îî^oç, ami ; ûo;«, opinion) : c'est un dilettantisme philosophique, qui consiste à prendre intérêt aux discussions d'idées en se désintéressant de leur vérité ou fausseté.
Philologie [Philologia, ci'.Xo/oyia, de '-pi'Xo;, ami ; Xôyo;, parole, discours) : science qui étudie les langues comme organes de la vie intellectuelle des peuples. — Instinct philologique, 444. — Place de la Philologie dans les sciences, 2 ; 594. — Sa méthode, 718.
Philosophie [Philosophia, oiXoTocit'a, de 'fO-oç, ami ; «rocpia, habileté manuelle, science, sagesse, de to-^oî, habile, initié à la sagesse. Racine toï-, avoir de la saveur. Cf. sapere, sapiens) : a) sens strict : science des premiers principes et des premières causes, II, 419 ; b) sens large : connaissance raisonnée de l'âme, du monde, de Dieu et de leurs rapports, 5. — Objet et domaine, 1-4. — Division, 4. — Définitions, 5. — Esprit philosophique, 6. — Méthode générale de la philosophie, 7. — Ordre à suivre en philosophie, 10. — Philosophie des sciences, 596. — Rapports de la philosopliie avec les sciences, 599. — Philosophie, science universelle et science particulière, 600.
Phobie (de <I>o3o;^ crainte) : crainte qui a sa cause dans une maladie ; vg. l'agoraphobie, 489.
TABLE ANALYTIQUE : Phonétïque — Physique (la) 901
Phonétique (<I>ojvr|Tt)co;, qui concerne le son ou la parole, de ^wviw, émettre un son de voix, de cpom, son, voix, de on'/-^- parler ; '^i ts/vï] cpo)vr)Ttx-^ ) : a) ce qui se rapporte au son, à la voix ; b) partie de la Linguistique qui étudie les sons, 463. — Langage phonétique, 439. — Types phonétiques, 445. — Science grammaticale des sons, 464. — Arts phonétiques, II, 408.
Photisme (de <l>w;, '^o)toç, lumière) : c'est une image hallucinatoire de la vue, qui se produit sans que la périphérie de l'organe visuel soit excitée ; vg. Audition colorée. Voir ce mot.
Phrase {Phrasis, a.pao-tç, élocution, discours, phrase, de 'ffa^w, faire comprendre. Racine 'fp'^û, parler) : proposition ou ensemble de propositions formant un sens complet. — Disposition des mots dans la phrase, 464-465.
Phraséologie (de<i>pa'Tiç, cppao-soiç, élocution, ; î^oyo;, discours): a) construction des phrases, caractéristique d'une langue ou d'un écrivain ; b) se prend aussi en mauvaise part pour indiquer le genre de celui qui emploie des phrases vides de sens.
Phrénologie (♦I^ç'iv, cppevo;, enveloppe du cœur, puis cœur ou âme comme siège des sentiments, de l'intelligence ; d'où intelligence, esprit. Racine 'fpocy, enclore ; )^o7oç, discours ) : doctrine mal fondée de Gall et de ses disciples qui assignent aux facultés intellectuelles et aux passions un organe bien délimité dans le cerveau, et qui voient dans les protubérances du crâne des signes certains des qualités intellectuelles, 391, 1. — La vie organique n'est qu'une condition de l'exercice actuel de l'intelligence, et non la cause, 468-469 ; II, 541-542.
Phylogénèse, Phylogénie (<I>uÀov, tribu, race, de <puw, pousser ; y^veat;, origine : yi^o;, naissance) : indique l'évolution des espèces et le lien qui les rattache les unes aux autres. — S'oppose à Ontogenèse, Onto génie.
Physico-téléologique ( <[>u'7t)to;, relatif à la nature ; té/o;. té/îoç-ou;, accomplissement, résultat, fin ; Xoytxo'ç, relatif h la parole, de Xo^^;, parole, discours) : argument tiré des causes finales, II, 561. On l'appelle aussi physicothéologique.
Physiocratie (^>u7i;, production, nature ; de cpuw, pousser ; xpaxoç, force) : doctrine économique des Physiocrates (vg. Quesnav) qui, estimant à tort que le sol est l'unique producteur de la richesse, ne voulaient imposer que la propriété foncière, II, 353-354.
Physiognomonie («tuTtoyvojixovtx, de o-ût:.;, nature ; -/vioatov, qui discerne) : c'est l'art de juger les gens d'après leur physionomie, 470, 2.
Physiologie (Physiologia, (puTtoXo'/i'a ; de cpucrtç, nature ; Xoyo;, discours) : science des fonctions organiques. — Sa place dans les sciences, 646. — Distinction des faits physiologiques et psychologiques, 26-28 ; 29-30 ; 717-718. — Rapports de la physiologie et de la psychologie, 28-29. — Expérimentation en physiologie, 664 ; 699 ; 728.
Physionomie (pour Physiognomie, du bas latin physiognomia, bas grec cpuGioyvtov.ia, pour ou<j'.oyji<yj.o-A(/., de vjti;, nature ; yvwaojv, qui discerne) : expression du visage, 470, 2.
Physique (la) (Physicus, Çfuutxoî, relatif à la nature ; dans Aristote, i^ ôewptoc '-ûUGixf), ou simplement -/i ^'^atxyi ; de »ÛGtç, nature) : science qui étudie
902 TABLE ANALYTIQUE : PhysiQue — PlatoD
les propriétés les plus générales des corps, 593. ^ Sciences physiques comparées : a) aux sciences naturelles, 645 ; b) aux sciences morales, 717. — Division des sciences physiques, 646. — Leur méthode, 648. \
Physique (Physicus, cp-j^rixoç, relatif à la nature) : faits physiques, physiologiques et psychologiques, 25-29. — Rapports du physique et du moral, 466.
Picard (Emile) : suprématie de la Morale, II, 370, 1.
Picard (Père Gabriel) : dualité du sujet et de l'objet dans la connaissance même la plus parfaite, II. 445-446. — Existence de la science moyenne, II, 585, 1.
Pie IX : le mariage chrétien, II, 210, 1. — Lettre à propos du Dynamisme externe, II, 522-523.
Pie X : la démocratie chrétienne, II, 240, 2.
Piété {Pietas, sentiment du devoir, tendresse, piété filiale, de plus, qui accomplit ses devoirs envers les dieux, pieux, honnête) : affection respectueuse, — Piété filiale, 91 ; II, 130 ; 216-217.- — Devoir envers les Supérieurs, envers Dieu, II, 130.
Plnéal (de Pinea, pomme de pin) : glande pinéale, II, 545, 3.
PiNEL (Philippe) : maladies cérébrales, 488, 3. i|
Pitié (Pietatem, sentiment du devoir, tendresse ; devenu peité, pitié) : compassion pour les souffrances d'autrui et disposition à les soulager. 94 ;
Placet (Placet, il plaît) : les légistes gallicans émettaient la prétention injustifiée que les Bulles et Encychques des papes ne pouvaient être publiées en France sans l'agrément du roi, sans le placet royal. C'était l'une uos servitudes de l'Église galUcane, II, 342-343.
Plagiat (du radical de Plagiaire, plagiarius, celui qui débauche et recèle les esclaves, de plagium, TrXavtov, oblique. Racine -K^-x-f, égarer) : action de s'approprier ce que l'on a pris dans les œuvres d'autrui. — Plagiat conscient ou inconscient, 201.
Plaisir (infinitif, pris substantivement, du verbe ancien plaisir, de placere, plaire) : émotion agréable résultant de l'activité satisfaite. — Rapports avec la douleur, 57. — Origine et cause : 1°) Théorie intellectualiste, 60. 2°) Théorie de l'activité : a) sens pessimiste, 61 ; b) sens optimiste, 61-62. — Lois fondamentales, 62. — Lois secondaires, 65. — Espèces de plaisirs, 68. — Rôle du plaisir dans la vie physique, intellectuelle et morale, 126 ; 129-130. — Plaisirs naturels, artificiels dans l'éducation, 409. — Morale du plaisir {Hédonisme), II, 48. — Plaisir moral, 49. — Plaisir et intérêt, II, 80. — Plaisir et bonheur, U, 91. — Plaisir du beau, II, 379 ; 387-388.
Plasticité (de Plastique, plasticus, tùmqtv/A:^, qui sert à modeler) : aptitudià recevoir différentes formes. — Plasticité des êtres vivants, II, 620-621.
Plastique {Plasticus, ttÀc-^ttixo';, qui sert à modeler, de tiXocîto), façonner) : influence |)lastique de l'âme, 470. — Arts plastiques, II, 408. — Médiateur plastique, II, 545.
Platon (IIXaToiv, de tta'/t'J;. large. Racine -à«t, s'étendre. Son vrai nom était 'Afi'TToxÀv;;, de açîTTo;, le meilleur ; xÀ£o;, bruit, bonne renommée,
TABLE ANALYTIQUE : Platoiiique — Poésic 903
gloire) : définition de la Philosophie, 6. — Classification des facultés, 43. — Le désir, 83. — L'expiation, 128 ; II, 122, 2. — Réalisme exagéré, 255 ; 257, 2. — Théorie de la réminiscence, 309. — Avec toute son âme, 784, 1. — Morale platonicienne, II, 89. — Vertu platonicienne, II, 125. — Communisme, II, 199. — Définition du beau, II, 382. — Dieu, beauté suprême, II, 412-413. — Supplices éternels, II, 552, 3. — DuaHsme, II, 601, 2.
Platonique [Platonicus, WloLzoivi/.rJç^ de riXartov, Platon) : amour platonique, 90.
Platonisme (de Platon) : doctrine et école de Platon. Voir Platon.
Plein {Plénum, du verbe archaïque pleo, remplir. Cf. rÀÀOîtv, être plein) : ce qui est tout à fait rempli. — Descartes admet le plein dans la nature, II, 509 ; 509-510.
Plotin (llXwTÏvo;) : définition du beau qu'on lui attribue, II, 382. — Panthéisme de VEcole d' Alexandrie, II, 602-603.
Ploutocratie (liAouroxpaTia domination des riches, de -rr/ouxo;, richesse. Racine ttXî, être plein ; /.pa-roç, vigueur, domination. Racine xf-'aT, être fort) : état social dans lequel les gens les plus riches exercent, d'une façon indirecte mais effective,» le pouvoir politique.
Plural [Pluralis, multiple, de plus, plus, coniparatif neutre d'un positif perdu) : ce qui compte plusieurs unités. — Suffrage plural, II, 283.
Plus-value (de Plus, comparatif latin neutre pris substantivement, elvalue, substantif pai'ticipe de valoir, de ualerc être fort) : accroissement de la valeur acquise. — Loi secondaire des émotions, 66.
Pluralisme (de Plural) : doctrine affirmant que les êtres qui composent le monde sont multiples, individuels, et non pas des modes d'une réalité unique : vg. se dit de la doctrine : de IIerbart (par opposition à celles de Schelling et de Hegel), de W. James (A pluralistic Universe, Londres 1909. Traduit par Le Brun et Paris, sous ce titre -.La Philosophie de V expérience, Paris. 1910), etc. — S'oppose à Monisme.
Pluriformisme (de Plus, pluris, plus ; forma, forme) : doctrine des Scolastiques qui admettent la pluralité des formes dans les corps mixtes. Voir Mixte.
Plutarque (UÀoûrao/o; je ttAoûtoç, richesse ; à'p/r, principe, commandement) : éducation intellectuelle, 208,1 — Le sage d'EpicuRE, II, 51, 1. — Culte universel des dieux, II, 564,1.
Pneumatique (la) {Pneumaticus,'rK-->iD[J.'yi-:ix6;, qui concerne le souffle, de Trvîûaa, souffle, esprit) : la Pneumatique est la science des, choses spirituelles la Psychologie. Cf. Leibniz, Nouveaux Essais, Préface, Edit. Janet, T. I, p. 22, Paris, 1900^
Pneumatologie (\hîZu.'x, souffie, souffle divin, esprit divin ; VJyoç, discours) : sciiMice des esprits, anges ou démons. Cf. D. Palmieri, Pneumatologia, dans ses Institutiones philosophicae, t. 111, pp. 3-71, Rome, 1876.
Poiî (Edgard) : passion de l'alcool, II, 117, 1.
Poésie [Pocîiis, 7roir,i7tç, action de faire, de composer des œuvres poétiques, d,e TtoiHto, fabriquer, créer) : relation avec les arts et les lettres, II, 409.
904 TABLE ANALYTIQUE : Poétique — Popularité
Poétique iPoeticus. -oir-tzo?, qui a la vertu de produire, de créer) : l'imagination créatrice est poétique, 224-228. — Sciences poétiques (Aristote), 585 ; 586.
PoiNCARÉ (Henri) : côté esthétique des Mathématiques, 641, 3.
Point {Punctum, piqûre, point, de punctum, supin de pungere, poindre, piquer) : l'intersection de deux lignes/ — Le point, la ligne et l'espace, 630.
Police {Politia, -oki-ziicf., qualité de citoyen, régime politique, de ttoÀ'.tsuco, être citoven, de ::o/tç, cité) : attribution de l'État, II, 248. — Police scolaire II, 258.
Politesse (de l'italien Politezza) : ensemble d'égards qu'on doit avoir les uns pour les autres en société. C'est un devoir qui rentre dans la morale sociale.
Politique (Politicus, -o/tTtxo';, qui concerne les citoyens, de -oX-.;, cité. Racine, ^a^ remplir, t ["ri/vr,] ttoXitixt^, la Politique) : science des rapports entre gouvernants et gouvernés. — Sa place dans les sciences, 594 ; 715. — Méthode de la politique, 716, 1 ; 756.
Polyandrie (IloXjavSpî'/, de -oXO;, nombreux ; racine tjA, être plein àv-z-ù, avopoç, celui qui engendre, homme, pour /"yaviçp, puis /"«"•'vip, àvoû ; racine, Vvj, engendrer) : état d'une femme qui a plusieurs maris. La polyandrie est encore plus contraire au droit naturel que la polygamie, II, 210.
Polygamie (Polygamia, de ■^ro/uyaaoç, de -oÀu;, nombreux, yaasw, se marier. Racine Tîv, engendrer): état de l'homme marié avec plusieurs femmes. — Contraire au droit naturel. II, 210. — Permise exceptionnellement par Dieu, 141-142 ; 211.
Polymorphisme (de Polymorphe, de ttoXu;, nombreux ; l'-'^^'^'h, forme) : est la propriété qu'ont certaines espèces de prendre des formes différentes sans changer de nature.
Polysyllogisme (du latin scolastique Polysyllogismus, de TroXy?, nombreux ; ■7uA/.07t7y.d;, calcul, raisonnement, syllogisme, de auXXoyi'Çofxat, assembler par la pensée, de tA'kv^m = gû-j, avec, Xiyto, unir. Racine Xsy, assembler) chaîne de deux ou plusieurs syllogismes, 548.
Polythéisme (de MoXuOeÏx, de tt'Aûç, nombreux ; 0";, Dieu) : religion ou philos(jpliie qui admet plusieurs dieux, 248, 1.
Polyzoïsme (lIoXû;, nombreux ; ?orc, vie, de 'Câ-», vivre) : théorie d'après laquelle les organismes supérieurs, spécialement les vertébrés, seraient constitués par des agrégats synergétiques d'organismes inférieurs. Cette théorie dite « coloniale », soutenue par Ed. Perrier, Les colonies animales, Paris, 1897 *, est vivement combattue par Y. Delage, L'hérédité, p. 97 sqq., Paris, 1903'.
Populaire [Popularis, de populus, peuple. Racine pie, remplir. Cf. rXijSo;, multitude ; plebs, le peuple par opposition aux nobles) : gouvernement populaire, où le peuple exerce le p^voir par ses représentants, II, 232 ; 240-241.
Popularité {Popularitas, recherche de la p»ipularité, de populus, peuple) : ensemble de manières pour capter la faveur populaire. C'est l'un des moyens employés pour satisfaire l'amour du pouvoir qui dégénère en ambition, 86.
TABLE ANALYTIQUE : Porphyre — Postulat 905
Porphyre (n<if'fJpto;, de Trop'^vpw^ se soulever en bouillonnant; puis, par confusion avec Tropojça, se teindre en pourpre, briller) : méthode mystique, 7-
— Arbre de Porphyre, 251-252.
PoRTALiÉ (Eugène) : théorie de la vérité illumihatrice de saint Augustin, II, 452, 3 ; 453-454.
Port-Royal (Messieurs de) : l'émulation, 95. — Le bon, sens (Nicole), 286-287. — L'acte intellectuel se fait sans image, 469, 1. — Les quatre opérations de l'esprit, 506, 5. — De la définition, 521 ; 525, 1 ; 526, 2. — Analyse et synthèse, 612, 2. — Erreur de jugement, 798, 1. — Des sophismes, 801, 1, 2.
Positif {Positivus, posé, établi, de positum, poiiere, poser) : a) Ce terme est opposé : 1") à Négatif : l'infini est positif en ce qu'il exprime, 339-340.' — • Devoir positif, II, 148. — 2°) à Naturel : loi positive, IL 39 ; 42. — 3°) à Métaphysique: sciences positives, que A. Comte oppose aux sciences métaphysiques, 589. b) Ce terme signifie encore : ce qui repose sur quelque chose d'assuré ; vg. ce fait est positif.
Position {Positio, action de placer, de positum, supin de ponere, poser) : place où une chose est posée. — Positions du moyen terme, 536.
Positivisme (de Positif) : doctrine et école d'A. Comte, II, 446-450.
Positivité (de Positif) : a) caractère de ce qui est positif ; b) l'esprit positif.
— Terme cher à Comte qui l'emploi dans ce double sens.
Possession [Possessio, de possessum, supin de possidere, posséder, de l'ancien préfixe por, vers ou contre, et sedeo. De l'idée d'être assis, serfere, on est passé à l'idée de s'établir, puis à celle de posséder. Racine : en sanscrit sad, s'asseoir ; en grecéâ = 't^o, car l'esprit rude = s. Cf. eopa, siège, eooç, demeure, en latin sed-es) : fait de posséder. — Possession et propriété, II, 189.
Possibilisme (de Possibilis, ce qui se peut, de posse, pouvoir) : branche du Socialisme, II, 200.
Possibilité (Possibilitas, de possibilis, ce qui se peut, de possum = potis sum, posse^ pote esse, pouvoir, de potis, pote, qui peut) : a) Caractère de ce qui est possible ; vg. possibilité de l'expérimentation, 725. b) La possibilité est l'une des catégories de Kant, 296, II, 432. 11 appelle problématiques les jugements qui l'expriment. — Possibilité logique, physique, 520-521.
Possible (Possibilis, de posse, pouvoir) : ce qui ne répugne pas à l'existence, ■ce qui n'implique pas contradiction, II, 463. — S'oppose à Impossible.
Post hoc, ergo propter hoc : sophisme, 799-800.
Posthypnotique (de Post, après ; hypnotique, de hypnoticus, u-vojtcxoç, somnolent, de ii-voç, sommeil) : phénomène qui résulte d'un état d'hypnose antérieur, 482.
Post-Prédicaments : à la liste des dix premiers prédicainents ou catégories (516) Aristote en ajouta cinq autres : Opposition, Priorité, Simultanéité, Mouvement, Possession. Ce sont certains modes ou manières d'être qui ressortant de la comparaison qu'on fait des Prédicaments entre eux.
Postulat {Postulatum, chose demandée, participe passé, pris substantivement, de postulare, fréquentatif de poscere, demander) : proposition qu'on
906 TABLE ANALYTIQUE : — Potentiel — Précision
prend pour principe de déduction en demandant qu'on l'admette sans démonstration, quoiqu'elle ne soit pas d'uneévidenceabsolue. — Principes de la démonstration mathématique, 633-635. — Postulats de la raison pratique (Kant),
Potentiel (de Potentia, puissance, àe potis, pote, qui peut) : ce qui est en puissance, 47. — ■ S'oppose à Actuel, comme puissance à acte, II, 464.
Pouvoir (du latin populaire Potere pour posse= pote-esse, de potis, pote, qui peut) : a) Faculté de faire quelque chose : pouvoirs de l'âme, 37-38. 6) Autorité de ceux qui' gouvernent : origine du pouvoir en général,, II, 223. — Origine de l'autorité concrète, II, 224. — Limites du pouvoir de l'État, II, 250.
— Résistance au pouvoir, II, 287. — Légitimation du pouvoir usurpé, II, 231.
— Pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire : leur séparation, II, 266 ; 267 ; 269.
— Stabilité et transmission du pouvoir, II, 247. — Pouvoir direct et indirect de l'Église, II, 343.
Pragmatisme (de Pragmati( us. Trpayy.aTtxôç, qui concerne l'action, propre à l'action, de 7:pa7[ji.a, affaire, action de faire, de TrpaGaw, aller à travers, jusqu'au bout, achever. Racine Tuap, d'où Ttpa, xpay, aller à travers) : doctrine d'après laquelle l'action seule peut nous aider à découvrir ce que nous pouvons atteindre de vérité. — Le Pragmatisme,' en général, 819-831. — Le Pragmatisme social, 831-836.
Pratique [Practicus, 7rpaxTt/.ôç, actif, propre à agir, qui convient à l'action, de irpaaffoi, aller à travers, jusqu'au bout, accomplir) : raison pratique, 286 ; II, 15-16 ; 25-26 ; 27. — Critique de la raison pratique (Kant), II, 434-435 ; 435. — Logique : science pratique, 507. — Sciences pratiques : classification d'AniSTOTE, 585. — Sciences morales pratiques, 715 ; 757. — Morale : science pratique, II, 2-3.
Précepte [Praeceptum, de praecipere, praeceptum, prendre d'avance, prévenir, prescrire, de prae, devant ; capere, prendre) : prescription obligatoire. — Précepte et conseil, II, 112. — Préceptes primaires et secondaires du droit naturel, II, 141.
Précipitation (Praecipitatio, de praecipitatum, supin de praecipitare, de praeccps, praecipitis, qui tombe la tête en avant, de prae, en avant, caput ; tête) : cause d'erreurs, 271 ; 604 ; 804.
Précis [Praecisus, participe passé de praecidere, couper par devant, raccourcir, abréger, de prae, devant ; caedere, couper) : ce qui est circonscrit de façon à ne laisser aucune indécision dans la pensée. — Localisation précise, 204. — ■ L'observation doit être précise, 652. — S'oppose à Imprécis.
Précisif (du latin scolastique Praecisivus, de praecisum, supin de praecidere. Couper par devant) : abstraction précisive : c'est un terme employé par les ScoLASTiQUES pour indiquer l'opération par laquelle l'esprit considère une chose sans une autre qui lui est unie, mais n'affirme ni ne nie l'existence de cette autre chose ; vg. si je considère ce papier sans m'occuper de sa blancheur, 246. — S'oppose à Abstraction négative, par laquelle non seulement, ou conçoit une chose sans une autre, mais l'on nie l'existence de l'une dans l'autre ; vg. si je dis : ce papier n'est pas blanc.
Précision iPraecisio, action de retrancher, de praecisum, supin de praecidere, coupei' par devant) : instruments de précision, 650. — Le mot précision indique une approximation aussi rigoureuse que possible de la vérité ; vg. préciser les droits, II, 249, tandis que le mot exactitude implique l'idée d'une con-
TABLE ANALYTIQUE : Prédétcrmination — Préformation 907
naissance absolument rigoureuse ; vg. l'exactitude des Mathématiques, 639, — • Précision illusoire de la Psychophysique et de la Psychophysiologie, 727-728.
— Précision, dans le sens : action de retrancher, de circonscrire par la pensée, indique l'abstraction précisive (Voir Précisif), que les Scolastiques nomment aussi Praecisio. Cf. Bossuet ; « Les précisions de l'esprit, autrement appelées abstractions mentales... » {Logique, L. I, Cli. xxii) ; Port-Royal (La Logique, Part. 1, Ch. v), où abstraction et précision sont données comme synonymes.
— Langage, instrument de précision, 450-451. — Précision d'une langue, 461.
— Syllogisme, instrumient de précision, 842-843.
Prédétermination (de Prédéterminer, de prae, devant ; de-terininare, délimiter ; de de, au sujet de ; terminare, limiter, terminus, limite) : Prédétermination où Prémotion physique des Thomistes : « Action divine, qui fait passer notre volonté de la puissance de vouloir à l'acte de vouloir, et de vouloir ce que Dieu veut qu'elle veuille. » (Zigliara, Summa philosophica, T. II, Thenlogia naturalis, L. III, Ch. iv, A. IV, § V, Paris, 1919", p. 548). — Une telle prédétermination est incompatible avec la liberté humaine et, par conséquent, ne peut servir à expliquer la connaissance des futurs conditionnels, 380, 2 ; II, 586-590 ; 638. — N. B. Praemotio thomistica est rêvera praedeterminatio divinae voluntatis, seu voluntas divina efficacissima... (Zigliara. /èirfem, § VI, p. 557-558).
Prédéterminisme (de Prae, avant, et déterminisme) : ce terme, employé comme synonyme de déterminisme, met l'accent sur cette considération que la nécessité éternelle des événements résulte de la prescience et de la puissance de Dieu.
Prédicable {PraedicabiUs, de prae-dicare, déclarer, de prae, devant, dicare, annoncer, dédier, de dicere, dire) : les Prédicables sont les différentes manières dont les prédicats sont attribués au sujet. Il y a cinq Prédicables ou Universaux, 252-253 ; 516.
Prédicament [Praedicamentum, énonciation, de prae-dicare, déclarer) : les Prédicaments sont les différentes classes ou catégories, auxquelles on peut ramener les idées générales, 253-254 ; 296 ; 516-517.
Prédicat {Praedicatum, énoncé, participe passé de prae-dicare, déclarer) : ce qui est affirmé ou nié d'un sujet. — C'est l'attribut, 266.
Prédisposé, Prédisposition [Praedisponere, disposer d'avance, de prae,
devant, et dis-ponere, dispositum) : disposition antécédente. — Prédisposition de la nature, cause des passions, 115. — Prédispositions de l'intelligence, 315-316. — Inffuence prédisposante de l'organisme, 391-392.
Préétabli {Prae, devant ; établir, pour establir, de stabilire, rendre stable, de stare, se tenir debout) : établi d'avance. — Harmonie préétablie(LEiBNiz), II, 547.
Préexistence {Prae, devant ; existence, de exister, de ex-sistere, sortir de, paraître, exister ; de sistere [redoublement de stare], placer, arrêter, fixer) : existence antérieure. — Préexistence des âmes (Platon), 310.
Préfixe (Prae, devant ; fixas, fixé, participe passé de figo, fixum, attacher, enfoncer) : particule placée devant un mot, 465.
Préformation (Prae, devant ; format io, de formatum, supin de forniare, façonner, de forma, forme) : préformations de l'intelligence (Leibniz), 315, 4.
908 TABLE ANALYTIQUE : Préhistoirc — Prescience
— En Biologie, doctrine suivant laquelle les organes et caractères héréditaires des êtres vivants existent dans le germe. On dit aussi Préformisme. — S'oppose à Epigénèse.
Préhistoire [Prae, devant ; histoire) : histoire de l'humanité qui précède les plus anciennes traditions
Préjudice [Praejudiciwn, de prae, devant ; judicium ; c'est-à-dire un jugement précipité, d'où résulte un dommage) : ce mot n'a pas gardé son sens étymologique, lequel se retrouve dans Préjugé, mais signifie dommage matériel ou moral, II, 194 ; 206-207. — Préjudice : un des titres du prêt à intérêt, II, 357.
Préjugé (substantif participe de Préjuger — prae, devant ; juger) : a) Ce qui peut inspirer un jugement, b) Opinion préconçue, adoptée sans examen. — Cause d'erreurs, 220-221 ; 798.
Préméditation {Praemeditatio, action de se préparer, de prae, devant ; nieditotuin, supin de meditari, s'exercer à) : décision prise d'avance. — C'est une circonstance qui accroît la responsabilité, laquelle est proportionnée à la ci^nnaissance, II, 115.
Premier (Primarium, du premier rang, dérivé de primus. Primus est un superlatif de pro, devant, qui signifie : celui qui est le plus en avant. Il est pour pris-mus, qui dérive de pris, contraction de prius, comparatif de pro) : ce qui précède quelqu'un ou quelque chose par rapport au temps, à l'espace, à l'ordre, à l'importance. — Qualités premières de la matière, 177. Voir aussi Primaires. — Vérités premières, 288. — Notions premières, 295. — Origine des notions et vérités premières, 299-318. — Cause première, 324 ; 344 ; II, 554 ; 560-561. — Premier en soi, premier dans nos idées, 342. — Droit du premier occupant, II, 190. — Philosophie première, II, 419.
Prémisse {Praemissa [sous-entendu propositio], de prae, devant ; missus^ envoyé, mis, participe passé de mitiere, missum, envoyer) : chacune des deux premières propositions (majeure, mineure) d'un syllogisme, 536.
Prémotion [Praemotio, de prae-motum, supin de praemovere, mouvoir en avant) : Prémotion physique des Thomistes : « Action divine qui fait passer notre volonté de la puissance de vouloir à l'acte de vouloir, et de vouloir ce que Dieu veut qu'elle veuille. » (Zigliara, Loco citato. Cf. Prédétermination).
— Une telle prémotion ou prédétermination est incompatible avec la liberté humaine et, par conséquent, ne peut servir à expliquer la connaissance des futurs conditionnels, 380, 2 ; II, 586-590 ; 638.
Préoccupation (Praeoccupatio, de prae-occupatum, supin de praeoccupare, envahir le premier, de prae, devant, occupare = ob-cupare, s'emparer de, dérivé, par un intermédiaire perdu, de capere, prendre) : état d'un esprit absorbé par une idée ou un sentiment, 239.
Préposition [Praepositio, de praepositum, supin de prae-ponere, mettre devant) : terme invariable marquant le rapport d'un mot à un autre, 464.
Prérogative (Praerogativa, sous-entendu tribus. Ce mot indiquait la tribu que le sort désignait pour voter la première : d'où premier choix, privilège, prérogative. De prae, devant ; rogatus, demandé, de rogare, prier, solliciter) : signifie, en général : droit attaché à certaines conditions privilégiées ; vg. les prérogatives du pouvoir, II, 266. — Faits prérogatifs, 652. — Prérogatives de l'expérimentation, 662-663.
Prescience { Praescientia, de prae-scire, savoir avant) : connaissance parfaite de l'avenir. — Prescience divine et liberté humaine, 378-382.
TABLE ANALYTIQUE : Prcsclnder — Prévention 909
Prescinder {Prae-scindere, séparer) : ce terrae scolastique, qui signifie faire ahsiraciion de, remplacerait avantageusement cette périphrase.
Prescriptible (de Prescrire), Prescription [Praescriptio, action d'intituler, de praescriptum, supin de prae-scr ibère, mettre en tête d'un écrit, prescrire) : a) Ordre formirié ; vg. les prescriptions de la conscience, de la loi, II, 42-43. — h) Sens juridique : libération d'une dette, d'une poursuite judiciaire après un certain temps écoulé. — e) Prescription du droit de régner, II, 231-232.
Présence {Praesentia, de prae-sens, prae-esse, être en tête de) : fait pour une pei'sonne ou une chose de se trouver dans un lieu marqué. — Table de présence (Bacon), 666.
Présent [Praesentem, participe de praesum, je suis devant) : ce qui se rapporte à la durée dont on parle. — États psychologiques présents, 196. — Le présent perpétuel, 379-380. — ■ Le moment présent, II, 506.
Présentation (de Présenter) : certains psychologues emploient : a) Représentation pour exprimer tout état de conscience dans lequel un objet, qui a été déjà présenté à l'esprit, est rappelé avec ou sans reconnaissance. — b) Présentation pour désigner tout état de conscience, dans lequel un objet est présent à l'esprit. Cette distinction est justifiée.
Présentationnisme (de Présentation) : nom donné par Hamilton à la théorie de la perception immédiate du monde extérieur, 164, 1.
Présomption [Praesumptio, de praesumptutn, supin de prae-sumere, prendre d'avance) : a) Action de présumer,, c'est-à-dire d'admettre quelque chose sur un indice probable ; c'est une induction probable, 658-659. — b) Action de trop présumer, c'est-à-dire de se fier trop à soi ; c'est une exagération de l'amour de soi.
Presse (substantif verbal de Presser, du latin populaire pressare, dérivé de pressum, supin de premere, presser) : liberté de la presse, II, 184-186.
Présupposition (composé avec le latin prae, devant, et supposition) : c'est une supposition préalable.
Prêt (substantif verbal de Prester, prêter, de praestare, l'emporter sur, de drae, devant ; stare, se tenir debout) : action de prêter ; chose prêtée. — Prêt à intérêt, II, 356-357.
Préternaturel [Praeter, au delà ; naturalis, de natura, nature) : ce qui est au delà des forces de la nature. — Intervention préternaturelle, 483-484.
Preuve (du latin populaire Proba, substantif verbal de probare, éprouver, prouver, de probus, de bonne qualité) : ce qui sert à établir la vérité d'une chose ; vg. preuves de l'existence de Dieu, II, 556. — Preuve a priori ou rationnelle ; vg. II, 42. — Preuve a posteriori ou expérimentale ; vg. II, 42-43.
Prévalence (de Prae-valens, Prae-valere ; de prae, devant ; valere, être fort ; d'où être h; [)lus fort, prévaloir) : action de remporter un avantage. — Prévalence des motifs (Leibniz), 393, 1 ; 396-397 ; 398-399.
Préventif (de Praeventum, supin de prae-venire, prendre les devants, prévenir) : ce qui sert à prévenir, à empêcher. — Remède préventif contre les passi(ms, 119. — Moyen préventif dans l'éducation, 410.
Prévention (du bas latin Praeventio, du supin praeventum, de praevenire, prévenir) : état d'un esprit disposé d'avance dans un sens favorable ou défavorable. — Cause d'erreurs, 271 ; 604 ; 804-805.
910 TABLE ANALYTIQUE : PrévisioD — Principes premiers
Prévision (du bas latin Praevisio, de prae-visum, supin de prae-videre, voir devant ; prévoir) : caractère de la connaissance scientifique, 580 ; 685.
Prévoyance (de Prévoir, de prae-videre, voir devant) : faculté ou action de voir d'avance. — Condition du capital, II, 354.
Prière (du latin populaire Precaria, dérivé de prex, précis, prière. Racine prec, demander) : supplique adressée à Dieu. — Devoir envers Dieu, 98 ; II, 332. — Objections contre la prière, II, 332.
Primaire iPrimarius [Cf. le doublet Premier, d'origine populaire], du premier rang, dérivé de primas. Voir Premier) : a] Synonyme de premier : la perception est un fait primaire, 173. — Qualités primaires de la matière, 177.
— États primaires de la conscience, 234. — Préceptes primaires du droit naturel, II, 141. — FonctionprimairederÉtat,protectiondes droits,II, 248 ;250. b] Ce qui est au premier degré en commençant, du plus bas degré. — Résultats de l'enseignement primaire, II, 260-261.
Primat [Primas, primatis, qui est au premier rang, de primus, premier) : suprématie, caractère de ce qui prime. — Certains philosophes accordent le primat à l'intelligence ; vg. les Thomistes ; d'autres à la volonté, vg. les ScoTiSTES. Voir Intellectualisme, Voluntarisme. — Primat de l'action, 819.
Primauté (de Primatus, le premier rang, de primus, premier) : suprématie. Voir Primat.
Primitif [PrimMivus, qui naît le premier, de primus, premier, de pro, devant) : a) Ce'qui est le plus ancien. — L'inclination est primitive, 104 ; 113.
— Certitude primitive de la conscience, 139. — La percepti>on est le fait primitif, 173. — Perceptions primitives, 178. — Racines primitives, 260,1,2 ; 445-446. — Unité primitive du langage, 460. — L'état primitif (Rousseau), II, 220. — Sauvagerieprimitive, II, 222. — b) Ce qui a un caractère simple, rudimentaire : vg. art primitif ; les primitifs, peuples de civilisation inférieure.
Primordial (Primordialis, de primordium, commencement, de primus, premier ; ordiri, monter la chaîne d'un tissu, ourdir, commencer) : a) Ce qui est le plus ancien ; vg. langue primordiale. — ■ Synonyme de primitif, a).
— b) Ce qui est de première importance.
Prince [Principem, qui est le premier à faire telle ou telle chose, de primus, premier, capere, prendre) : celui qui est le premier, le chef; et, spécialement, celui qui est à la tète du gouvernement, qui possède la souveraineté, II, 232 ; 237. — Bon plaisir du prince, II, 40.
Principe {Principium, origine, commencement, de princeps, principis, de primus, premier ; capere, prendre) : le principe est ce dont une chose tire son origine, de quelque façon que ce soit. Le principe est plus général que la cause. Le mot principe s'applique de préférence aux sciences rationnelles ; le mot cause, aux sciences expérimentales : on va des principes aux conséquences, des causes aux effets, 608 ; 609-610.
Principes fondamentaux : du syllogisme, 551. — Principes fondamentaux de la (li'indiistralion en général, 563. — Principes de la démonstration mathématique, 632.
Principes premiers : directeurs de la connaissance, 135 ; 288. — Principes d'identité cl ses dérivés, 288. — Principe de raison et ses dérivés, 289. — Rôle des principes : a) dans la pensée, en général, 291 ; b) dans les sciences, 292. — Caractères des principes premiers, 292. — Comparaison : a) avec les lois scien-
TABLE ANALYTIQUE : Priorité — Probabilité 911
ti figues, 294 ; b) avec les notions premières, 295. — Systèmes divers sur l'origine
Priorité (du latin scolastique Prioritas, de prior = celui qui est le plus en avant des deux, comparatif de pro, devant) : ce mot désigne l'antériorité soit dans l'ordre du temps (prioritas temporis), soit dans l'ordre de la nature des choses (prioritas naturae). Exemples : Aristote a la priorité temporelle par rapport à Cicéron. La cause a la priorité logique sur so;i eiïet : cause et effet existent en même temps, vg. quand je forme un concept ; mais l'eiïet a besoin de la cause pour exister. — On distingue aussi la priorité ontologique ou d'existence et la priorité logique ou de connai-ssance ; vg. 342.
Privatif, Privation (Privativus, privatio, de privatum, supin de privare, priver, de privus, qui est à part, particulier) : la privation est dans un sujet donné l'absence d'un bien que normalement il devrait avoir. C'est donc un mal pour lui ; vg. la cécité pour l'homme. Elle diffère de la négation, qui n'implique pas l'idée que la chose est due ; vg. absence de la vision dans la pierre, II, 477. — Un concept privatif implique donc une imperfection, tandis qu'un concept négatif en prescinde. — Privation d'un bénéfice : un des titres du prêt à intérêt, II, 357.
Privé (Privatum, séparé de l'État, simple particulier, participe passé de privare, priver, de privus, qui est à part) : ce qui se rapporte au particulier. — La vie privée et la vie publique doivent être régies par les mêmes principes de Morale, quoi qu'en disent certains libéraux, parce que l'homme n'a pas deux consciences et parce qu'il n'a qu'une seule fin dernière : connaître, aimer et servir Dieu. — Charité privée, II, 263-264. — Culte privé : intérieur et extérieur, II, 332-333.
Privilège (Privilegium, loi d'exception, de privus, qui est à part ; lex,legis; loi Cil faveur d'un particulier) : avantage exclusif, personnel. — Sa nature, II, 4U. — Les privilèges, pour être légitimes, doivent contribuer au bien général de la société. Taine remarque avec raison que le grand tort des privilégiés de l'Ancien Régime fut de ne plus rendre les services, par où ils avaient mérité leurs privilèges, ou de n'en pas rendre d'équivalents : leur situation exceptionnelle n'avait plus sa raison d'être. Cf. Taine, Les origines de la France contemporaine, t. I, L'Ancien Régime, L. I. — Sens figuré : privilèges de l'expérimentation, 662-663.
Prix (Pretium, de la racine pre, trafiquer, métathèse pour par. Cf. parare, acheter) : valeur vénale d'une chose ; valeur morale. — Prix du travail, II, 358. — Prix de la vie ; la vie vaut-elle la peine d'être vécue ? II, 645-650.
Probabiliorisme (de Probabilior, plus probable, comparatif de probabilis) : doctrine morale, d'après laquelle on doit suivre l'opinion favorable à la loi â moins que l'opinion favorable à la liberté ne soit plus probable, II, 35.
Probabilisme (de Probabilis, digne d'approbation, probable, de probare, éprouver, approuver, de probus, bon, honnête) : doctrine : a) morale, d'après laquelle on peut suivre une opinion vraiment probable, II. 34-36 ; b) métaphysique, selon laquelle tout est plus ou moins incertain, II, 425.
Probabilité (Probabilitas, de probabilis, digne d'être approuvé) : rapport du nombre des cas favorables au nombre des cas possibles. — L'opinion et
912 TABLE ANALYTIQUE : Probable — Profession
la probabilité, 775. — Probabilité : a) mathématique, 776 ; b) philosophique ou morale, 776. — Usage de la probabilité, 776. — Probabilité : a) de V hypothèse, 659 ; b) de Vanalogie, 708-709.
Probable (ProèaèiVts, digne d'approbation, de probare, éprouver, approuver) : ce qui mérite plus de créance que l'opinion contraire, 111-112 ; 775.
- Probité {Probitas, de probus, de bonne qualité) : observation des devoirs de justice. — Respect du bien d'autrui, II, 162.; 188 ; 206. — Respect de la vérité : probité littéraire.
Problématique (npo|ïXy,v.aT'.xoç, problématique, de TTpô^SXriaa, problème) : nom donné par Kant aux jugements dans lesquels l'affirmation ou la négation est énoncée comme simplement possible : ce sont des jugements qui sont peutêtre vrais. La catégorie correspondante est la Possibilité, 296 ; II, 432.
Problème (Problema, -oopa^u.'y., ce qu'on a devant soi, ce qui est proposé, sujet de controverse, d'où problème, de ■:rpo-,'3aXXio, jeter devant) : question plus ou moins difficile à résoudre : vg. problème de la perception extérieure, 161. Problème de Molyneux, 180, 2. — Définitions de Problème et de Théorème,
Processus (mot latin signifiant marche en avant, de processum, supin de pro-cedere, aller en avant) : ce mot, qui a passé dans la langue philosophique, signifie une série, un développement, un progrès ; vg. un processus in infinitum répugne, 562 ; II, 557-558. — Certains philosophes disent procès, traduction de processus.
Prochain (de Proche, de propius, comparatif de prope, près de, de pro, devant et du suffixe pe) : ce qui est le plus rapproché. — Genre prochain, 253. — Cause prochaine, 324-325. — Sens moral : signifie celui qui est proche de nous par la ressemblance de nature, etc., 93-94. — La cliarité doit s'exercer d'abord envers ceux qui sont plus proches de nous, II, 1 65. — Le prochain, c'est un quelconque de nos « semblables », en tant qu'il est considéré comme fait, ainsi que nous, à l'image de Dieu.
Proclus (npôx).o;) : origine du langage d'après Démocrite, 441, 4.
Prodigalité {Prodigalitas, de prodigus, prodigue, de prod-igere = agere, jeter devant soi, dissiper) : disposition à dépenser sans mesure, II, 127 ; 192-193.
Productif [Productivus, propre à l'allongement, de productum, supin de pro-durrrr, mener en avant, produire) : ce qui est d'un bon rapport. — Emploi productif des objets, II, 200-201. — Productivité de l'argent, II, 356-357. — Consommations productives, II, 360.
Production (Productio, de productum, supin de producere, mener en avant, produire) : action de faire naître — L'idée de causalité implique l'idée de production, 327-329 ; 665. — Production de la richesse, II, 353.
Productivité (de Productivus, de productum, supin de pro-ducere, mener en avant, produire) : faculté de produire. — Productivité de l'argent, II, 356-357.
Profession [Profcssio, de professum, supin de prufiteri = pro-fateri, déclarer publiquement ) : a) déclaration publique ; b) occupation qu'on exerce notoirement. — Liberté de la profession, II, 186.
TABLE ANALYTIQUE : Professionnel — Proportion 913
Professionnel (de Profession, de professio, déclaration, de professum, supin de profiteri — pro, devant ; fateri, reconnaître) : relatif à une profession. — Représentation professionnelle, II, 283-284.
Profit {Profectum, de projectum, supin de pro-ficere, avancer, réussir, pro, pour ; facere, l'aire) : avantage qu'on retire de quelque chose. — La connaissance du particulier est sans profit, 582. — La connaissance du général est profitable, 583. — Définition du profit matériel, II, 356.
Progrès (Progressus, de progredi, avancer : de pro, devant, gradior, gressus suw, marcher, de gradus, pas) : a) marche en avant dans une direction définie ; b] transformation graduelle allant du bien au mieux. — L'État, promoteur du progrès social, II, 249-250. — Éléments du progrès, II, 325-326. — Loi du progrès, II, 327. — Le progrès moral. II, 327-328.
Progressif (de Progressus, marche en avant) : ce qui se développe par degrés.
— Éducation progressive, 408. — Marche progressive de la synthèse, 610 ; 614.
— Impôt progressif, II, 280-281.
Prc^ression {Progressio, avancement, de progressum, supin de progredi, aile! en avant) : marche de la synthèse, 610 ; 614. — Signifie, au figuré, développement par degrés ; vg. une progression de causes à l'infini répugne. On l'emploie alors dans le même sens que processus, 562 ; II, 557-558.
Prohibant (de Prohiber, de prohibere, écarter, empêcher ; de pro, devant, habere, avoir) : qui interdit absolument quelque chose. — ■ Empêchements prohibants au mariage, II, 210.
Prohibition [Prohibitio, défense, de prohibitum, supin de prohibere, empêcher, défendre, de pro, devant ; habere, avoir) : action d'interdire quelque chose. — Certaines choses, indifférentes en soi, deviennent mauvaises et défendues par suite d'une prohibition du législateur divin ou humain, II, 107.
Projection (Projectio, action d'étendre, saillie, de profectum, supin de pro-ficere = jacere, jeter devant soi) : action de lancer en avant. — Certains appellent projection l'objectivation des sensations, 160; 171-172.
Promesse [Promissa, chose promise, de pro-mittere, promissiim, faire sortir, laisser aller, faire espérer, promettre) : assurance donnée de faire quelque chose. — Mémoire et promesses, 210. — Loyauté à les tenir, II, 162.
Promoteur, Promotion (de Promotor, promotio, promoçere, promotum = pro-moi'ere, pousser en avant) : celui qui donne l'impulsion. — L'État doit être le promoteur du progrès, II, 249-250. — Promotion du progrès, but de la Politique, 715.
Promulgation [Promulgatio, de promulgare, faire connaître) :' notification officielle d'une loi, II, 40 ; 115.
Pronom [Pronomen, de pro, au lieu de ; nomen, nom, de noscere, apprendre) ; mot tenant la place du nom. — Rôle dans la phrase, 464.
Propédeutique (de Ilpo, avant ; [sous-entendu ^iyyr^, art] TCa'.osoTtxn;, qui concerne l'instruction, de iz'x^Zvm, élever, instruire, former, de TiaT;, Ttaioô,-, enfant. Racine -vj, Trao, produire) : c'est un ensemble de connaissances préparatoires à l'étude d'une science : vg. la Logique par rapport aux autres sciences,
Proportion ( Proportio, symétrie, de pro, pour ; portio, portion, de pars, partie) : convenance des parties entre elles et avec le tout. — Condition du beau, II, 383. — Loi de proportion dans l'art, II, 402-404.
914 TABLE ANALYTIQUE : Propoitionnel — Protectorat
Proportionnel {Proportionalis, de proportio) : qui est dans un rapport de proportion avec une autre quantité. — Impôt proportionnel, II, 280. — Représentation proportionnelle, II, 283.
Proposition {Propositio, de propositum, supin de pro-ponere, placer devant, exposer) : c'est l'énoncé d'un jugement, 266 ; 529. — Classification des propositions : quantité, qualité, matière, opposition, 530. — Opposition des propositions, 532. — Leur conversion, 533. — Leurs rapports dans le syllogisme, 535-536. — Règles du syllogisme relatives aux propositions, 543.
Propre [Proprius, qui est la propriété de, particulier) : a) Sens strict : ce qui appartient à l'espèce, à elle seule et toujours : c'est l'un des cinq universaux, 253. — b) Sens large : ce qui appartient exclusivement à une personne ou à une chose : noms propres, 258.
Propreté (de Propre, qui signifie : d'abord, ce qui est à une personne ou à une chose, à l'exclusion des autres ; puis, ce qui convient à quelque chose d'une façon particulière ; d'où, convenablement arrangé, net) : devoir envers le corps, II, 156.
Propriétaire [Proprietarius, de proprius, qui est la propriété de, particulier) : personne à qui une chose appartient. — Devoirs et droits des propriétaires, II, 188-189 ; 192-194 ; 197-198.
Propriété (Proprietas, qualité propre, propriété, de proprius particulier) :
a) Qualité propre à tous les êtres d'une même espèce : vg. propriétés des gaz. —
b) Sens 1** de primitif : par opposition au sens dérivé ou figuré d'un mot : 2° de exact, par opposition à l'emploi incorrect d'un mot : propriété du langage. —
c) Droit de jouir et de disposer d'une chose à son gré, II, 189. — Fondements du droit de propriété : 1° véritables, II. 189 ; 2° erronés-, II, 191. — Limites et devoirs, II, 192. — Objections contre le droit de propriété, II, 194. — Conséquences de ce droit, II, 197. — Formes diverses de la propriété, II, 195-197. — Le socialisme et le droit de propriété, II, 200-201. — Fonction sociale de la propriété, II. 193.
Prospectif (de Prospectus, action de regarder en avant, de pro-spicere, dnvevhe archaïque specere, regarder) : ce qui est orienté vers l'avenir. — IncUnations prospectives (Brown), 103.
Pro.yllogisme (nfo-(7'jXAovic;!y.oç, syllogisme antérieur) : syllogisme dont la conclusion devient une prémisse du suivant, 548.
Protagoras (de II^ioTayopa;, de lIpwToç, premier ; à-'opcuçtv, parler en public) : sophiste, II, 421.
Protection (Protectio, de protectum, supin de pro-tegere, couvrir par devant, protéger, garantir) : fonction primaire de l'État, II, 248 ; 250. — Devoir du mari "et du père de famille, II, 212.
Protectionnisme (de Protection) : système économique qui consiste à favoriser les produits de l'industrie nationale en frappant de taxes les produits de l'industrie étrangère, II, 355.
Protectorat (de Protector, protecteur, de protectum, supin de pro-tegere, couvrir par devant) : dépendance imposée à un pays placé sousla protection d'un pays plus puissant.. — 11 n'est pas permis de conquérir un pays étranger et de lui imposer un protectorat sous prétexte d'y introduire la civilisation, II, 313.
TABLE ANALYTIQUE : ProteDsif — Psychiquc 915
Protensif (dérivé de Protensus, allongé, participe passé de pro-tendere, tendre en avant, allonger) : ce mot signifie : qui a une grandeur dans le temps, comme extensif signifie i qui a une grandeur dans l'espace.
Prototype (HpwTo-ruTroç, qui est le premier type, de tt^wtoç, premier, pour TipodcToç, superlatif de -rupô, avant ; de tOtito;, coup, empreinte faite par un coup, forme, type, modèle) : ce mot signifie premier type, qui sert de modèle. — D'après Platon, les idées sont les prototypes des êtres, 309. — Les universaux existent dans l'intelligence divine à l'état de causes exemplaires, de prototypes, 257, î, 2. On dit aussi archétypes. Voir ce mot.
Proudhon (Pterre-Joseph) : morale indépendante, II, 7-8. — Droit, fondement du devoir, II, 136-138. — Droit de propriété, II, 194, 3.
Providence (Providcntia, de pro-videre, voir d'avance, prévoir, pourvoir) : action par laquelle Dieu conserve et gouverne le monde, II, 637. — Le miracle et la Providence, II, 640-643. — Objections contre la Providence, II, 643.
Provoquer [Pro-vocare, appeler dehors, de pro, devant, et vox^vocis, voix) : somnambulisme provoqué ou hypnotisme, 478. — Observation provoquée ou expérimentation, 660.
Prudence ( ^rudentia, pour providcntia, de pro-videre, prévoir, pourvoir) : vertu cardinale : elle dispose l'intelligence à prévoir ce qu'il faut faire pour éviter les fautes et les dangers dans la conduite de la vie, II, 130.
Pseudesthésie (de ^^îîïûo. thème de H'îûooç, mensonge. Racine <{"^'î', cracher, d'où se moquer, tromper et atiOriTiç, sensation) : fausse sensation ; vg. illusion des amputés qui rapportent certaines sensations aux membres qu'ils n'ont plus, 76.
Pseudomnésie (de ^'eiièo, thème de U'îuooç, mensonge ; [j.v«o[xac, u-vricouac, se souvenir) : illusion de la mémoire qui croit reconnaître ce qui n'a pas été perçu une première fois, ou croit nouveau ce qui a été perçu auparavant, 210-211.
Pseudo-sensation (du grec Ws'îioo, thème de M'sû^oç, mensonge ; sensation, de sensus, sens, de sentire, sentir) : c'est une image, ayant tous' les caractères subjectifs de la sensation ; mais ce n'est pas une sensation, parce que ce phénomène n'est pas produit par une excitation périphérique ; vg. la couleur dans l'audition colorée est une pseudo-sensation. Elle diffère de l'hallucination, en ce que le sujet ne croit pas qu'un objet réel corresponde à la perception.
Psittacisme (de Psittacus, perroquet) : consiste à juger ou à raisonner sur le3 mots sans souci des idées qu'ils signifient. — Inconvénient : a) du langage, 454 ; b) des procédés mnémoniques, 208-2 .
Psychasthénie (U'j/vi, souffle, souffle de vie, âme ; racine 4'^/. souffler; àc^îvcta, manque de vigueur, de à privatif et aOivoç, "force ; racine «rra, se tenir debout) ; atonie psychique, qui est due à quelque trouble fonctionnel général.
Psychiatrie {^'''^'/A'< âme; ta-pîîot, traitement, guérison, de ly.-coiùo), soigner, guérir) : art de traiter les maladies mentales.
Psychique (^i^-i/.'-y-'^^-, qui concerne la vie de l'âme, de ^'-'/ri) : ce mot s'emploie : a) à la place de Psychologique et de Mental ; b) pour signifier les phénomènes de l'esprit qui présentent des caractères extraordinaires : vg. télépathie, pressentiments.
916 TABLE ANALYTIQUE : Psychismc — Psychose
nifie :
exercice
Psychisme (de W-j^'-y-'^z, qiiiconcernela vie, l'âme, de H'u/.vi) :ce mot sig a) tantôt le système qui l'ait de l'âme un fluide spécial ; b) tantôt Vexi des facultés de l'âme.
Psycho-analyse (de ^^■-'/.vi, âme) : « Méthode de psychologie clinique, ainsi nommée par le professeur S. Freud (de Vienne), qui l'a particulièrement appliquée et développée. Cette méthode consiste à déceler, au moyen de procédés divers reposant sur le jeu de l'association, l'existence de souvenirs de désirs et d'images combinés en systèmes d'idées subconscients {complexes) dont la présence inaperçue cause des troubles psychiques ou même physiques et qui cessent de produire ces effets, une fois rappelés à la pleine conscience. {Bulletin de la Société française de Philosophie, 1913, p. 238.) Cf. Ch. Blondel La Psychanalyse, Paris, 1924.
Psychologie (IV/t^, âme; >^^j7o;, discours) : science de l'âme. — Division, des sciences psychologiques, 3-4 ; 593. — Psychologie, base de la métaphysique, 9. — Son objet, 23. — Son importance, 24. — Rapports avec la physiologie, 25-29 ; 29-30. — Méthode de la psychologie, 30 ; 719-730. — Méthode psychologique et méthode de la psychologie, 729. — Psychologie infantile, 723. — Psychologie comparée, 490 ; 722-724. — Raisonnement en psychologie, 730. — Légitimité de la psychologie, 32. — Classification des faits psychologiques, 33. — Unité de la vie psychologique, 41. — Ordre à suivre en psychologie, 46. — Activité psychologique et division de la psychologie, 49. — Expérimentation en psychologie, 724. — Lois psychologiques, 729. — Méthode des sciences physiques et méthode de la psychologie, 731. — Place de la psychologie dans les sciences morales, 714-715. — Psychologie expérimentale et psychologie rationnelle : comparaison, 23.
Psychologie comparée, 490 ; 722-724.
Psychologie expérimentale, 23-503. — Cf. G. Dumas, Traité de Psychologie, avec Ta collaboration de nombreux spécialistes, 2 vol., Paris, 1923-1924.
Psychologie rationnelle, II, 535-553.
Psychologique (de Psychologie) : phénomène psychologique : définition, 23.
— Faits psychologiques distincts des faits physiques et physiologiques, 26-28 : 717-718. — Rapports des faits psychologiques et physiologiques, 28-29 ; 466-473.
Psychologisme (de Psychologie) : doctrine de ceux qui font de la Psychologie le fondement de toutes les autres sciences, qui n'en seraient qu'une application.
Psychométrie (Wu/r^, âme ; ixÉTpov, mesure. Racine as, mesurer. Cf. metiri) : science qui cherche à mesurer les phénomènes psychologiques, 726-728.
Psychophysiologie : étude des rapports entre les phénomènes psychiques et les phénomènes physiologiques. — Expériences de psychophysiologie, 728.
— Leur imprécision, 699.
Psychophysique : étude des rapports entre les phénomènes psychiques et les phénomènes physiques. — Expériences de psychophysique, 726-718, — Leur imprécision, 728.
Psychose (de ^V'^y.o, âme) : maladie mentale, marquée de troubles psychiques, auxquels ne correspondent pas de lésions organiques connues.
TABLE ANALYTIQUE : Psychothérapic — Qualificatif 917
Psychothérapie (Wvy-n, âme; Ojoa-ïiîta, soin, de OîpaTTî-Jw, soigner) : traitement de certaines maladies nerveuses par la suggestion mentale unie à un régime médical.
Publique {Publicus) : a) ce qui est connu de tout le monde ; h) ce qui concerne tout un peuple. — Vertus publiques, II, 130. — Droit public, II, lAO. — ■ Utilité publique, II, 248. — Assistance publique, II, 264. — Culte public, II, 333.
PuFENDORF (Samuel) : fondement : a) de Vobligation, II, 110 ; b) du droit de propriété, II, 192, 2.
Puissance (de Puissa?it) : a) Force active r faculté de l'âme, 37. — Puissance paternelle : 1) son fondement, II, 216; 25^ ; 2) ses limites, II, 258-259; b) Virtualité : puissance et acte, 47 ; II, 464.
Punir [Punire, de pnena, satisfaction, châtiment. Cf. iroivr^ ; racine ttu, purifier) : frapper d'une peine. • — Fondement du droit de punir, II, 267-269.
Punition [Punitio, de punitum, supin de punire, punir) : emploi des punitions dans l'éducation, 409-410. — Utilité et légitimité des punitions ou châtiments en général, II, 121-122 ; 268-269. — Les parents ont le devoir et le droit de punir, II, 216.
Pur [Purum, racine r.\>, purifier) : a) Ce qui ne contient aucun mélange d'éléments étrangers à sa nature : vg. plaisir pur, c'est-à-dire qui n'est pas mêlé de peine, b) Exempt de tout élément empirique ; vg. mathématiques pures, c'est-à-dire considérées en dehors de toute application à l'expérience. 625. — D'après Kaint wio) Entendement pur, raison pure, sont l'entendement, la raison envisagés en eux-mêmes, en dehors de toute application aux objets de l'expérience, II, 431-433 ; 2°) Intuitions pures, sont l'espace et le temps, qui sont des formes a priori sans contenu empirique, II, 431. — Métaphysique pure : est celle qui serait formée de raisonnements a priori, sans aucun recours à l'expérience ; vg. tel est le procédé de Spinoza, de Hegel, de Herbart, 7-8 ; 31-32. c) Sens moral : ce dont la nature n'est altérée par aucun élément mauvais : pureté d'intention, II, 31.
Pyrrhon (IlOcpcov) : doute pvrrhonien, 773-774. — Scepticisme absolu, II, 421.
Pyrrhonisme (de Pvrruon) : doctrine et école de Pyrrhon : scepticisme radical, II, 421.
Pythagore (livOayôfa; de H-jOw, Pytho, ancien nom de la Phocide, puis de Delphes ; àyopcusiv, parler en public) : son autorité, 810.
Quadrivium (de Quatuor, quatre ; via, chemin) : subdivision des arts libéraux supérieurs, 587.
Qualificatif (de Qualifier, c'est-à-dire affirmer d'un sujet un caractère qui constitue une qualité ou manière d'être, du latin scolastique qualificare, de qualis, quel) : l'attribut et l'adjectif sont des qualificatifs, 266 ; 464.
918 TABLE ANALYTIQUE : Qualitatif — Question sociale (la)
Qualitatif (du latin scolastique Qualitativus, de qualitas, manière d'être, qualité, de qiialis, quel, qui se rattache à qui, lequel) : a) Ce qui a trait à la qualité. — i) Ce qui ne peut se traduire en termes quantitatifs : vg. phénomènes psychologiques, 27. — S'oppose à Quantitatif.
Qualité {Qualitas, manière d'être, de qualis, quel) : a) C'est l'une des catégories : elle modifie et dispose la substance en elle-même ; elle répond à la question ttoToç. qualis : !«>) Aristote, 296 ; 517 ; II, 483 ; 2°) Kant, 296 ; II, 432. — b) Ce sont les aspects sensibles de la perception : Qualités premières et secondes de la matière, 177. — c) Qualité : des jugements, 272-273 ; des propositions, 530. — Sj'llogisme de la qualité, 553 ; 683. — d) Qualité au sens de valeur, perfection : la qualité morale des actions dépend surtout de l'intention, II, 31. — Quantité et qualité, II, 483.
Qualités occultes : la physique ancienne attribuait les effets, qu'elle ne pouvait expliquer, à des qualités occultes, 248.
Quand (Quando) : c'est la catégorie du temps chez Aristote, tô ttoté. 254 ;
Quanta (de Quantus, combien grand) : a) Ce 'qui a une quantité. Kant appelle quantum le temps et l'espace [Critique de la Raison pure : Dialectique transcendantale, Livre II, Ch. ii, Sect. II : P^ Antinomie. — b) L'énergie est considérée par certains physiciens comme variant d'une façon discontinue dans les phénomènes. Ils appellent quanta les unités de cette variation. Cf. H. PoiNCARÉ, L'hypothèse des Quanta, dans Revue Scientifique, 1912, p. 225-232.
Quantification (ce mot a été formé, à l'image de Qualification dérivée de qualifier, de quantifier, de quantus, combien grand, «t facere, faire) : Quantificati'Mi du prédicat (Hamilton et Morgan), 551-553.
Quantitatif (du latin scolastique Quantitativus, de Quantitas, quantité, de quantus, combien grand, de quam. combien) : ce qui se rapporte à la quantité, par opposition à Qualitatif.
Quantité [Quantitas, de quantum, combien grand, de quam, combien) : ce qui est divisible en éléments, dont chacun puisse exister séparément, II, 481. — Catégorie, qui répond à la question quantum, Ttoc-ov. : a) Aristote, 296 : 516 ; II, 481-482. — b) Kant, 296 ; II, 432. — Quantité ou Extension : a) des jugements, 272 ; b) des termes, 519 ; c) des propositions, 530. — La quantité mathématique : discrète ou discontinue, continue, 625. — Sciences de la quantité, 625-626. — La quantité est-elle infinie ? II, 482. — Quantité et qu;dité, II, 483.
Quasi-contrat : L. Bourgeois a appliqué ce concept juridique à la notion du lien social ou solidarité, II, 74 et n. 2.
Quatrefages (Armand de) : athéisme : il n'existe qu'à l'état erratique, 97, 1 ; II, 564, 3, 4. — Antitransforiniste, II, 622.
Quesnay (François) : chef des Économistes physiocrates, II, 353.
Question [Quaestio, recherclie, question, torture, de quaesitum, supin de quacrcn-, rlicrcher, s'enquérir)': mettre la nature à la question (Bacon), 660, 5.
Question sociale (La) : Causes, II, 365. — Nature, II, 368. — Solutions : a] socialiste, II, 199-204 ; b) libérale, II, 369-370 ; c) catholique : Deux groupes : École d'Angers, École de Liège, II, 370-374. — Cf. M. Eblé, La Question fforiolf fiii/'iurdlnii. Paris, 1923.
TABLE ANALYTIQUE : Qucstionnaircs (Méthode des) — Rabier (Élie) 919
Questionnaires (Méthode des) : c'est l'enquête indirecte sur un point de philosophie. Une liste de ([uestions est adressée à un grand nombre de personnes, et leurs réponses sont dépouillées et classées.
Quiddité (du latin scolastique Quidditas, de quid, qu'est-ce ?) : c'est l'essence en tant qu'exprimée par la définition : elle répond à cette question : Quid ? Qu'est-ce ? 521. — Ce terme technique a été créé par les Scolastiques pour traduire la formule par laquelle Aristote posait la question relative à l'essence : Ti -^v elvyt ; exemple : l'être de l'homme se dit "o ih'xi àvOpwTrto. J^a question : qu'est-ce que c'est que d'être homme ? se traduit rt ii-zi -o rivat àvOj^torrto ; mais Aristote met le verbe à l'imparfait, tî t^j cTvai àvOpwTrw, pour signifier qu'il s'agit, non de ce qu'est l'homme accidentellement, mais de ce qu'il est essentiellement, donc de ce qxC'û était déjà en puissance avant d'être en acte. L'article tô, placé devant ti /jv sIv^î, indique ce qui répond à la question, donc l'essence ; ici, ce qui fait qu'un homme est homme.
Quiétisme (du mot archaïque Quiet, de quietus, tranquille, inactif, de quietum, supin de quiescere, se reposer, de quies, repos) : erreur qui fait consister la perfection dans la contemplation passive et le complet désintéressement du salut personnel. Elle fut professée par le théologien espagnol Moliinos et condamnée par Innocent XI en 1687. Cf. P. Dudon, Le quiétiste espagnol, Michel Molinos (1628-1696), Paris, 1921.— Modifiée et adoucie par M^ Guyon, cette doctrine fut adoptée par Fénelon et combattue par Bossu et. Ce quiétisme mitigé fut censuré, le 12 mars 1699, par Innocent XII. Fénelon se soumit et se rétracta. Cf. G. Longhaye, Histoire de la Littérature française au xvii-^ siècle, T. III, L. VI, Ch. m, pp. 347-365, Paris, 1895.
Quintessence (Quinta essentia, cinquième essence) : l'ancienne physique ramenait à quatre éléments ou essences {eau, air, feu, terre) les corps sublunaires. Les corps célestes étaient constitués par une cinquième essence, qu'on supposait incorruptible. Par extension, ce mot désigne actuellement ce qu'il y a de plus subtil dans une conception, ou l'extrait le plus concentré d'un corps.
Quintillien (Makcus Fabius Quintilianus) : clarté du langage, 460.
Quodlibet, Quodlibétique (du latin scolastique Quodlibetum, quodlibeticus, de quod lihct, ce qui plaît) : dans l'enseignement de la Scolastique, on distinguait : a) les Quaestiones ordinariae, dont le programme nettement défini correspondait au cours annuel ; b) les Quaestiones générales de quolibet, où, à côté des matières théologiques, S(mt traités toute sorte de sujets : philosophie pure, droit canon, questions de circonstance, etc. Les résultats de ces disputes extraordinaires ou quodlibétiques, dont les sujets étaient librement proposés par les auditeurs, ont été parfois consignés dans des ouvrages appelés Quvdlibeta, Quaestiones quodlibeticae, quodlibetales , etc.
Quotité (de Quotus, en quel nombre, de quot, combien) : ensemble d'objets individuels. — Quotité disponible dans le testament, II, 198. — Quotité de l'impôt : sera-t-il proportionnel ou progressif ? II, 280-281.
Rabier (Élie) : dépendance des facultés, 42, 1. — Classification des incUnations, 102, 1. — IncUnations esthétiques, 103, 1 ; II, 379, 3. — Le plaisir et le bien, 115, 1. — L'activité intéressée tarit le plaisir, 126, 1. — Confusion entre l'espèce sensible et l'espèce intelligible, 171, 1. — Théorie de
920 TABLE ANALYTIQUE : RacB — Raisoii
l'hallucination vraie, 171-172. — Mécanisme de la localisation des sensations, 190, 2. — Confusion entre réalisme exagéré et réalisme mitigé, 255, 2. — Relativité des lois scientifiques, 294, 2 ; II, 642, 1. — Solution empiricorationaliste : origine des idées, 315, 1 ; 317, 3. — Origine de l'idée de parfait, 341, 1. — Liberté de perfection, 369, 1. — ' Loi de la conservation de l'énergie invérifiable pour les vivants, 388, 2. — Homogénéité des motifs, 397,, 1. — L'instinct philologique suppose une révélation naturelle, 445, 1. — Élaboration progressive du langage, 447, 2. — Confusion par Kant des lois psychologiques et des lois logiques de la pensée, 506, 2. — Identité foncière de la déduction et de la synthèse, de l'induction et de l'analyse, 622, 1. — Les postulats mathématiques sont synthétiques a priori, 634, 5. — Exemple de déduction géométrique, 637, 1. — Application des méthodes de St. Mill au cas des générations spontanées, 669, 3. — Aristote et la faculté de l'universel, 681, 2. — L'induction n'est pas un syllogisme déductif, 683, 1. — Équivoque du mot genre, 689, 1. — Marche de la science politique ramenée à un svllogisme, 716, 1. — L'activité esthétique ou de jeu, II, 379, 3.
Race (de l'italien Razza) : a) Groupe d'individus réunissant un ensemble de caractères héréditaires qui les distingue des individus formant des groupes analogues : vg. race grecque, race latine, race germanique. — b) Sens biologique : définition, II, 614, 1. — Division de l'espèce, 694-695.
Racine (du latin populaire Radicina, dérivé de radix, radicis) : racines primitives, 260 ; 445-446. — Rôle des racines dans les langues, 456.
Racine (Jean) : Andromaque, 230, 2 ; II, 401. — L'homme partagé entre le bien et le mal, 397.
Radical [Radicalis, de radix, racine) : a) Ce qui va jusqu'à la racine, vg. remède radical. — b) Ce qui change à fond les institutions établies, vg. réforme radicales.
Radicalisme philosophique : nom donné à l'ensemble des doctrines politiques, économiques et j)iiil(>sophiques, professées par un groupe de philosophes anglais : Bentham, James Mill, John Stuart Mill, -etc., II, 51, 2. ,
Raison [Rationem, calcul, compte, raisonnement, raison, de ratum, supin de rcor, être persuadé, penser) : ce mot a été pris en des sens très divers : a) F'aculté de raisonner : c'est la raison discursive que les Scolastiques opposent à intelligence, faculté intuitive, 278 ; 286. — b) Connaissance provenant de nos lumières naturelles : s'oppose à la Foi, ensemble de connaissances révélées. — c) Faculté « de bien juger « (Descartes, Discours de la Méthode, P^ P.). — d) « Connaissance des vérités nécessaires et éternelles >■ (Leibniz, Monadologie, § 29). — e) Vision du réel et de l'absolu sous l'action de la raison divine (Fénelon, Traité de Vexistence de Dieu, Part. I, Ch. iv. Art. II, § III ; Part. II, Cli. ii, 2'^ Preuve). — /) Kant définit la raison : la faculté qui nous fournit les principes de la connaissance a priori ; la raison pure est donc la faculté ([ui contient les principes permettant de connaître quelque chose absolument a priori {Critique de la Raison pure : Introduction, § VII). La raison est : a) théorique ou spéculative : celle qui regarde exclusivement la connaissance : elle est le fondement de la science ; b] pratique : celle (pu est considérée comme contenant le principe a priori de Vaction ou règle de la moralité. — Sa place dans les facultés, 135. — Raison et raisonnement, 278. — Raison intuitive, discursive ; théorique, pratique, esthétique, 278 ; 286. — Raison et expérience, 285. — Problème de la raison (origine des notions et vérités premières), 299-318. — Part de la raison dans la perception
j TABLE ANALYTIQUE : Raisoii csthétique — Rationalité 921
des vérités premières, 318. — Instinct, forme de la raison (Montaigne), 106.
— L'tiomme seul doué de raison, 494. — Part de la raison dans le problème de l'induction, 682. — Etre de raison, II, 461.
Raison esthétique : 230 ; 286.
Raison pratique : c'est la conscience morale, II, 15 ; 25. — Identité de la raison pratique et de la raison théoriciue, II, 25-26. — Critique de la raison pratique, par Kant, II, 434 ; 435.
Raison pure : critique de la raison pure par Kant, II, 430-434 ; 435-438.
Raison suffisante (Principe de) : ici raison n'est pas pris, comme ci-dessus, dans le sens de faculté, mais de principe d'explication, de motif de justification. — Formule et principes dérivés, 289. — Son rôle dans la pensée, 291.
— Son origine, 320 .
Raisonnable (de Raison) : signifie celui : a) qui est doué de raison ; — b) qui pense ou agit conformément à la raison. — Différence spécifique de l'homme, 253 ; 494. — S'oppose à Irraisonnable.
Raisonnement (de Raisonner, de raison) : opération par laquelle l'esprit tire un jugement d'un ou de plusieurs jugements, 278. — Raisonnement et raison, 278. — Point de vue psychologique : raisonnement : a) inductif, 280 ; b) déductif, 281 ; c) analogique, 283. — Point de vue logique : a) induction, 281 ; 664-670 ; b) déduction immédiate, 530 ; médiate, 282 ; 535 ; c) analogie, 705. — Sophisme : a) &'' induction, 799 ; b) de déduction, 800.
Ramière (PÈRE Henri) : appréciation de la Déclaration des droits de Vhomme, II, 296-299.
Rappel (substantif verbal de rappeler, de re et appeler, de appellare, de ad et du verbe archaïque pellare, adresser la parole) : rappel des idées, 200.
Rapport (substantif verbal de Rapporter ; de re et apporter, de apportare = ad-portare) : a) Lien qui unit deux ou plusieurs objets de pensée coexistant dans un même acte de l'esprit. — b) Lien par lequel une personne ou une chose est rattachée à une autre par un trait commun. — Rapports essentiels et accidentels, 216-217. — Rapports du signe et de la chose signifiée, 434-435.
— Rapports du physique et du moral : a) généraux, 466 ; b) spéciaux, 473. — Correspondance du physique et du moral, II, 540-541.
Rasoir d'Occam : on appelle ainsi cette maxime du nominaliste Occam : Entia non sunt niultiplicanda praeter necessitatem. Cf. S. Mill, Examen de la Philosophie de Hamilton, Ch. xxiv. Traduct. Cazelles, p. 513, au bas, Paris,
Rationalisme, Rationaliste [Rationalis, doué de raison, qui concerne le raisonnement, de ratio, rationis, raison) : a )Le Rationalisme est l'erreur de ceux qui repoussent toute révélation et s'en rapportent aux seules lumières de leur raison. — b] Ce mot s'oppose parfois à Empirisme, qui implique un recours exclusif à l'expérience, pour désigner la philosophie qui cherche dans la raison l'origirte des idées et vérités premières, 299 ; 308.
Rationalité (do Rationalis, qui concerne le raisonnement, de ratio, raison) : caractère de ce qui ei^t rationnel, conforme à la raison : vg. la rationalité des principes.
922 TABLE ANALYTIQUE : Rationnel — Recherche
Rationnel {Rationalis, de ratio, rationis, raison) : ce mot signifie : ce qui est fondé sur la raison ou ce qui fait partie de la raison. — Psychologie rationnelle, 4 ; 23 ; 594 ; II, 535. — Cosmologie rationnelle, 4 ; 594 ; II, 496.
— Théologie rationnelle, 4 ; 594 ; II, 554. — Culture rationnelle de la mémoire, 208 ; 209. — S'oppose à Irrationnel.
Ravaisson (Félix) : l'empiriste exclusif, 301, 1. — Corrélation des causes efficiente et finale, 334, 2. — Effets de l'habitude, 417-418. — Origine du langage, 447, 1. — Définition de l'essence, 523, 1. — Fondement de l'induction, 677,1. — Induction ramenée à déduction, 683. — Idéal esthétique, II, 90, 2.
Ravignan (Père Xavier de) : sa manière de traiter le doute, 809, 1.
Réaction (de Ré et action) : a) Action de l'organisme provoqué par une excitation. — b) Effort contre un état actuel pour rétablir un état plus ancien, antérieur. — Réaction égale à l'action, 48. — Vivre, c'est agir et réagir, 49.
— Réagir est une façon d'agir, 422.
Réaliser (de Réel, du latin scolastique realis, de res, chose) : ce mot signifie : a) Rendre réel ce qui n'est encore que possible : ainsi Dieu réalise un possible quand il le fait passer de la possibilité à l'existence, 380. — Par sa détermination la volonté fait que le possible choisi se réalise, 358. — b) Considérer comme une réalité ce qui n'est qii'une idée abstraite : c'est réaliser des abstractions, 248 ; 799. — c) Se prend actuellement dans le sens de se représenter fidèlement quelque chose : vg. réaliser une situation.
Réalisme (de Réel, dulatinscolastique realis) : a) Réalisme earagere de Platon, pour qui les Idées sont plus réelles que les êtres individuels et sensibles, 255.
— b) Réalisme modéré des Scolastiques : les universaux ont un fondement dans la réalité, 256. — c) Doctrine d'après laquelle l'être est indépendant de la connaissance actuelle qu'on en peut avoir. Esse n'est donc pas équivalent* de percipi, comme le soutient l'idéaliste Berkeley, 168-169; II, 497. — d) Doctrine d'après laquelle l'être est, en nature, autre chose que la pensée et ne peut être tiré de la pensée, comme le prétendent plus ou moins, vg. Kant, FicHTE, II, 498-499.
Réalisme métaphysique : son fondement, II, 455.
Réalité (de Réel, chi latin scolastique realis) : caractère de ce qui est réel. — Réalités sensibles et réalités intelligibles, invisibles, 6 ; 248, 2. — La réalité est une des catégories de Kant, 296 ; II, 432. — S'oppose à Possibilité.
RÉAUMUR (René-Antoine Ferchault de) : nature de l'instinct, 107, 2.
Récept (mot créé par analogie avec Concept, de receptum, supin de recipere, reprendre, recevoir ; de re, [préfixe], de nouveau ; capere, prendre) : ce mot signifie ce que l'intelligence reçoit : ce sont les données de la connaissance, 136 ; 345.
Réceptivité (de Réception, de receptio, de receptum, supin de recipere, recevoir) : signifie généralement passivité : possibilité de recevoir une nindification, 47 ; 67 ; 301. — Un état de 'réceptivité est celui où un être est plus susceptible de subir l'influence d'un agent extérieur. — S'oppose à Spontanéité.
Recherche (substantif verbal de Rechercher — re, de nouveau, et chercher,^ du latin populaire circare, aller autour, errer) : l'analj'se est une méthode de recherche, 616. — Recherche de la cause, 665.
TABLE ANALYTIQUE : Réciprocité — Réduplicatif 923
Réciprocité, Réciproque (du bas latin Reciprocitas, dérivé de reciprocus, qui va et vient) : la réciprocité est une condition de l'amitié, 89. — La définition doit être une proposition réciproque, 523. — Kant appelle Réciprocité (r= action et réaction) l'un des ternies de la catégorie de la Relation, 296 ;
Récitation [Recitatio, de recitatum, supin de recitare, lire à haute voix, réciter, do re, de nouveau, citare, pousser, de ciere, mettre en mouvement) : exercice de la mémoire, 207-208.
Récognition (Rc, de nouveau ; cognition, de cognitio, de cognitum, supin de cognosrere = cum-gnoseere, noscere, connaître. Cf. vt-vvcoT/oj, connaître) : la récognition est l'acte par lequel l'esprit reconnaît la nature d'un objet perçu. La reconnaissance du souvenir est l'acte par lequel l'esprit juge qu'un état actuel de conscience a été déjà éprouvé, 201. — ■ D'après Kant, la récognition est l'une des trois fonctions synthétiques de la pensée.
Récompense (substantif verbal de Récompenser, de re et compensare, comparer le poids de plusieurs objets, compenser, de pensare, peser avec soin, fréquentatif de pendere, peser, payer) : théo'rie de la récompense (Leibniz), 374. — Usage des récompenses dans l'éducation, 409. — Vertu et récompense, II, 78-79 ; 92-93. — Définition de la récompense, II, 120. — Nécessité et but des récompenses, II, 121-122.
Reconnaissance (de Reconnaître, de re-cognoscere, reconnaître, passer en revue) : sentiment de la reconnaissance (La Rochefoucauld,) 98. — Devoir des entants, II, 276. — Fonction de la mémoire, 196 ; 201. Voir Récognition.
Rectitude (Rertitudo, direction en ligne droite, droiture, de rectus, droit, de reriitni, supin de regere, diriger) : de la conscience, II, 33.
Récurrence (de Récurrent, de recurrens, participe présent de re-currere, courir en arrière, revenir en courant) : ce mot indique : a) L.e retour d'un organe ou d'une espèce à son type antérieur, II, 618. — b) La réaction d'un fait sur sa cause, de l'idée d'un fait sur ce fait. — c) Le raisonnement par récurrence est, d'après H. Poincaré, l'unique moyen de généraliser. Cf. La science et Vhypothrse, Ch. i"^'-, pp. 18-28, Paris, 1903.
Rédintégration {Ré, de nouveau; intégration, de intégrer, de integrare, rétablir eu l'état primitif, de integer, non entamé, de in, négatif ; tactiis, touché, participe passif de tangere, tactuni) : loi de rédintégration (HAmilton), 214.
Réduction, Réductible ( Reductio, de reductum, supin de re-ducere, retirer, ramener) : transformation d'un énoncé ou d'une donnée pour les amener à une forme plus utilisable ou plus claire. — Réduction des principes aux principes d'identité et de raison, 290-291. — Réduction des modes, 539. Analyse rationnelle, méthode de réduction, 610-6n. — Réduction à l'unité : a] de l'analyse rationnelle et expérimentale ; b) de la synthèse rationnelle et expérimentale, 614-615. — Réduction à l'absurde, 637-638. — Réduction de l'induction à la déduction, 677-678 ; 683. — Réduction des définitions, 525.
Réduplicatif (du latin scolastique Reduplicatimis, de reduplicatum, supin de reduplicare, re-doubler, de re, de nouveau, et duplicare, de duplex, duplicis, double, de duo, deux et plicare, plier) : un mot est pris dans le sens réduplicatii', quand on prend ce mot dans le sens qu'il exprime formellement ; vg. l'animal en tant qu'animal, c'est-à-dire en tant qu'être sensible dénué de raison. — La proposition réduplicative est celle qui inditjue la raison pour
924 TABLE ANALYTIQUE : Réel — RéforiTiiste (École)
laquelle l'attribut convient au sujet ; vg. l'iiomme, e/i tant qu'' intelligent, est libre. C'est pourquoi elle se ramène à la proposition causale : l'homme est libre, parce que intelligent. Elle diiïére de la proposition spécificative en ce que celle-ci indique seulement l'élément constitutif du sujet, d'après lequel l'attribut convient à ce sujet ; vg. l'homme, en tant qu'homme, parle ; en tant qu'animal, il dort. C'est d'après la nature spécifique de l'homme que ces divers attributs lui sont donnés.
Réel (du latin scolastique Bealis, de res, chose) : s'oppose : a) k fictif, illusoire, apparent : vg. une vertu réelle ; — b) k relatif, phénoménal : «... Le mouvement en lui-même, séparé de la force, est quelque chose de relatif... Mais la force est quelque chose de réel et d'absolu... « (Leibniz à Arnauld, 14 janvier 1688. Édition Janet, T. 1, p. 614); — c) à idéal, possible, c'est-à-dire aux choses telles qu'elles devraient ou pourraient être. Le réel signifie les choses telles qu'elles sont ; — d) k personnel : vg. Droit réel, c'est-à-dire concernant les choses : fus in re, II, 189 ; — e) à verbal, nominal : vg. Définition réelle, 521.
Référendum (de Referendus, ce qui doit être reporté : participe passif de re-ferre, refera, de re, de nouveau, fero, porter) : droit politique, dont jouissent les citoyens dans certains pays (vg. Suisse, États-Unis), de voter directement sur certaines questions d'intérêt général, II, 284.
Réfléchi (participe passé de Réfléchir, de re-flectere, revenir en arrière, réfléchir) : a) Ce qui se rapporte à la réflexion : vg. conscience réfléchie, 137. — 6) Ce qui résulte de la réflexion : vg. résolution réfléchie. — c) Qui a l'habitude de la réflexion : vg. esprit réfléchi.
Réfléchissant (de Réfléchir) : le jugement est dit réfléchissant, quand, l'individuel ou le particulier étant donné, on y découvre le général. S'oppose à Déterminant. Exemple : Platon est philosophe. Ce jugement sera réfléchissant, si, partant du sujet singulier Platon, j'y découvre la qualité de philosophe. Il sera déterminant, si, partant de l'idée générale de philosophe, je constate que je dois l'attribuer à Platon. Cf. Kant, Critique du jugement. Introduction, §IV.
Réflexe {Reflexus, participe passif de re-flectere, reflexum, de re, en arrière, flectere, courber, fléchir) : un mouvement réflexe est un mouvement dans lequel l'influx nerveux, après avoir pris la direction du filet centripète, est brusquement réfléchi par la cellule nerveuse dans la direction du filet centrifuge. L'acte réflexe exclut donc la réflexion psychologique et la délibération. L'instinct est une coordination de réflexes, 112.
Réflexif (de Reflexum, supin de re-flectere, revenir en arrière) : la méthode réfle.xive est la méthode psychologique, c'est-à-dire propre à la Psychologie, 719-722 ; 729. — On nomme Psychologie réflexive celle qui étudie les facultés intellectuelles et volitives, par opposition à la Psychologie affective, qui traite de la sensibilité, 495.
Réflexion l Reflcxio, de reflexum, supin de re-flectere, revenir en arrière, réfléciiirl : a) Retour de la pensée sur elle-même, 719. — b) Suspension du jugement, en vue de s'éclairer, avant de se prononcer dans un sens plutôt que dans un autre : vg. dans la délibération intellectuelle, 357-358. — Méthode psychologique, 719-722 ; 729. — Acte de la conscience réfléchie, 137. — Comparaison avec l'attention, 239.
Réformiste (École) : forme de socialisme, II. 202.
TABLE ANALYTIQUE : RéfutatioD — Reid (Thomas) 925
Réfutation (Refutatio, de refutatum, supin de re-futare, repousser, de re et de l'archaïque futare, renverser) : argument ou raisonnement tendant à prouver que telle doctrine est fausse ; vg. réfutation du matérialisme, II, 540.
Régalienne (École) : de Regalis, royal, de rex, roi) : le pouvoir de droit divin, II, 229.
Régime (de Regi.men, action de diriger, de regere, conduire) : ce mot signifie façon de régir, d'où : a) Façon d'administrer sa santé. Influencé de la volonté sur la nutrition au moyen du régime alimentaire, 364. — Influence du régime alimentaire sur le tempérament, 467. — 6j Façon d'administrer l'État, forme de gouvernement ; vg. l'Ancien régime, 11^ 350. — Divers régimes politiques, II, 226-227 ; 232-233.
Règle i Régula, de regere, diriger) : formule prescrivant ce qui doit être fait pour atteindre un but déterminé : vg. règle morale, logique, mathématique, esthétique, etc. — Règles du Syllogisme, 541. — ■ Règles de la conscience morale, II, 34. — La loi est une règle d'action, II, 37-38.
Réglementation (de Réglementer, de règlement, de régler, du bas latin regulare, de regere, diriger) : réglementation du travail par l'État, II, 265.
Règne [Regnum, royauté, royaume, de rex, roi, de regere, diriger) : a) Vaste ensemble d'êtres ou d'idées unis et dominés par un principe commun : vg. « le règne physique de la nature et le règne moral de la grâce » (Leibniz, Monadologie, § 87). « Royaume des fins » (Kant, Fondement de la Métaphysique des mœurs, Sect. II), II, 98 ; 101. — ■ b] Grandes divisions de la nature : règnes minéral, végétal, animal, 48-49.
Régnon (Père Théodore de) : qualifié par Mgr d'Hulst de «métaphysicien de premier ordre», 381, en note. — Illogisme des Bannésiens, II, 590, 1.
Regrès, Régressif, Régression {Regressus, Regressio, retour, de regressum. supin de re-gredior, de re. en arrière et gradior, marcher) : idée de recul, de retour en arrière. — a) En Biologie : retour à un type antérieur, ou retour d'un organe à un état plus ancien ou rudimentaire, II, 618. — h) En Psychologie : les souvenirs se perdent, en cas d'amnésie, dans l'ordre inverse de celui qui a présidé à leur acquisition, 211. — c) En Logique : quand l'esprit remonte des conséquences aux principes, des faits aux causes, du composé au simple : marche régressive de l'analyse, 610 ; 614-615. — d) En Sociologie : transformation qui ramène une société en arrière. — S'opposent à Progrès, Progressif, Progression.
Regret (substantif verbal de Regretter, qui se rattache au gothique grctan, se lamenter) : élément du repentir, II, 18.
Régularité, Régulier ( Regularis, de régula, équerre, règle, de regere, diriger) : a) Ce qui est conforme à une règle ou à une formule prescrite : vg. syllogisme régulier, 535. • — b) Ce qui est gouverné par une loi : vg. causes régulières, phénomènes réguliers. — Régularité et stabilité des lois physiques, 290 ; mais régularité et stabilité conditionnelles, 294 ; 385-386 ; 780 ; II, 38 ; 642-643.
Reid (Thomas) : distinction des facultés de l'âme, 39. — Nature de la conscience, 140. — Tiiéorie de la suggestion imédiate, 170, 1. — Définititm de la mémoire, 201. — Notion de cause, 326, 1. — Principe de finalité, 3-34-335.
— Liberté d'indifférence, 394, 2. — Motifs hélérugènes incomparables, 396,2.
— Production et intelligence des signes, 436, 1. — Origine du langage, 44'i, 3.
— Grossissement des sensations dans le rêve, 474, 1. — Fondement de l'induction, 67. — Fondement de la croyance au témoignage, 737, 1. — Critérium du sens commun, 814.
926 TABLE ANALYTIQUE : Rcjct — Réminisceiice
Rejet (substantif verbal de Rejeter, de rejectare, de re-iicere, rejeter, jeter en arrière) : rejet des antécédents non-causes, 666-667 ; 684.
Relatif iRelativus, ce qui se rapporte à, de relatum, supin de re-ferre, reporter) : a) Ce qui dépend de certaines conditions, 284. — b) Ce qui ne peut être affirmé sans restriction, en soi, mais en le comparant avec la moyenne des êtres de même espèce ; vg. cet homme est bon, c'est-à-dire a du bon, mais non pas : est le«bon, le bien, 340. • — S'oppose à Absolu.
Relation [Relatio, de relatum, supin de re-ferre, reporter) : a) C'est l'urje des catégories d'ARisTOTE, upoç ti :, accident en vertu duquel une chose a tel ou tel rapport à une autre, 296 ; 517 ; II, 484. — b) Pour Kant, c'est la catégorie qui comprend les rapports de substance à mode, de cause à effet, d'action et de réaction. 298 ; II, 432. — Division, II, 484-485. — Les propositions de . relation : vg. Pierre est fils de Paul, sont celles où l'on ne considère que le lien j qui unit les deux termes, sans considérer ces termes en eux-mêmes. — Fonctions 1 de relation, 84 ; 363-364.
Relativisme (de Relatif) : système de ceux qui prétendent que, toute connais- i
sance étant essentiellement relative, nous n'atteignons jamais les choses |
telles qu'elles sont. — Formes diverses : Phénoménistne, Criticisme, Néo- ^ Criticisme, Idéalisme métaphysique, Positivisme, II, 426.
Relativité de la connaissance : a) Relativité absolue : toute connaissance, même rationnelle, est relative : c'est l'opinion de Hume, Hamilton, Stuart ^IiLL, Spencer, Bain, II, 427-428. — b) Relativité relative : de la perception sensible, II, 429-430.
Relativité de l'espace et du temps : d'après Einstein, II, 506, 4.
Religieux (Religiosus, scrupuleux, consciencieux, religieux, de religio, du verbe archaïque re-ligere, avoir égard à, de légère, assembler, choisir) : sentiments religieux, 97-98. — - Le droit d'association et les Congrégations religieuses, II, 286-287. — Morale religieuse, II, 331. — Dans la langue ancienne Religiosus signifiait superstitieux et s'opposait à Religens, pieux. Aulu-Gelle [Noctium Atticarum L. IV, C. ix) cite cet ancien texte : Religentem esse oportet, religiosum, nefas. Plus tard Religiosus en vint à signifier religieux.
Religion [Religio, scrupule, ordonnance religieuse, ensemble des pratiques religieuses, religion ; de re-ligere, avoir égard à) : a) Ensemble des rapports qui unissent l'homme à Dieu : vg. la Religion naturelle, II, 33L — b) Institution sociale faisant profession des croyances qui résultent de ces rapports : vg. la Religion catholique, II, 334-336. — Vertu de religion, II, 130 ; 162.
Relisiosité (de Religiosus, religieux) : caractère distinctif de l'humanité, 97, I : II, 564, 3, 4.
Rémanent (Rcmanens, de re-manerc, rester en arrière, demeurer) : on nomme sensation rémanente celle qui persiste après que le contact prolongé d'un corps avec la peau a cessé ; elle est analogue aux images consécutives de la vue'.
Remède [Remedium, de re et mederi, soigner, guérir) : remèdes : a) aux passions déréglées, 119 ; b) à Verreur, 808 ; c) à Valcoolisme, II, 376.
Réminiscence [Reminiscentia, de veminiscor, se souvenir, du primitif meniscor, miniscor. Racine men, penser. Cf. Mens, intelligence) : a) Retour à l'esprit d'un souvenir non reconnu, 201. — b) Souvenir incomplet ou vague,.
TABLE ANALYTIQUE : Remoiitrance — Représentatif 927
Remontrance (de Be et montrer, de monstrare, pour monestrare, montrer, de monere, faire souvenir) : représentation qu'on fait à quelqu'un de son tort. — Droit de remontrances, II, 233.
Remords (pour Remors, ancien participe passé de remordre, employé substantivement, de re et de mordre, dé mordere, mordre) : sentiment douloureux qui a pour cause la conscience d'avoir mal agi moralement, II, 18 ; 123.
RÉMusAT (Comte Charles de) : critique de Fr. Bacon, 671, 1. — Ramène l'induction à la déduction, 683.
Renan (Ernest) : origine du langage, 444, 6 ; 445, 2. — Rejette a priori le miracle, 739, 3. — Science et vertu, II, 155, 2.
Renouvier (Charles) : définition de la passion, 113. — Nie le pouvoir direct de la volonté sur le cerveau, 359, 3. — Croyance à la liberté, 386, 2. — Liberté et conservation de l'énergie, 390, 2. — Descartes et la géométrie analytique, 626, 1. — Science et croyance, 790-791. — Critique de Kant, II, 435, 1. — ""Le Néo-Criticisme, II, 438. — Critique du Positivisme, II, 450, 1.
Rente (du latin populaire Rendita, pour reddita, participe passif de rendere, pour reddere, rendre) : rente foncière ; rente mobilière : fruit du prêt à intérêt, II, 356-357. — Conversion de la rente, II, 361.
Renversement (de Renverser, de re et de l'archaïque enverser, de envers, de inversas, retourné, participe passif de in-vertere, inversum) : renversement des propositions en mathématique, 611. — Renversement de l'expérience (Bacon), 662.
Réparation (Reparatio, de reparatum, supin de reparare, acquérir de nouveau, renouveler, de re, de nouveau, parure, disposer, mettre en état) : châtiment, réparation de l'ordre troublé, II, 122 ; 268-269. — Duel, moyen impropre à réparer l'honneur, II, 167. — Réparation du tort causé : a) à la propriété, II, 194 ; — è) à la réputation, II, 206-207.
Répartition (de Répartir, de ré et partir, du latin populaire partire, pour partiri, partager, de pars, part) : répartition des richesses, II, 356. — Répartition des subsides scolaires, II, 257-258.
Repentir (infinitif pris substantivement de Re et pentir, mot archaïque dérivé du latin populaire penitire, pour paenitere, qui signifie : être touché intérieurement, être pénétré, être mécontent, de paene, à fond) : ses éléments, II, 18.
Répétition (Repetitio, de repetitum, supin de re-petere, attaquer une'seconde fois, se diriger vers, de nouveau) : loi de la conservation et du rappel des idées, 198-199 ; 201. — Condition du développement : a) de la mémoire, 201- 208 ; b) des associations, 215 ; c) de Vhabilude, 417 ; 419.
Représentant (de Représenter, de re-praesentare, rendre présent, représenter, de praesens, de prae-sum, être en tête) : représentants du peuple, II, 233 ; 240-241 ; 295.
Représentatif (de Représenter, de re-praesentare, rendre présent, de praesens, de prae-sum, être en tête) : a) Ce qui tient lieu d'une personne ou d'une chose ;
— ce qui remplace une personne dans l'exercice d'un droit : vg. Gouvernement représentatif, II, 232-233. — b) Propre à représenter une classe : Représentative ?nen, (Emerson). — c) En Psychologie : caractère des faits intellectuels, 54.
— Élément représentatif de la serisation, 72-73. — Rapport des éléments affectif et représentatif (Hamilton), 73. — Idées représentatives (Locke). 168. Imagination représentative, 222.
928 TABLE ANALYTIQUE : Représentation — Résolution
Représentation {Repraesentatio, de re-praesentare, rendre présent, de praesens, de praesiiin, être en tête) : ce mot signifie : a) Acte qui rend un objet présent à l'esprit. On dit : représentation sensible, intellectuelle. Il vaudrait mieux dire Présentation . Voir ce mot. — b) Ce qui est présent à l'esprit à titre d'objet connu ; c'est le sens usité chez Descartes. — c) Sens social, politique : 1°) Droit de faire des représentations ou remontrances, II, 233. 2°) Représentation professionnelle, proportionnelle, II, 283-284. — d) Représentations graphiques des syllogismes, 557.
Représentationnisme (de Représentation) : systèmes divers sur la perception médiate du monde extérieur : 161 ; 166-169.
Répressif, Répression [Repressio, de repressum, supin de re-primere, faire reculer, réprimer, de premere, presser) : pouvoir répressif de l'État qui a le droit de punir les délinquants, II, 266 ; 267-269. — Pouvoir répressif de l'Église, II, 344-345.
Reproduction (dérivé de Reproduire, d'après production) : fonction de la mémoire, 196 ; 200-201. — Reproduction des associations, 218. — Imagination reproductrice, 222. — La reproduction stricte de la nature n'est ni réalisée, ni réalisable, ni désirable, II, 397-400.
République {Repuhlica, de res, chose et puMicus, public) : forme de gouvernement démocratique, II, 232 ; 240-242. — La Respublica christiana, II, 315-316.
Répugner {Re-pugnare, lutter contre, être contradictoire) : vg. le nombre infini répugne, 340 ; II, 557-558. — La coexistence de deux propriétés incompatibles répugne dans le même être, 520.
Répugnance (Repugnantia, désaccord, opposition, de repugnans, de re, contre, et pugnare, combattre à coups de poing, lutter, être contradictoire, de pugnus, poing) : répugnances de la sensibilité, 41-42 ; 357.
Réputation [Reputatio, de reputatum, supin de reputare, tenir compte de, de re, de nouveau et puiare, calculer) : opinion qu'on se fait généralement de quelqu'un. — Respect de la réputation et de l'honneur d'autrui, II, 206-207.
Résidu ( Hesiduum, ce qui reste, de re-sidere, rester assis, rester, de sedere, être assis, siéger) : image, résidu de la sensation, 204 ; 222. — Méthode des résidus, 669-670. — Notions mathématiques : résidus de l'expérience (Stuart Mill), 628.
Résistance (de Résister, de re-sistere, s'arrêter, résister, de sistere, faire tenir, placer, retenir, de stare, se tenir debout) : a) Qualité de la matière sensible qui la rend perceptible au toucher et à l'elTort musculaire, 179. — Qualité primaire de la matière (Maine de Biran), 178. — b) Résistance passive aux lois injustes, II, 275. — Résistance active aux lois injustes, II, 288-289. — Résistance à la tyrannie, II, 289-291.
Résolution [Resolutio, action de délier, décomposition, de resolutum, supin de re-solvere, délier, désagréger, décomposer. D'où action de dénouer, de dégager un parti entre plusieurs partis à prendre, un résultat entre plusieurs possibles) : a) Détermination de la volonté, 358. — b) Opération ou méthode par laquelle on décompose un tout en ses parties ou une proposition complexe en propositi<ms plus simples dont elle est la conséquence ; vg. l'analyse est une méthode résolutive ou de décomposition, 609 ; 612-613. — c) Résolution des problèmes, 612.
TABLE ANALYTIQUE : Respect — RestHction 929
Respect [Respectus, action de regarder derrière soi, égard, de respectum, supin de respicere, de re, en arrière, et de l'archaïque specere, regarder) :
a) La découverte ou perception de la valeur morale d'un idéal, d'une règle, d'une personne suscite en nous ce sentiment particulier qu'on nomme le respect, II, 17 ; 97. — b) Le sentiment de respect nous porte à nous abstenir de porter atteinte à l'idéal, à la règle ou à la personne respectée. — Justice, respect du droit, II, 130 ; 161. — Respect de soi-même dans son corps et son âme, II, 156-159. — Respect des autres : dans leur vie, II, 166 ; — dans leur âme, II, 168 ; — dans leurs biens : a) matériels, II, 188 ; b) spirituels, II, 206. — Respect de Dieu, 98 ; II, 332. — Devoir des enfants, II, 216. — Devoir des serviteurs, II, 217. — Respect de la personne humaine : fondement du droit et du devoir (Kant), II, 98 ; 101 ; 154-155. — Devoir des gouvernants : respecter la Constitution, les droits des individus et des familles, II, 265. — Respect des droits des autres nations, II, 313. — c) Respect humain : considération de l'opinion des autres inspirée par la crainte d'encourir leur blâme ou leur vengeance : c'est un mensonge en action, II, 158. — Alorale de Smith fondée sur le respect humain, II, 83-84.
Responsabilité (de Responsable, de responsum, supin de re-spondcre, promettre en retour, répondre, de spondere, s'engager) : caractère des personnes qui doivent répondre de leurs actes. — Responsabilité dans la passion, 120. ■ — C'est une conséquence de la personnalité, 363 ; 366. — Naturede la responsabilité morale, II, 114. — • Conditions et variations, 114-116. — Responsabilité dans les actions d'autrui, 116. — Responsabilité : morale, légale ou sociale, 117-118. — ■ Conséquences de la responsabilité : mérite ou démérite, 118.
Ressemblance (de Rc et sembler, de similare, être semblable, de similis, semblable. Cf. o;j.aÂ,ôç, uni, égal) : la ressemblance relative est une identité partielle : deux objets de pensée sont dits semblables quand ils ont entre eux quelque élément ou rapport commun ; la ressemblance absolue est l'identité complète, 705. — Fondement de la sympathie, 87. — Loi de ressemblance (association), 213-214. — Fondement de l'idée générale, 250. — L'analogie suppose une ressemblance relative, 705 ; 708 ; 709-710.
Restauration {Restauratio, de restauratum, supin de restaurare, rétablir, de re, de nouveau, et de l'archaïque staurare, fixer) : restauration d'un souverain dépossédé : conditions de sa légitimité, II, 230-231.
Reste (substantif verbal de Rester, de re-stare, s'arrêter, rester) : méthode des restes, 669-670.
Restitution (Restitutio, de restitutum, supin de restituere, replacer, rétablir, rendre, de re, de nouveau et de statuere, faire tenir debout, placer, de statum, supin de sistere, placer, ériger) : restitution des biens : a) matériels, II, 194 ;
b) spirituels, II, 206-207.
Restriction (Restrictio, de restrictum, supin de re-stringere, serrer fortement, restreindre) : elle consiste à déterminer mentalement le sens qu'on attache aux mots. — Espèces, II, 170. — Usage, II, 170-171 ; 175. — Pascal, dans la 9^ Provinciale, a présenté sous un faux jour la doctrine des restrictions mentales en ne tenant pas compte des distinctions nécessaires. D'ailleurs, elle n'était pas particulière aux Jésuites, comme il le dit, mais « elle était commune dans les Écoles deux siècles avant eux. » (Cf. abbé Ul. Maynard, Les Provinciales et leur réfutation,- Paris, 1851, T. I, p. 420, n. 1).
930 TABLE ANALYTIQUE : Résultat — Révcrsible
Résultat (du latin scolastique resultatum, de resultare, rebondir, rejaillir, de re-silire, sauter en arrière, de salire, sauter) : résultats de l'activité intellectuelle, o46.
Résurrection (Resurrectio, de resurrectum, supin de re-surgere, se relever, ressusciter) : résurrection des corps, II, 552.
Réticence [Reticentia, long silence, de re-ticens, participe présent de reticere — tacere, se taire) : cas où elle est légitime, II, 170-171.
Retour (substantif verbal de Retourner) : a) Doctrine stoïcienne du retour éternel : après plusieurs milliers d'années, toutes les choses recommencent, semblables à ce qu'elles ont été auparavant, îl, 602. — b) Système des « retours historiques « de Vico, 748-749.
Rétractation (Retractatio, de retractatum, supin de re-tractare, toucher de nouveau, retoucher, rétracter, de tractare, traîner, manier, traiter, de trahere, trac-tum, tirer) : obligation de rétracter la calomnie, II, 206-207.
Retraite (substantif participe de Retraire, de re, en arrière, et traire, du latin populaire tragere, pour trahere, tirer! : caisses de retraite pour la vieillesse, II, 265.
Rétroactif, Rétroactivité (de Retroactum, supin de retro-agere, ramener en arrière^: c'est un principe juridique que les lois ne doivent pas avoir d'elîets rétroactifs. 11 est, en effet, de la nature de la loi de n'être obligatoire que lors-' qu'elle est promulguée. Car avant de contracter une obligation, qui fait encourir une responsabilité, il faut en connaître l'existence, II, 40 ; 115. Or la rétroactivité imposerait une obHgation qu'on n'a pu connaître, puisqu'elle n'existait pas à l'époque, où le législateur la fait remonter arbitrairement.
Rétrogradation. Rétrograde { Rétro gradatio. Rétrogradas, de retro-grado, rétro- gradior, reculer, de rétro, en arrière et gradus, marche) : même sens que régressif, régression, entendus péjorativement. — Voir Régressif, Régression.
Rétrospectif (de Retrospectum, supin de retro-spicere, regarder en arrière, de l'archaïque spectre, regarder) : a) Action de remonter du présent au passé. — b) Étude qui consiste à revenir au passé pour expliquer le présent ou pour éclairer le passé à la lumière du présent. — c) Ce dont l'objet est passé : vg. inclinations et passions rétrospectives, 102.
Rêve, Rêverie (de Rh>er, pour resver, d'origine inconnue) : rêve et rêverie, 225-226 ; 475. — Sommeil et rêve, 473. — Causes du rêve, 475. — Rêve et réalité : leur distinction, 476. — Dangers de la rêverie, 475.
Revenu (substantif participe de Revenir, de re, de nouveau, et venire, venir) : revenus du capital et revenus du travail, II, 280. — Impôt sur le revenu, II, 279. — Mode d'estimation du revenu, II, 280. '
Révérenciel (de Révérence, de reverentia, respect, de re-vereri, éprouver une crjiinte religieuse, de vereri, craindre) : la crainte révérencielle est le sentiment de crainte respectueuse inspiré par la supériorité de la personne à qui il se rapporte : vg. crainte des parents, crainte de Dieu, 98 ; II, 17.
Réversible. Réversibilité (de Reversum, supin de re-vertere, revenir, retourner) : a) Ce qui est suscei)tible d'être appliqué à une autre personne que le possesseur actuel : vg. Mérites réversibles. — b) Ce qui peut être renversé : vg. en Logistique : les relations symétriques ; — en Physique : transformations fiui peuvent se faire dans tel sens ou dans le sens- inverse, « le corps ou le
TABLE ANALYTIQUE : Revivisccnce — Romantisme 931
système repassant exactement par les mêmes états que dans la transforniation directe, par suite d'une modification infiniment petite des propriétés du milieu extérieur . » (H. Pellat, Thermodijnamique, Ch. ii, S 5, p. 116, Paris, 1897.)
Reviviscence (de Reviviscere, revenir à la vie, de re, de nouveau, vivescere, commencer à vivre, de vivere, vivre) : résurrection ou réapparition des phénomènes psychiques. — Fonction de la mémoire, 196 ; 200-201.
Révocabilité, Révocable {Revocabilis, de re-vocare, rappeler, ramener, réduire, retirer, de çox, voix, parole) : les gouvernants sont toujours révocables au gré du peuple (Rousseau), II, 220 ; 287-288.
Révolte (substantif verbal de Révolter, de l'italien rivoltare) : droit de se révolter, «onséquence de la souveraineté absolue du peuple, II, 220 ; 299-300 ;
Révolution, Révolutionnaire {Revolutio, de revolutum, supin de re-volvere, rouler en arrière) : théorie révolutionnaire de la résistance, II, 220 ; 287-288.
— L'Église et la Révolution, II, 348. — Principes de la Révolution, II, 348-350.
— Faux dogmes de la Révolution, II, 299-300 ; 349-350.
RiBOT (Théodule) : notion du moi, 153. — On ne peut expérimenter sur l'esprit, 726, 1.
RicARDO (David) : économiste anglais, II, 353 ; 356, 2.
Richesse (de Riche, du francisque richi = puissant, en allemand moderne reich) : tout ce qui peut servir à la satisfaction des besoins de l'homme, II, 352.
— Production, Circulation, Répartition et Consommation de la richesse, II, 353-361. — Devoirs des riches, U, 193 ; 263-264.
Ridicule {Ridiculus, plaisant, ridicule, de ridere, rire) : le ridicule et le laid, II, 390. — Le ridicule et le risible, II, 392.
Rien (de Rem, chose) : sens de cet axiome : Ex nihilo nihil fieri, II, 634-635.
Rigorisme [Rigor, rigidité, dureté, de rigere, être rigide, dur) : rigueur excessive dans l'application des lois morales, II, 35.
Rire (du verbe Rire, de ridere) : le rire, le ridicule et le risible, II, 392.
Risibilité (de Risibilis, risible, de ridere) : c'est le propre de l'homme, 523.
Risible ( Risibilis, dont on rit, de ridere), II, 392.
Risque (de l'italien Risco) : risques {sortes) dans les expériences, 662. — Risques du prêteur, II, 357.
Rivalité [Rivalitas, de rivalis, riverain, de rivus, ruisseau; de l'idée de compétition entre riverains, « id est qui per eumdem rivum aquam ducunt », (Ulpien), on est passé à l'idée cje rival, rivalité) : rivalité des passions, 114.
Roi, Royal [Rex, regalis, de regere, diriger) : bon plaisir royal, II, 40. — Le pouvoir royal, II, 233-235.
Romane {Rnmanus, de Rome, de Roma) : langues romanes, '456 ; 458.
Romantisme (de Romantique, de roman, du latin populaire romanice, à la façon des Romains) : a) Romantisme littéraire : qui rejette la hiérarchie des facultés et la valeur des règles, II, 402-403. — b) Romantisme philosophique : doctrine de certains philosophes allemands (Fichte, Schelling, Novalis,
932 TABLE ANALYTIQUE : RoFarius — Sacîé
de la nature et de l'esprit une importance prépondérante.
RoRARius (traduction latine de Rorario, Girolamo) : nature de l'instinct, 106-107.
RoscELiN : nominaliste, 254.
RosMiNi (Antonio Serbati) : ontologiste, 312 ; II, 555.
Rousseau (Jean-Jacques) : défiance de l'émulation, 95. — Erreur pédagogique, 408. — Système des « réactions naturelles » en éducation, 409. — La conscience morale, II, 18, 2. — Morale fondée sur le sentiment, II, 49-50.
— La culture des sciences est corruptrice, II, 158-159. — Contrat social et souveraineté du peuple, II, 220-221. — Origine du pouvoir, II, 228-229. —
— Les re|)résentants du peuple sont ses « commissionnaires », II, 287-288. — Déification pratique de l'humanité, II, 348. — Possibilité du miracle, II, 641, 1.
Routine (de Boute, de rupta, participe passif de rumpere, rompre, pris substantivement) : habitude prise de suivre toujours la même route, de faire toujours une chose de la même manière. — Effet : a) de la mnémotechnie, 209 ; b) de l'habitude, 424. — L'automatisme et la réflexion unies s'opposent à la routine, 429.
Royauté (du latin populaire Regalitatem, de regalis, royal, de rex, régis, roi, de regere, diriger) : forme de gouvernement, 232 ; 233-235.
Royer-Collard (Pierre-Paul) : théorie de la suggestion immédiate, 170-171. — Principe de l'induction, 676, 6. — On ne fait pas au scepticisme sa part, 774, 2.
Rudimentaire (de Rudiment, de rudimentum, apprentissage, de rudis, brut, grossier, novice) : organes rudimentaires, 7.02-703.
Rumeur [Rumorem, bruit sourd): rumeur d'une grande ville ; exemples de petites perceptions, 142-143.
Rythme {Rhythmus, ç,vf)tj.rj^, mouvement réglé de pÉw. couler ) : caractère d'un mouvement périodique en tant qu'il comporte des temps forts et des temps faibles. — Mouvement rythmé de la danse, de la musique et de la poésie, II, 409. — Rythme des passions', 121.
Rythmique {Rhythmicus, pOfy-ixcl;, de Rhythmus, pjOaô;, mouvement réglé, de ôéo> couler) : qualité d'une langue bien faite, 461.
S : dans la réduction des modes S indique la conversion simple, 539.
Sacré (adjectif participe de Sacrer, de sacrare, consacrer, de sacrr, voué à un dieu) : a) Ce qui est séparé, réservé, objet d'un respect religieux : Vg. objets consacrés au culte. — b) Digne d'un respect religieux : vg. le malheureux. Res sacra miser ; l'homme : Homo res sacra homini, II, 94.
TABLE ANALYTIQUE : Sacriflce — Sanguin 933
Sacrifice (Sacrificium, de Sacrificare, sacrifier, de sacrum, chose sainte ; facere, faire) : a) Idée de destruction : immolation d'une victime. — b) Idée d'abandon, de renoncement volontaire : sacrifice de la vie, 28 ; II, 157. — La charité héroïque exige de grands sacrifices, 94 ; II, 163.
Sagace, Sagacité {Sagax, Sagacitas, qui a les sens subtils, finesse des sens) : qualité de l'observateur, 650.
Sage (de Sapere, avoir de la saveur, du goût, du sens, de la raison) : a) Celui qui sait ce qui est, ce qu'il faut faire : vg. les Sept Sages de la Grèce. — b) Celui qui réalise un idéal moral ; vg. idéal du sage : 1°) épicurien, II, 50-51. ; 2°) stoïcien, 118 ; II, 94; 95.
Sagesse (de Sage) : a) Dans l'antiquité grecque, la sagesse signifiait science, et ce fut le premier nom de la Philosophie, 584. — b] Plus tard, on l'entendit de la vertu : vertu morale qui dispose l'intelligence à discerner ce qu'on doit faire et éviter dans la conduite de la vie, II, 130 ; 158-159.
Sain {Sanus) : la perception requiert des organes sains, 189. — Mens sana in corpore sano, 411 ; 470 ; II, 156.
Saint, Sainteté {Sanctus, Sanctitas, sacré, saint, caractère sacré, sainteté, de sanctum, supin de sandre, rendre inviolable) : a) Ce qui mérite un respect inviolable : vg. sainteté du serment. — b) Celui qui possède la perfection morale : sainteté de Dieu, 97 ; II, 568-569 ; 596 ; 599.
Saint-Siège : participation du Saint-Siège à l'œuvre de la Société des Nations, II, 321-322.
Saint-Simon (Claude-Henri de Rouvroy, Comte de) : valeur des passions, 118. — Socialisme, II, 202, 2.
Saint-Venant (Adhémar Barré de) : liberté et conservation de la force, 390 et note 2.
Saisset (Emile) : impressions sensorielles, 167, 4. — Fatalisme de Spinoza, 377, 2 ; 378, 2. — Intuition de Dieu, II, 555. — Définition du Panthéisme, II, 602, 1. — Panthéisme des Stoïciens, II, 602, 2.
Salaire [Salarium, de sal; primitivement c'était l'indemnité payée au soldat pour son sel) : définition, II, 120. — Juste salaire, II, 358. — Salaire familial, II, 359.
Salut (Salus, salutis, santé, bien-être, prospérité, de so/f «s, être entier, sain et sauf) : signifie, dans le langage chrétien, bonheur éternel : Salus, apud Theologos, est félicitas hominum aeterna (Leibniz, Opuscules et Fragments inédits, publiés par L. Couturat, p. 508, Paris, 1903).
Sanction [Sanctio, de sanctum, supin de sandre, établir par un acte religieux, établir par une loi, régler, sanctionner) : a) Acte d'établir une loi ; peine établie par une loi pour réprimer les infractions aux pre.scriptions légales. — b] Puis, peine ou récompense jointes à un ordre pour en assurer l'observation, II, 119. — Fondement et nécessité de la sanction, II, 120 ; 268. — But, II, 121. — Insuffisance des sanctions de la vie présente, II, 123. — Nécessité d'une sanction dans une vie future, II, 124. — c) Par extension, toute peine ou avantage qui résulte, soit du cours naturel des choses, soit de la façon d'agir ; vg. nombre de maladies résultent d'habitudes déréglées, 470.
Sanguin {Sanguineus, de sanguis, sang) : tempérament sanguin, 391. —
Caractère. 404.
934 TABLE ANALYTIQUE : Saoté — Schènie
Santé (Sanitas, de sanus, sain) : bon état de l'organisme. — Devoir de la conserver, II, 156.
Satisfaction (Satisfactio, de satisfactum, supin de satis-facere, faire assez, satisfaire, s'acquitter) :fl)Satisfactionmorale:lo)5e?i«imen«, II, 17-18 ; 2°) pZaisir, ' fondement de la Morale, II, 49-50. — b) Réparation d'un tort, II, 194 ; 206- 1 207. — c) Objet de la richesse : satisfaction des besoins de l'homme, II, 352.
Sauvagerie (de Sauvage, de silvaticus, qui concerne les bois, de siVra forêt) : est-ce l'état primitif ? II, 222. i
Savoir (de Sapere, avoir de la saveur, avoir du sens) : a) Ce que l'on 1 sait : la philosophie est le «savoir complètement unifié» (Spencer), 597, 2. — b) Savoir s'emploie comme synonyme de Science. Voir ce mot.
Say (Jean-Baptiste) : économiste, II, 353.
Sayce (Archibald-Henry) : attaque la théorie de l'évolution linguis- « tique de M. Muller, 456, 4. |
Scandale [Scandalum, de (jxàvôaXov, piège placé sur le chemin. Racine 1 Txao, tomber. Cf. cadere, tomber) : mauvaise action qui induit au mal : il doit ! être évité, et, s'il a été commis, réparé, II, 168.
Scepticisme (du latin scolastique Scepticismus, de scepticus, GXz.TZTiy.6, qui examine, de cy.ÉTrxoaat, examiner. Racine txî-ji, voir) : a) Doctrine d'après '.i laquelle la certitude de la vérité spéculative est plus ou moins inaccessible à ' l'esprit humain. — Scepticisme: 1°) absolu, II, 421; 2°) relatif, II, 425; c) moral, II, 27-30. — b) Tournure d'esprit qui porte à nier.
Sceptique (Scepticus, cxsTrTtxo;, qui examine, de c-xÉTTToaai, examiner. ! Racine txîtt, voir) : celui qui professe le scepticisme (au sens a), ou est porté j au scepticisme (au sens b). — Principaux Sceptiques, II, 421-422. i
Schaaf (Heinrich): comment Dieu connaît les futurs conditionnels, II, 592, - 3 ; 593, 1.
ScHELLiNG (Friedrich-Wilhelm-Joseph) : panthéisme, II, 604.
Schématisme (de Schème) : d'après Kant, les catégories de l'entendement sont des fonctions unificatrices de l'esprit, qui par elles-mêmes ne sont pas applicables aux données de l'expérience. D'autre part, les données de l'expérience ou impressions empiriques participent à l'étendue et à la durée au j moyen des intuitions pures ou formes a priori de la sensibilité, Vespace et le j temps, II, 431. Pour que les impressions sensibles, ainsi élaborées, apparaissent à la conscience comme phénomène, c'est-à-dire comme objet, il faut que les catégories de l'entendement leur soient appliquées. Le but du Schématisme ' transcendantal est précisément de montrer comment s'opère cette application. ' Voir Schème, 4°. — Le mécanisme de cette application est si arbitraire et si 1 compliqué qu'il est abandonné même par les partisans du Kantisme. Cf. ^ A. Valensin, La théorie de V expérience d'après Kant, dans Revue de Philo- ; Sophie, juillet 1908, pp. 44-57. . •
Schème, Schéma ( Schéma, <jy.r,ij.u. manière d'être, figure, esquisse. Cf. axêtv, ; infinitif de l'aoriste 2 £T/ov, de £/.£tv, avoir) : 1°) Tracé figurant, par les proportions et relations de certaines lignes, les lois de variation de certains ordres de phénomènes en physique, en mécanique, en statistique. — 2°) Figure simplKiée d'un objet réduit aux traits essentiels : vg. tracé figurant la disposition d'un organe. — 3°) En Philosophie : a) C'est la forme sous laquelle on se représente un concept, 262 ; 452. — b) On entend aussi par schème une sorte d'image vague, peu déterminée ; vg. on se représente le cheval, le chien, le
TABLE ANALYTIQUE : Schiffiiii (Pèfe) — Scientismc 935
■ lion, etc., sous le schème de quadrupède. C'est alors l'image composite, 249. — 4°) Chez Kant, un schème est une forme a priori fournie par l'imagination, qui sert à appliquer les concepts purs de l'entendement aux intuitions empiriques de la sensibilité ; vg. la succession est le schème de la causalité, parce que nous attribuons à la cause une antériorité logique sur l'e^et. Kant a déterminé les schèmes transcendantaux qui correspondent à chaque catégorie. Cf. G. Sortais, Origine et valeur de la connaissance théorique d'après Kant, dans Etudes philosophiques et sociales, Paris, 1907, pp. 149-244.
ScHiFFiNi (Père Santo) : argument ontologique, II, 570, 3.
. Schiller (F.-G.-S.) : pragmatisme, 822-824.
Schopenhauer (Arthur) : nature du plaisir et de la douleur, 57-58. — L'inconscient, 142, 2. — Idées latentes, 199. — Rôle de la volonté, 365, 1. — Caractère empirique et caractère intelligible, 405, 3. — Pessimisme absolu, II, 648, 1 ; 650.
Science (Scientia, de sciens, participe présent de scire, savoir) : a) C'est un synonyme de savoir. — h) Subjectivement : sens péripatéticien et scolastique : connaissance des choses par leurs causes, 580 ; — c) Objectivement : ensemble de démonstrations enchaînées, 237 ; ou de vérités générales démontrées, 580. — Nature de la science, 577. — Caractères et conditions, 578. — Avantages, 580. — Fin, 581. — Connaissance du général, 581-582 ; 58.2. — Marche générale de la science, 623.
Science moyenne : c'est la science des futurs conditionnels. — Pourquoi elle est dite moyenne, II, 583. — Preuve de son existence, II, 585 ; 591-592.
Science positive : celle qui s'occupe seulement des. faits et des lois, lesquelles ne sont que des faits généralisés. C'est la prétention des Positivistes, II, 446.
Sciences cosmologiques : 1 ; 588.
Sciences historiques : 3 ; 734.
Sciences mathématiques : 1-2 ; 592-593 ; 625.
Sciences métaphysiques : 4 ; 5 ; 594 ; 760 ; II, 456-457.
Sciences morales : 593 ; 714 ; 717 ; 718 ; 757.
Sciences naturelles ou biologiques : 2 ; 593 ; 645 ; 687
Sciences noologiques : 2 ; 588.
Sciences normatives : 504.
Sciences philologiques : 2; 455; 718.
Sciences physiques : 2 ; 593 ; 645 ; 717.
Sciences psychologiques : 3-4 ; 4-5 ; 593 ; 719.
Sciences sociales et politiques : 3 ; 593-594 ; 752-757.
Scientifique (de Science) : esprit scientifique, 6.
Scientisme (de Science) : nom donné à la doctrine, quelque temps florissante, qui prétendait tout expliquer par le mécanisme et satisfaire par la science tous les besoins intellectuels et moraux de l'homme. Renan. Marcelin Berthelot furent les pontifes de ce qu'on a nommé la « Nouvelle Idole ». Brunetière dénonça la faillite de cette fausse science. Cf. La Science et la Religion, dans Questions actuelles.
936 TABLE ANALYTIQUE : Scolairc — Scolastique (Philosophie)
Scolaire {Scolaris,. Scholaris, de l'école, de scola, schola, loisir consacré à l'étude, lieu d'étude, école) : la question scolaire, II, 252-263.
Scolastique (La) (Scholasticus, scolasticus, <7/o/a(7T[x<îç, qui a du loisir, qui consacre son loisir à l'étude, relatif à l'étude, à l'école, de schola, scola, ayoJ-c, loisir, lieu d'étude, école) : indique la Philosophie de 1' « École », c'est-à-dire l'ensemble des doctrines professées dans les Écoles et Universités catholiques depuis le x^ siècle.
Scolastique (La Philosophie) : Philosophia scholastica, puis Scholastica tout court, signitie : la Philosophie de l'École, la Scolastique, I'École. Principales doctrines :
A) Psychologie : détermination des facultés de l'âme, 38-39. — Classification des faits psychologiques, 43-44. — Modes et degrés de l'activité, 47.
— Classification des passions, 122-123. — L'âme pense-t-elle toujours ? 155.
— Le sensorium commune, 158. — Théorie de l'assimilation, 162. — L'imagination ('iavTaTÎa ), 222-223. — Formation de l'idée générale, 250. — Division des idées générales : Transcendantaux, Uniçersaux, 252-253. — Réalisme modéré, 256-257. — Modes du jugement, 265. — Origine des idées. 316-317 ; 317-318 ; II, 454. — Notion de substance, 320. — Notion de cause, 323. — Origine de l'idée d'infini, 341-343. — La personnalité, 365, 3. — Liberté et préscience, 378. — Nécessité et liberté, 402. — ■ L'âme des bêtes, 492-493.
B) Logique : division des idées générales : 1°) Universaux ou Prédicables, 516 ; 2°) Catégories ou Prédicaments, 516-517. — Définition logique, 521. — Théorie des propositions, 529. — Théorie de la déduction, 531-556. — La science, 578 ; 579 ; 582-584. — Classification des connaissances, 587. — Fondement de l'induction, 680-682. — Méthode de la Métaphysique, 761. — La vérité, 768-771. — La certitude et l'évidence, 777. — Science et croyance, 791-793. — L'erreur, 794-797. — Classification des sophismes, 798. — Valeur de l'autorité, 813. — Critérium de l'évidence, 837. — Avantages et abus de la méthode syllogistique, 841-843.
C) Morale : éléments de la moralité, II, 30-31 ; 33. — Degrés et règles de la conscience morale, II, 33. — ■ Légitimité de la loi civile, II, 39-41. — Morale du bien rationnel, II, 101. — Critérium de la perfection relative des êtres, II, 106, 1. — Fondement de la distinction du bien et du mal, II, 106-107. — Fondement de l'obligation; II, 110. — Préceptes primaires et secondaires du droit naturel, II, 141. — Véracité et mensonge, II, 169-172. — Limites du droit de propriété, II, 193 ; 263-264. — Origine du pouvoir, II, 223-226 ; 229.
— Formes de gouvernement : a) Infériorité des formes à l'état pur, II, 233 ; b) Supériorité des formes à l'état mixte, II, 235. — Forme préférée parS. Thomas II, 236. — S. Thomas et le suffrage universel, II, 237. — Guerre : conditions de sa légitimité, II, 270. — Résistance passive aux lois injustes, II, 275. — Résistance active aux lois injustes, II, 288-289. — Résistance à la tyrannie, II, 289. — Le droit des gens, II, 311-312. — Rapports de l'Église et de l'État. II, 337. — La thèse et l'hypothèse, II, 340. — Pouvoir direct ou indirect ? II, 343.
D) Esthétique : effets et nature du beau, II, 379-380; 383, 3; 384, 1.
E) Métaphysique : la vérité illuminalrice, II, 453 ; 454-455. — Métaphysique générale ou Ontologie : a) L'être en général, II, 460. b) Propriétés transcendantviles de l'être, II, 470. c) Division de l'être ou Catégories, II, 479. d) Causes des êtres, II, 487. — L'espace et le temps, II, 503-504 ; 505-507. — La matière et la forme, II, 513. — L'Animisme, II, 527. — Le mouvement de la matière,
TABLE ANALYTIQUE : Scholic — Sccrétaii (Chaîles) 937
II, 560. — Critique de l'argument ontologique, II, 571. — Méthode pour déterminer les attributs moraux, de Dieu, II, 580. — Connaissance des futurs conditionnels, II, 584-590 ; 591-595. — La création, II, 633. — Le concours divin, II, 638. — L'optimisme relatif, II, 647 ; 650.
Scholie, Scolie (g/oXtov, explicatitm, commentaire, note, de i/oÀr,, loisir consacré à l'étude, école) : remarque sur un théorème pour en compléter ou limiter l'application; vg. Newton, 658,2. — Spinoza, procédant more geometrico, emploie fréquemment des scolics.
Scotisme (de Scot) : ensemble de doctrines propres à Duns Scot et à son École. Les Scotistes ont enseigné, contrairement aux Thomistes, que la matière des corps terrestres et des corps célestes est identique. Ils ont vivement combattu la prémotion ou prédéterniination physique. Le principe d'individuation est, selon eux, une entité surajoutée à l'essence des êtres, qu'ils nomment Eccéité (voir ce mot). Scot restreint la pluralité des formes aux êtres vivants ; beaucoup de ses disciples l'attribuent à tous les êtres de la nature. Il a imaginé, ou du moins ses disciples, une distinction formelle, qui a beaucoup nui au Scotisme. Cette distinction, en effet, n'étant de l'aveu même des Scotistes, ni réelle, ni de raison, est inconcevable, parce qu'il n'y a pas place pour une distinction intermédiaire. Cf. Palmieri, Institutiones philosophieae, T. I, Ontologia, Th. vu. p. 311-314.
Scrupule (de Scrupulus, petite pierre pointue, embarras, difficulté, subtilité, de scriipus, pierre pointue) : a) Appréciation de ce que l'on doit faire poussée jusqu'à une extrême délicatesse : conscience délicate. — b) Sens péjoratif : embarras de conscience qui rend incertain et empêche d'agir, comme une pierre gêne la marche : conscience timorée.
Sculpture [Sculptura, de seulptum, supin de sculpere, graver, tailler, sculpter) : sa place parmi les arts, II, 408 ; 409.
Secchi (Père Angelo^ : météorographe. 650. — Unité des forces physiques, 655, 2.
Second {Secundus, qui vient ensuite, de sequi, secutus sum, suivre) : qualités secondes de la matière, 178. — Causes secondes, 324. — Intentions secondes : voir Intention première, seconde.
Secondaire (Secundarius, de secundus, qui vient ensuite) : qui ne vient qu'au second rang pour l'importance. — Instincts secondaires, 110 ; 111. — Qualités secondaires de la matière, 178. — État psychologique secondaire, 204 ; 234.
— Préceptes secondaires du droit naturel, II, 141.
Secondo-primaire : Hamilton appelle secondo-primaires les qualités de la matière, qui forment l'intermédiaire entre les primaires {— propriétés géométriques) et les secondaires (= couleurs, sons) : ce sont les propriétés mécaniques : résistance, masse.
Secours (Succursum, de succursum, supin de succurrere = sub-currere, courir sous, secourir) : assistance ou aide donnée à quelqu'un dans le besoin.
— Le riche doit secourir le pauvre, II, 193 ; 207 ; 263-264. — L'État doit suppléer à l'insuffisance de la charité, privée, II, 264.
Secrétan (Charles) : intuition de Dieu, II, 555.
TUAITH DF. riIILOSOPUIE. — ï. II. — 31
938 TABLE ANALYTIQUE : SCCtC — SCDS
Secte [Secta, voie qu'on suit, manière d'agir, école, secte, de sequor, secutus sum, suivre) : a) Groupe d'hommes professant une même doctrine : vg. la secte épicurienne. — b) Sens péjoratif : groupe d'hommes passionnément attachés à une doctrine et, par suite, intransigeants à l'égard des autres ; l'esprit de corps peut dégénérer en esprit de secte, 93.
Sécularisme iSaecularis, séculaire, profane, de sa/ecuhon, race, durée ordinaire de la vie humaine, siècle) : forme du Positivisme anglais contemporain, qui consiste à ne se préoccuper que du temps présent, du siècle, sans se soucier de l'autre vie.
Secundum quid : expression scolastique signifiant : sous un certain rapport, dans une certaine mesure ; vg. telle affirmation est vraie secundum quid. S'oppose à Simpliciter. Aristote dit : Kaxa rt qu'il oppose à 'AttXwç.
Sécurité [Securitas, de securus, qui est sans crainte, de se, préposition marquant privation ; cura, souci) : l'Etat doit garantir la sécurité intérieure et extérieure, II, 248. — Sécurité professionnelle, II, 188.
Ségrégation (Segregatio, de Segregatum, supin de segregare, isoler du troupeau, séparer, de se, préposition marquant séparation, et de grex, gregis, troupeau) : procédé qui consiste à réunir et à mettre à part des êtres ou objets de même espèce mêlés à d'autres. ^
Sélection (de l'anglais Sélection, du latin selectio, tri, choix, de selectum, supin de seligere, de se, à part, et légère, assembler, choisir) : action de choisir et mettre à part dans le but de favoriser, parmi des êtres ou objets divers, la conservation de ceux qui ont une valeur supérieure. — Sélection : a) naturelle ; b) artificielle, U 613 ; 617-618.
Sémantique (La) (-r,y.avT'.xôî, qui signifie, de Tr^'j.(/.m<). marquer d'un signe, expliquer, signifier, de Trjaa, signe) • la Sémantique (néologisme formé par analogie avec la Rhétorique, comme s'il venait de rj -i/yr^ r7r,[xavTt/.-/]) est l'étude historique des sens variés qu'ont pris les mots, 434, 1 .
Semblable (de Sembler, de similare, être semblable, rendre semblable, de similis, semblable) : a) En général, ce qui présente avec un autre objet une grande ressemblance : vg. nous appelons les autres hommes nos semblables, 87. — b) En un sens large, semblable équivaut à analogue, c'est-à-dire à ce qui a, avec d'autres, quelque chose d'identique et quelque chose de différent, 705 ; 710-711.
Sénèque (Marcus Annaeus Seneca) : Médée, 547, 2.
Sens {Sensum, de sensum, supin de sentire, percevoir par les sens, sentir, penser) : ce qu'un mot ou toiit autre signe disent à l'esprit. — Sens : a) usuel, 524 ; b) arbitraire, 525. — Sens composé et sens divisé : une expression est prise, comme disent les Sgolastiques, i?i Sensu composito, quand ses éléments doivent être pris ensemble comme formant un tout solidaire. Elle est prise in Sensu divisa, quand certains de ses éléments doivent être entendus indépendamment des autres. — Confusion entre ces deux sens, 799. — Distinction employée par les Thomistes pour défendre leur système sur la Prédétermination, II, 587 et n. 4.
Sens {Sensum, de sensum, supin de sentire, percevoir par les sens, sentir, penser) : a) Faculté d'éprouver une catégorie de sensations, 156. — b) Faculté de connaître d'une manière immédiate, intuitive : sens intime, 137 ; sens moral, sens du vrai, du beau, 789 ; II, 19-20. — r) D'où, intelligence spontanée,.
TABLE ANALYTIQUE : ScHS (Boii) — Sensltil 939
facile, droite : vg. homme de sens. — Objets et organes des sens, 157. -— Nombre des sens, 158. — Perception externe : relative aux sens, 176. — Données des sens : a) primitives, 178 ; b) acquises, 181. — Éducation des sens, 184. — Hiérarchie des sens, 185. — Erreurs des sens, 187.
Sens (Bon) : a) Capacité naturelle de bien juger et d'apprécier les choses à leur valeur, 286-287. — b) Synonyme de raison chez Descartes, 287.
Sens commun : a) Le Sensus communis chez Aristote et les Scolas- TiQUES, 158. — ■ b) Dans I'École écossaise et I'Ecole éclectique : c'est le fonds essentiel et immuable de l'esprit, dont la raison est l'expression réfléchie.
— c) Dans le langage actuel, c'est l'ensemble des opinions d'une époque si unanimement acceptées- que les opinions contraires sont regardées comme des anomalies individuelles, 286 ; 840. — d) Critérium du sens comsnun, 814.
Sens intime : synonyme de conscience spontanée, 137.
Sens moral : a) Faculté de discerner immédiatement le bien et le mal : sorte de perception qui ressemble à l'intuition des choses sensibles, II, 19-20.
— b) Théorie de la conscience morale (Shaftesbury, Hutcheson), II, 18.
Sens propre : a) Sens propre des mots : ce qu'ils signifient à proprement parler. S'oppose à Sens figuré : ce qu'ils signifient par métaphore. — b) Attache 'excessive à sa façon particulière de voir et de juger.
Sensation (de Sensus, action de s'apercevoir, sensation) : phénomène psychique, agréable ou pénible, qui a pour antécédent une impression nerveuse transmise au cerveau, 69. — Antécédents de la sensation, 70. — Eléments •affectif et significatif (représentatif), 72. — Rapports de ces deux éléments, 73.
— Equivoque du mot sensation, 74. — Sensation : interne, externe, 75. — Existe-t-il des sensations indifférentes ? 75. — Localisation des sensations : •a) internes, 76 ; 191-193 ; b) externes, 193-194. — Perception et sensation, 159. — Sensation vitale, musculaire, 75 ; 158. — Rôle des sensations, 129-130.
— Sensation transformée (Condillac), 300.
Sensationnisme, Sensationniste (de Sensation) : s'emploie quelquefois comme synonyme de Sensualisme. Voir ce mot.
Sensibilité [Sensihilitas, desentire, apercevoir parles sens, sentir) : a) Faculté d'éprouver et de produire des phénomènes ayant un caractère affectif (émotions •et inclinations), 54. — h) Ensemble des phénomènes affectifs, 56. — r] Tendance à s'émouvoir facilement, à éprouver de la sympathie pour les autres, 86-87.
— d) Subtilité, délicatesse des sens, 650. — Sensibilité et intelligence : a) différences, 54 ; b) ressemblances, 55. — Division de la sensibilité, 56. — Plaisir et douleur : modes essentiels de la sensibilité, 57. — Faits de sensibilité, 34 ; 49.
— Rôle de la sensibilité, 126.
Sensible (Sensibilis, de sentire, apercevoir par les sens, sentir) : ce (pii se rapporte à la sensibilité, soit au sens actif, soit au sens passif. — Faits sensibles : 3eurs caractères : affectif, subjectif, etc., 34 ; 49 ; 57. — Sensibles : a) propres, communs, 180-181; b) par accident, 181-182. — Espèce sensible, 162-163; 171, 1. — Mémoire sensible, 206.
Sensisme (de Sensus, action de s'apercevoir, sensation) : s'emploie quelquefois comme synonyme de Sensualisme. Voir ce mot.
Sensitif (du latin scolastique Sensitivus, de sentire, apercevoir par les sens, :sentir) : a) Ce qui se rapporte aux opérations de la sensibilité. — Appareil
940 TABLE ANALYTIQUE : Scnsoriel — Servage
sensitif, 71. — Opérations sensitives (Classification des Scolastiques), 43-44.
— Opérations intellectuelles sensitives , 133-134. — La vie sensitive de l'animal, 48 ; 492-493 ; II, 549, 3. — b) Impressionnable, émotif : vg. caractère émotionnel, 404 ; les sensitifs chez qui prédomine la sensibilité.
Sensoriel (de Sensorium (Boèce), organe des sensations) : ce qui a trait aux organes des sens. — Théorie des impressions sensorielles, 167-168.
Sensorium commune : organe central des sensations, 158.
Sensualisme (de Sensualis, relatif aux sens, de sensus, action de percevoir par les sens, sens, de sentire, sentir) : doctrine qui fait dériver toute la connaissance de la sensation. Le mot propre serait Sensation nisme. — École sensua- LisTE : a) CoNDiLLAc, 300 ; b) Locke, 302.
Sensualité, Sensuel (Sensualitas, Sensualis, de sensus, action de percevoir par les sens, sens) : tendance vicieuse qui consiste à rechercher les plaisirs des sens, 85.
Sensus communis : sens interne centralisateur des sensations, 158.
Sentiment (de Sentir) : a) Phénomène psychique, agréable ou pénible, qui a pour antécédent un autre phénomène psychique, 69. — b) Ensemble d'émotions ayant pour causes des inclinations sociales ou altruistes, 86. — c) Connaissance immédiate, ordinairement vague, 77. — d) Opinion, avis : vg. tel est mon sentiment. — Comparaison des sentiments et des sensations, 77. — Classification des sentiments, 80. — • Définition des principaux sentiments, 80.
— Sentiments du vrai, du beau, du bien, 96-97. — Sentiments religieux, 97.
— Rôle des sentiments dans la vie intellectuelle, 129. — Sentiments moraux, II, 17. — Sentiment de l'honneur, II, 84. — Rôle du sentiment en morale, II, 86. — Sentiment et intérêt, II, 88. — Sentiment esthétique, 97 ; II, 378-379.
Sentimental (de l'anglais Sentimental. Ce mot a été mis à la mode par l'ouvrage de Sterne, The sentimental journey. Le voyage sentimental, paru en 1768) : a) Sens péjoratif : celui qui accorde trop au sentiment ; vg. sensiblerie, maladie du xyiii" siècle, du Romantisme, II, 403. — b) Sens favorable : ce qui a rapport au sentiment ; vg. morales sentimentales, II, 80.
Sentimentalisme, Sentimentalité (de Sentimental) : a) Caractère de celui qui accorde trop au sentiment; vg. Romantisme, 11^ 403. — b) Nom donné parfois aux florales fondées sur le sentiment, II, 80.
Séparation. (Separatio de separatum, supin de separare, disjoindre, de fc, à part ; parare, faire la paire, apprêter, de par, paire) : séparation : a) de corps et de biens, II, 211 ; b) des pouvoirs, II, 266 ; c) de V Eglise et de l'Etat, 11,337.
Séquence [Sequentia, suite, de sequens, sequentis, participe présent du sci?»/, suivre) : les pliilosophes anglais cniploiout ce mot dans le sens de succession ; vg. loi de séquence des phénomènes.
Sérié (Séries, rangée) suite, enchaînement, de serere, lier, enchaîner) : a) Suite ordoimée de termes variant d'après un ou plusieurs caractères déterminants. — b) A. Comte emploie ce mol pour signifier les différentes classes de faits sociaux : moraux, religieux, économiques, etc. — Le moi, série de phéu"mènes (St. Mill, Taine), 153. — Principe de la série naturelle, 697. — Une série infinie répugne, II, 557-558. — Série : a) embryologique ; b) paléoniologique, II, 615-616; 619-620.
Servage (de Servus, esclave) : esclavage mitigé, II, 181.
TABLE ANALYTIQUE : Scrvice — Simple 941
Service [Servitium, servitude, de servire, être esclave, servir) : la Sociologie a pour objet les divers services que les citoyens doivent se rendre mutuellement. C'est Bentham qui a le premier employé en ce sens le mot service. — ■ L'État est chargé des services d'utilité générale, II, 248 ; 250. — Se rendre mutuellement service est un devoir de charité, II, 163 ; 165 ; 207. — Contrat de service, II, 217. — Service militaire, II, 274 ; 276.
Servile {Seroilis, de servus, esclave) : l'état servile, II, 176.
Serviteur (du bas latin Servitor, serviteur, de servire, servir) : devoirs et droits, II, 217.
Servitude {Servitudo, de servus, esclave) : a) Situation servile, II, 176. — b) Servitude des passions, 402.
Seuil {Solium, siège, trône; puis, dans la langue populaire, seuil) : seuil de la sensation ou de la conscience : expression, due à Herbart : elle indique le point où une excitation sensorielle atteint le minimum nécessaire pour déterminer une sensation, 144.
Sextus Empiricus : (de 'EtjLTrîtpixôç, qui se dirige d'après l'expérience, de £v, dans, TTsTpa, expérience) : scepticisme, II, 422.
Shaftesbury (Antony Ashley Cooper, Comte de) : doctrine du sens moral, II, 18.
Sicard (Abbé Roch-Ambroise Cucurron, dit) : sourds-muets, 438.
Signe iSignum, signe, marque) : a) Fait indiquant avec plus ou moins de sûreté l'existence d'un autre fait invisible : vg. la fréquence du pouls est signe de fièvre. — b) Phénomène sensible éveillant l'idée d'un autre phénomène qui ne tombe pas sous les sens, 434. — Rapports entre le signe et la chose signifiée, 434-435. — Espèces de signes, 435-436. — Signe local, 193. — Production et interprétation des signes : a) École écossaise, 436 ; b) École évolution- NISTE, 437.
Significatif (Significativus, de signi-ficare, faire signe, signifier) : élément de la sensation, 72. — Faits significatifs, 663. — Valeur significative des classifications naturelles, 698-699.
Signification (Significatio, de signi-ficare, faire signe, signifier) : a) Ce qu'un signe représente. — b) Propriété qu'a un signe de suggérer l'idée d'un, autre fait, 434. — Signe et signification, 434-435.
SiGWART (Christoph) : nature du raisonnement indilctif, 678, 2.
Similaire, Similarité (de Similis, semblable) : loi de similarité pour les associations, 213.
Similitude [Similitudo, de similis, semblable) : l'analogie conclut en vertu de similitudes, c'est-à-dire de ressemblances mêlées de différences, 708-709.
Simon (Jules-Françoîs-Simon Suisse, dit Jules) : croyance invincible à la liberté, 372, 5. — Effets de l'habitude, 418, 2. — Corrélation entre droit et devoir de justice, II, 136, 1.
Simple {Simplex, qui n'a qu'un seul élément) : a] Ce en quoi on ne peut distinguer de parties composantes, et partant ce qui est indivisible. — Le moi est simple, 148. — Idée simple, 519. — La monade de Leibniz est simple, II, 511. — Les premiers éléments des corps sont simples : d'après Boscovich,
942 • TABLE ANALYTIQUE : SlmpUcUé — SociaWlIté
II, 518 ; Palmieri, 520. — L'âme est simple, II, 536 ; 537-538. — S'oppose à Composé, à Divisible. — b) Ce qui n'est pas compliqué. — Conversion simple : celle qui se fait par pure transposition des termes, sans modification de la quantité et de la qualité des propositions, 534. — Syllogisme simple, 535. Un syllogisme peut contenir des propositions complexes, c'est-à-dire a^'^oir des prémisses où se trouvent plusieurs sujets ou attributs, et cependant rester simple. S'oppose à syllogismes composés : hypothétique, disjonctif, copulatif, 549.
— L'hypothèse doit être la plus simple possible, 658-659. — S'oppose à Compliqué.
Simplicité (Simplicitas, de simplex, simple) : origine de cette notion, 148.
— Simplicité des voies de la nature, 658-659. — SimpUcité de l'âme humaine, II, 536 ; 537-538. — Différence entre simplicité et spiritualité, II, 539. — L'âme des bêtes est simple, mais pas spirituelle, 4^2-493 ; II, 549, 3.
Simplification (de Simplifier, du latin scolastique simplificare, de simplex, simple, facere, faire) : simplification de la pensée par : a) l'abstraction, 247 ;
b) le langage, 450-451 ; c) la classification naturelle, 697. — Esprit simplificateur du mathématicien, 642. — Simplification, loi de l'art, II, 402.
Simplisme (de Simple) : tendance à simplifier les choses et par suite à laisser de côté des éléments importants, dont l'omission conduit à l'erreur. Se prend en mauvaise part : un esprit simpHste.
Simultané, Simultanéité (du latin scolastique Simultaneus, de simul, [ensemble], neutre écourté de similis, pour simile, pris adverbialement) : phénomènes simultanés dans la conscience, 213. — Cause de la simultanéité constante de deux phénomènes, 667.
Sincérité (Sinceritas, de sincerus, qui ne contient pas d'éléments étrangers, peut-être de sine sans et cera, cire, épithète appliquée d'abord au miel : miel sans cire, d'où miel pur) : franchise dans l'expression de la pensée. — Vertu morale, II, 168. — Sincérité : a) des témoins, 738 ; b) des monuments, 740-741
c) des documents, 742.
Singularité (Singularitas, isolement, de singularis, relatif à un seul, de singulus, unique) : caractère de ce qui est : a) rare, surprenant ; b) étrange, choquant.
Singulier (Singularis, relatif à un seul, de singulus, unique) : a) Qui se rapporte à un seul, ce qui est individuel. — Idée singulière, 258. — Jugement, 272. — Idée et terme, 519. — Proposition, 530. — b) Qui se distingue par quelque chose d'inusité, d'étrange : vg. c'est un esprit singulier.
Situation (de Situer, du latin scolastique situare, de situs, position, de sinere, situm, placer) : catégorie d'ARiSTOTE (xîTaat, je suis étendu) : être assis, debout, couché, 296 ; 517 ; II, 486. — Propriétés mathématiques qui résultent de la situation, 625, 1.
Smith (Adam) : sympathie, au point de vue : a) psychologique, 86 ; 122, 1 ; b) moral, II, 82. — Origine artificielle du langage, 441, 4.
Sobnèih [Sobrietas, tempérance, de sobrius, de la préposition se, marquant le manque et ebrius, ivre) : vertu relative à la sensibilité. C'est une espèce rentrant dans le genre tempérance, II, 130 ; 158.
Sociabilité (de Sociable, Sociabilis, qui peut être uni, de sociare, rendre commun) : caractère de celui qui est sociable. — Inclination altruiste, 86. — Origine de la société, 86 ; II, 221-222.
TABLE ANALYTIQUE : Sociablc — Sociologic 943
Sociable [Sociabilis, qui peut être uni, de sociare, rendre commun) : a) Capable de vivre en société, 86 ; 221-222. — b) Qui aime la compagnie de ses semblables : vg. caractère sociable.
Social (Socialis, fait pour vivre en société, de sociare, vendre commun) :a) Social s'oppose à Individuel et signifie tout phénomène de relation entre les individus formant un groupe, une société. — b) Social, pris strictement, s'oppose à Politique. Est politique tout ce qui se rapporte à la souveraineté : vg. Formes de gouvernement, II, 232 ; Liberté politique, II, 291. Est social tout ce qui a trait à la constitution de la société, tout ce qui est relatif aux intérêts collectifs des individus considérés dans leurs rapports mutuels, spécialement les rapports des classes de la société, en tant qu'elles ont des intérêts distincts ou opposés ; vg. la Question sociale, II, 3^65. — Condition sociale, 117. — Milieu social, II, 249. — Sciences sociales : classification, objet, méthode, 3 ; 593-594 ; 752. — • Inclinations sociales, 86. — Vertus sociales, II, 130. — Droit social, II, 140. — L'État doit protéger Vordre social, II, 248-249 ; 325. — Bien social ou bien commun, principe régulateur de l'État, II, 249 ; 250-251 ; 289-290. — Contrat social (Hobbes, Rousseau), II, 220. — Statique ei Dynamique sociales (Comte), 753. — Economie sociale : science des intérêts matériels de la société subordonnés au bien social. Beaucoup d'économistes définissent l'Économie politique : la science des intérêts matériels, en faisant abstraction de tout rapport à l'ordre moral et au bien social. C'est à tort, parce que l'Économie politique est essentiellement sociale. Il faut dire : Économie politique ou sociale, car c'est une seule et même science. Cf. Ch. Antoine, Cours d'Économie sociale, Introduction, § IL
Socialisation (de Socialisme) : organisation, d'après les principes du Socialisme, de la propriété et du travail, II, 200-202.
Socialisme (de Social) : 1°) Ce mot a été employé par Pierre Leroux, par opposition à Individualisme. Il entend parla « l'exagération de l'idée d'association ou de société » {De l'Individualisme et du Socialisme, Œuvres, T. I, p. 376, note, Paris, 1847). Il se donne comme l'inventeur de ce mot. Quoique ce mot ait été employé avant lui, il peut se faire qu'il n'en ait pas eu connaissance. Cf. Bulletin de la Société française de Philosophie, janv.-févr. 1917, p. 86-88. — 2°) En général, le Socialisme est la doctrine qui réclame « certains mode? d'ingérence de l'État dans les relations entre producteurs ou entre producteurs et consommateurs », II, 199. — Formes diverses : a) Communisme, II, 199 ; b) Collectivisme, II, 200 ; c) École réformiste, II, 202 ; d) Syndicalisme, II, 202 ; e) Coopératisme, II, 203. — Société et Socialisme, 205. — Objections des socialistes contre la propriété, II, 194.
Société [Societas, réunion, de socius, compagnon) : sens général : union de personnes tendant à une même fin pardesmovens communs, II, 219. — Sociétés diverses : a) Société domestique, II, 208-211 ; b) Société hérile, II, 217 ; c) Sociétés particulières ou Associations, 93 ; II, 285 ; d) Société civile et politique : définition et éléments, II, 219. — La société civile n'est pas un état contre nature, II, 220; mais naturel, 86; II, 221. — Culte rendu par la société, II, 333 ; e) UÉglise est une société, II, 335-336. — Rapports entre la société civile et la religieuse, II, 337 ; /) Sociétés de tempérance, II, 376.
Société des Nations : son organisation, II, 320-321.
Sociologie (du radical de Société et de ^ôyo,-, discours) : mot hybride créé par A. Comte pour indiquer la science des conditions de l'état social, où il distingue la Statique sociale et la Dynamique sociale, 753.
944 TABLE ANALYTIQUE : Sociologisme — Somnambule
Sociologisme (de Sociologie) : doctrine de l'École sociologique qui prétend expliquer les principaux faits religieux et résoudre les problèmes philosophiques par l'influx social.
Sociologique (Morale) : système qui substitue la science des mœurs à la Morale théorique et prétend que la vraie morale est celle qui est réclamée par l'état social du temps (Durkheim, Lévy-Bruhl, ) II, 60. — Cf. O. Habert, L'École sociologique et V origine de la Morale, Paris, 1923.
Sociologiste, Sociologue (de Sociologie) : qui concerne la Sociologie, qui s'occupe de science sociale.
SocRATE, Socratique (— '^xpaTr,?, de (7ao;-(7wç, intact ; xparoç, puissance. 1(ùxccr.Tix6c;) : ramène la Philosophie à la Psychologie, 25. — Argument des causes finales, 337 ; II, 563. — Science du général, 579; 582. — Nature de l'ignorance, 794, 2. — Nature de la vertu, II, 124-125.
Solidarisme (de Solidaire) : doctrine qui donne la solidarité comme le principe de la morale, de la politique et de la science économique, II, 73-76.
Solidaire, Solidarité (de Solidus, tout d'une pièce, solide, de l'archaïque sollus, tout entier) : a) Sens juridique : ce qui est commun à plusieurs de façon que chacun réponde de tout : In solidum, pour le tout. — b) Sens général : dépendance mutuelle qui rattache la vie des hommes : 1") soit à leurs actions antérieures ; c'est la solidarité individuelle, II, 70-71 ; 2°) soit aux actions des personnes avec lesquelles ils sont ou ont été en relation ; c'est la solidarité sociale, II, 71-72. — C'est donc une loi universelle, II, 117. — La Solidarité, principe de la Morale (L. Bourgeois), II, 73-76.
Solide {Solidus, tout d'ime pièce, solide, de l'archaïque sollus, tout entier) : la perception des solides est-elle une perception naturelle de la vue ? 179-180. — Les solides ou figures dans l'espace sont l'objet de la Géométrie, 626. — Construction des figures dans l'espace, 630.
Solipsisme (de Solus, seul ; ipse, moi-même) : a) Subjectivisme théorique, d'après lequel on ne peut rigoureusement démontrer l'existence du monde extérieur et des autres hommes. — b) Kant emploie ce mot dans le sens d'égoïsme.
Solution (Solutio, action de délier, relâchement, de solutum, supin de solvere, disjoindre) : le principe de la conservation de la force empêche la solution de la continuité qui doit relier tous les phénomènes et que compromettrait la possibilité d'actes hbres, 384-385 ; 387-389.
Somatique (i'^jpaxixôç, corporel, de (7wp-«, corps) : ce qui regarde le corps, par opposition aux phénomènes psychiques.
Sommeil [Somniculum, cjminutif de somnus = sop-nus. Cf. sop-or, ûirvo:, sommeil) : ses causes, 473. — Ses eiïets physiologiques et psychologiques, 473-475. — Sommeil et rêve, 475. — Sommeil provoqué, 478. Voir Hypnotisme.
Somnambule, Somnambulisme (de Sommus, sommeil ; ambulare, aller çà et là, dérivé de amb, anUmv, cf. «[J^tpO : celui qui marche en dormant; le somnambulisme est un rêve en action. — Les animaux sont somnambules par rapport à l'instinct, 112. — Le rêve somnambulique, 225 ; 477.
TABLE analytique: Sophisiue — Souverain -945
Sophisme (Sophisma, Gw.'jyyy., adresse, invention ingénieuse, soptiisme, de tvjjiÎ'Çm, rendre habile, de to-^ô;, habile. Racine '^o-j, avoir de la saveur, du sens. Cf. sapere, sapiens] : a) Argument non concluant, mais valide en apparence, qui a pour but d'induire en erreur. — Sophismes : 1°) de mots, 798 ; 2°) de pensées, 799. — Sophismes du cœur (Nicole), 801-802. — Classification : 1°) de S. Mill, 802, 1 ; 2°) de Bacon, 805-806. — b) Argument composé de prémisses vraies ou jugées telles, qui vise à créer un embarras logique en aboutissant à une conclusion manifestement inadmissible : vg. Sophisme du tas de blé, 548, 1.
Sophiste {Sophistes, to'^-.ttv-î, habile en quelque chose, de 'jOZiÎ^m, rendre habile, de crociôç, habile, sage) : a) Celui qui est habile ou savant. — b) Celui qui fait profession d'enseigner l'habileté et la science. — c) A partir de Platon : celui qui recourt habituellement aux sophismes ; vg. les Sophistes grecs, II, 420.
Sophistique (La) : [Sophistice, r, TocpcTTix-»- -r/yf\) : a) Art de rendre le; hommes meilleurs (i^î/tiou;), c'est-à-dire supérieurs à ce qu'ils étaient (Cf. Platon, Protagoras, Œuvres, Édition Didot, T. I, p. 237, § VIII). — b) Art de soutenir le pour et le contre avec vraisemblance. C'est l'attitude commune aux Sophistes grecs : vg. Protagoras, Gorgias, Prodicos, IIippias, II, 420.
Sophocle (— 0'.poxÀ£rp, io-ioxXï;;, de TO'^ôç, sage ; xXéo;, bruit, renommée) : oi non écrite, II, 40, 2.
Sorite [Sorites, TwpstTr,-:, mis en monceau [sous-entendu TU/Xoy.Tao;, calcul, raisonnement], de cojoeuw. entasser, de crtopôç, tas) : a) Primitivement, le Sorite fut l'argument du tas, qu'on peut faire à l'occasion de tout ce qui offre une transition graduelle : vg. tas de blé, 548, 1 ; cheveux de la tête : on démontrait qu'en enlevant un à un tous les cheveux de la tête d'un homme, on ne le rend pas chauve, parce qu'on ne peut dire à quel moment précis la calvitie commence. Les Sceptiques et les philosophes de l'Académie maniaient volontiers cet argument sophistique. — b) Aujourd'hui, le Sorite est un argument correct, 548.
Sort [Sortem, sort, bulletin pour tirer au sort) : hasards de l'expérience [Sortes], 662. — Sort des bons en cette vie, II, 645. — Sort après la mort, II, 551-552.
Soumission {Submissio, abaissement, de subinissum, supin de sub-niiltere, mettre dessous, soumettre) : action de se subordonner à une autorité. — Soumission aux gouvernements de fait : conditions et limites, II, 231. — Soumission due à Dieu, II, 331 ; 332-333.
Sourd [Surdum] : a] Celui qui n'entend pas : expériences fournies par les sourds-muets, 452, 1 ; 725. — b] Ce qui n'est pas entendu distinctement : vg. bruit sourd, et, conséquemment, ce qui n'est pas distinctement perçu par la conscience : phénomènes de sourde conscience. 144 ; 199. — c^ Leibniz emploie ce mot pour exprimer ce qu'on ne peut efîectiveraent se représenter. (Cf. Nouveaux Essais..., L. II, Ch. xxi, § 31. Edit. Janet, T. I, p. 148.)
Souvenir (tiré de l'infinitif de souvenir, de subvenire. venir au secours de, survenir) : a] En grncral, tout ce qui revient à l'esprit, au sens large du mot. — b) Strictement : connaissance reconnue et rapportée au passé ; c'est l'aitc essentiel de la mémoire, 201.
Souverain (du latin populaire swperanMMJ, de sf/per, au-dessus, ancien comparatif (\esub, qui, avec l'accusatif, signifie : en s'élevant vers) : ce au-dessus de
946 TABLE ANALYTIQUE : Souvcrameté — Spéculation
quoi ou celui au-dessus de qui il n'y a rien de plus élevé. — Le souverain bien, 402-403; II, 46; 111 — Nécessité»^ d'une autorité souveraine dans la société, II, 219 ; 223 ; 237. — Le peuple souverain, II, 220 ; 228 ; 295 ; 348.
Souveraineté (de Souverain) : pouvoir souverain en droit ou en fait. — Nécessité d'un pouvoir souverain dans la société, II, 219 ; 223 ; 236-237. — La souveraineté du peuple, II, 220 ; 228 ; 295 ; 348.
Spatial (de Spatium, espace, étendue) : ce qui est relatif à l'espace, II, 501.
Spartiate (Spartiates, ^TrapTtarr,:, de Sparta, — TraoTr,, Sparte) : traitement des infirmes, des incurables, II, 164.
Spécial (Specialis, de species, aspect, forme, de specere, regarder) : c'est ce qui est propre à une espèce de choses ou de personnes ; vg. la parole est spéciale à l'homme, 253. — S'oppose à Général.
Spécialité (Spccialitas, de species, aspect, forme, de specere, regarder) : qualité particulière, distinctive. — Spécialité de l'instinct, 106.
Spécieuse, Spécieux (Qui a belle apparence, de species, aspect, forme, de specere, regarder) : a) « Spécieuse générale ou universelle » : c'est le nom donné à l'Algèbre logique que Leibniz essaya de constituer. — ■ b) Argument spécieiix : celui qui paraît probant et ne l'est pas : vg. l'argument ontologique, II, 569.
Spécificatif (du latin scolastique Specificativus) : proposition spécificative. Voir Réduplicatij .
Spécification (du latin scolastique Specificatio, de specificatum, supin de specificare, spécifier, de species, aspect, forme, et facere, faire) : opération p;ir laquelle : a) On distingue les espèces d'un môme genre ; vg. l'homme et la bête, 253. — b) On distingue une notion ou un fait, par un caractère particulier, des notions ou faits qui leur ressemblent : vg. spécification des sciences, 584. — c) Axiome scolastique : Actus specificantur ab objectis ; c'est-à-dire la nature des actes est déterminée par leurs objets.
Spécificité (de Spécifique) : caractère indiquant une espèce distincte. — Spécificit-é des sens, 158.
Spécifique (du latin scolastique specificus, de specificare, spécifier, de species, aspect, forme, et facere, faire) : a) Ce qui caractérise l'espèce : différence spécifique, élément de la définition logique, 253 ; 522. — b) Ce qui ne se rapporte pas à une autre espèce ou classe d'êtres, de phénomènes, etc. ; vg. énergie spécifique des sens, 158.
Spectateur [Speclator, de spectatum, supin de spectare, observer, de specere, regarder) : spectateur impartial d'A. Smith, II, 83.
Spéculaire (Specularis, de spéculum, miroir, de specere, regarder) : V écriture spéculaire est celle qui va de droite à gauche : elle ressemble à celle qu'on lit par réflexion dans un miroir [spéculum).
[Spéculatif [Speculativus, de' speculatum, supin de speculari, épier, de specere. regarder) : a) Celui qui est enclin à la spéculation : un esprit spéculatif. — b) Ce qui concerne la spéculation : la raison spéculative, 286. — Science spéculative : qui ne descend pas aux applications ; vg. d'après Aristote,
Spéculation (Speculatio, espionnage, contemplation, de speculare, épier, de specere, regarder) : a] C'est l'exercice de la raison théorique ou spéculative,
TABLE ANALYTIQUE : Spciicer (Herbert) — Spontané 947
286. — b) Pensée ou système qui vise à expliquer quelque chose, par opposition à la pensée ou au système qui a un but pratique, utilitaire ; vg. le système métaphysique (I'Aristote. — c) C'est une opération aléatoire de bourse sur la baisse ou la hausse des valeurs, II, 355-356.
Spencer (Herbert) : rapports de l'émotion et de l'inclination, 67. — Plaisirs positifs et négatifs, 69, 1. — Origine des incUnations altruistes, 100.
— Nature de l'instinct, 110-111. — Rythme des passions, 121, 2. — Origine des idées, 306. — Objections contre les causes finales, 336-338. — Système éducatif des réactions naturelles, 409, 2. — Production et intelligence des signes, 437, 4. — Origine du langage, 446. — Classification des sciences, 592.
— Rôle de la philosophie, 597, 2. — Critérium de l'évidence, 838, 1. — Nature de la conscience morale, II, 23, 2. — Morale évolutionniste, II, 58. — Attaques contre la charité, II, 163-164. — Evolutionnisme, II, 626.
Spinoza (Benoit de) : définition de la philosophie, 6. — Ordre à suivre en philosophie, 10-11. — Méthode de la psychologie, 31-32. — Tendance de tout être, 62, 1. — Définition de la joie, 65, 1. — Classification et définitions des sentiments, 80-81. — Classification des passions, 124. — Variété des associations, 215. — Imagination et entendement, 263, 1. — Notion de substance, 322. — Acte de volonté ramené au jugement, 361. — Objection contre la liberté, 371. — Fatalisme panthéistique, 377. — Pas de concept sans affirmation, 520, 1. — Cause de l'erreur, 807, 1. — Critérium de l'évidence, 837, 2 ; 838, 4. — Panthéisme immanent, II, 602 ; 603-604 ; 607-608.
Spinozisme (de Spinoza) : doctrine et école de Spinoza. Voir ce mot.
Spiritisme (de Spirite, de Spiritus, souffle, esprit, de spirare, souffler) : a) Doctrine qui assure que les esprits des morts, conservant un corps matériel très ténu, appelé périsprit, peuvent communiquer avec les vivants par l'intermédiaire d'un médiunfi. — b) Pratique superstitieuse de ceux qui cherchent à communiquer avec les esprits par l'intermédiaire d'un médium. — Cf. L. Roure, Le merveilleux spirite, Paris, 1923°. Le Spiritisme d'aujourd'hui et dhier, Paris, 1923.
Spiritualisme (de Spiritualis, mû par l'air, spirituel, de spiritus, souffle, esprit) : doctrine qui admet l'existence de deux substances essentiellement distinctes : Vesprit caractérisé par la pensée et la liberté ; la matière caractérisée par l'étendue et la communication mécanique du mouvement. Elle affirme conséquemment l'immatérialité et l'immortalité de l'âme, II, 536 ; 549. — Spiritualisme dans l'art, II, 394-395.
Spiritualité (du latin scolastique Spiritualitas, de spiritualis, dé spiritus, souffle, esprit) : a) Caractère de ce qui est spirituel : ce que la spiritualité ajoute à la simplicité, II, 539. — b) Doctrine concernant la vie spirituelle, surnaturelle de l'esprit : vg. les Exercices spirituels de S. Ignace de Loyola. Cf. A. Brou, La Spiritualité de saint Ignace, Paris, 1914.
Spirituel {Spiritualis, de spiritus, souffle, esprit) : ce qui est opposé : a) à matériel : facultés proprement spirituelles, 64 ; 468-469 ; II, 541-542 ; — è) à c/jor/ie/, «fl/wre/, vg. Vie spirituelle, Exercices spirituels ; — c) à temporel: vg. le pouvoir spirituel de l'Eglise par opposition au pouvoir temporel des Sociétés civiles, II, 336 ; 343.
Spontané (Spontaneus, de spons, spontis, volonté libre, initiative, de spondere, s'engager) : a) Ce qui est dû à l'initiative propre de l'agent et non à une cause extérieure. S'oppose alors à Provoqué, Réceptif. — Caractère de
948 TABLE ANALYTIQUE : Spontanéité — Stewart (Dugald)
la vie, 47 ; 61-62 ; II, 523. — Somnambulisme spontané par opposition à l'hypnotisme, 477 ; 478. — L'observation, par opposition à l'expérimentation qui est une observation provoquée, 660-661. — L'acte libre est spontané, 393.
— b) Ce qui prévient la réflexion, se fait sans examen préalable. S'oppose à Réfléchi. — Conscience spontanée, 136. — Connaissance spontanée, 242. — Raison spontanée, 286. — Certitude spontanée, 779.
Spontanéité (de Spontané) : se prend dans les deux sens de Spontané. Voir ce mot. — D'après Kant, l'entendement est « la spontanéité de la connaissance ou la faculté que nous avons de produire nous-mêmes des représentations », tandis que la sensation est une réceptivité.
Stable, Stabilité (Stabilis, stahilitas, solide, solidité, de statum, supin de stare, se tenir debout) : stabilité des lois de la nature, 290. — Fondement de Tinduction d'après Reid, D. Stewart, Royer-Collard : « stabilité des Lois de la nature », 676-677.
Stade [Stadium, (-TâSiov):a) Période ou moment d'un développement, d'une démonstration. — h) Argument de Zénon d'Élée contre le mouvement : (' Le Stade ». Cf. J. Lachelier : Note sur les deux derniers arguments de Zenon d'Elée, dans Revue de Métaphysique et de Morale, 1910, p. 345-355.
Staël (Anne-Louise-Germaine Necker, Baronne de) : les mathématiques et la formation de l'esprit, 642, 1. — La satisfaction morale, II, 49.
Stahl (Georg-Ernst) : animisme, II, 527, 2 ; 528.
Statique (La) (—Tarixôç, propre à arrêter, à peser, qui concerne l'équilibre des corps. Racine — ra, placer debout, d'où, avec redoublement, n\.'jz-i\\j.<.S'^-r^]xi) : a) La^ Statique est la partie de la Mécanique qui étudie les conditions de l'équilibre, 592. — h) Statique de l'esprit (HerbartI, 31. — Loi statique de la pensée, 291. — Statique sociale (Comte), 753. — c) Considération d'un objet dans un état donné et abstraction faite de ses changements.
Statistique (de Status, station, état, situation, de statum, supin de stare, se tenir debout) : science qui consiste à recueillir et coordonner des faits nombreux relatifs à un ensemble d'objets ou d'êtres de même espèce dans le but de découvrir la loi qui les régit. — Statistique et loi des grands nombres, 383.
— Son utilité dans la science sociale, 755.
Statut social (Statutum, décret, statut, de statutus, participe passif de statuere, placer, établir) : a) Ensemble des rapports légaux qui s'établissent entre les hommes par le fait seul de la situation qu'ils occupent dans la société (politique, familiale, corporative) dont ils font partie. S'oppose à Contrat qui requiert un acte de volonté. — b) Ensemble de règles relatives à un groupement d'individus; vg. Statuts des Corporations, II, 188.
Stéréognostique (de — Tîpïo';. solide ; racine <^~^c,, être dur ; yvtocrf.xo;. qui concerne Faction de connaître, de ytvvojaxw , de la racine yvo) avec redoublement, connaître) : le sens stéréognostique est le sens des directions d<' l'espace. Il ne semble pas être distinct du sens musculaire et articulaire, 158 ;
Stewart (Dugald) : causes qui entravent la sympathie, 88, 3. — Théorie de la suggestion immédiate, 170. — Objet de la vue, 179, 5. -- Critique du terme : association des idées, 213, 2. — Théorie de l'association des idées, 216, 2. — Production et interprétation des signes, 436, 1. — L'idée implique une affirmation, 520, 1.
TABLK ANALYTIQUE : Stîmulus - SubcontraïTe 949
Stimulus (mot latin qui signifie aiguillon, de la racine siig, qui a aussi donné le verbe archaïque stinguere, piquer) : ce qui excite l'activité des êtres vivants. Se dit notamment des phénomènes physiques qui mettent en jeu les organes sensoriels. Synonyme : Excitant.
Stoïcien (Stoicus, TTonxôç, de l'École du Portique, de l'École stoïcienne, de GTwâ. TToa, portique, galerie à colonnade. Racine cira se tenir debout) : origine du plaisir, 60. — Inclinations philanthropiques, 93-94. — Valeur et traitement des passions, 118 ; 119. — Classification des passions, 122. — Exclusion de l'intérêt en morale, II, 78. — Exclusion du sentiment, II, 87. — Morale stoïcienne, II, 93. — Paradoxes stoïciens, II, 93 ; 95; 149. — Légitimité du suicide, II, 156. — Panthéisme, II, 602.
Stoïcisme (de Stoicus, stoïcien) : a) École fondée par Zenon de Cittium. Il enseignait à Athènes sous le portique (rrToa) dit ttoix-Xt, (couvert de pointures). Le Pœcile avait été orné de peintures par Polygnote. — b) Caractère moral du sage selon les principes stoïciens, 118 ; II, 94 ; 95.
Strict iStrictus, serré, étroit, de strictuni, supin de stringere, serrer) : a) Est de droit strict, ce qui est exigible en vertu d'une loi incontestable, par opposition à ce qui n'est concédé que par bienveillance, II, 132. — b) Devoirs stricts de justice, par opposition aux devoirs de cliarité, qui ne sont pas exigibles, II, 138 ; 165. — Les devoirs négatifs sont dits stricts en tant que détermines, II, 149.
Style (Strjlus, stilus, poinçon. Cf. 'jtÎIÀo;, colonne) : a)jManière d'exprimer sa pensée. — b) Forme esthétique caractérisant une époque : vg. style greo, ou la manière personnelle d'un artiste, vg. le style de Bossuet.
Styliser (de Sti/le) : représenter un objet sous une forme abrégée, schématique et partant conventionnelle.
Suarez (Francisco) : antériorité de la connaissance du singulier, 260. — Origine du pouvoir, II, 224-226. — Suarez et Rousseau : origine du pouvoir, II, 228-229. — Connaissance des futurs conditionnels, II, 591-593.
Subalternante, Subalternée [Subalternus, subordonnée, de sub, sous et alternus. alternatif, de alter, l'un des deux, de la forme archaïque alis, autre) : proposition, 533.
Subalternation (Subalternatin, de suh sous et alternare, alterner) : a) Rapport de deux propositions subalternes, 532. — b) Inférence immédiaîe, tjui de la vérité de la subalternante conclut celle de la subalternée, ou de la fausseté de la subalte'rnée conclut celle de la subalternante, 533.
Subalterne [Subalternus, de sub, sous, et alternus, alternatif, de alter, l'un des deux, de la forme archaïque alis, autre) : a) Propositions opposées qui ne diffèrent que par la quantité, 532 ; 533. — b) Cause subalterne, II, 116. — c) Science subalterne : celle dont les principes sont empruntés aux conclusions d'une autre science qui lui est supérieure.
Subconscience, Subconscient [Sub, au-de-^sous, un peu ; conscientia, conscience) : ce mot signifie sefim le sens qu'on attache cà sub : a) un phénomène inconscient (sub = au-dessous de la conscience) ; tels les faits physiologii|ues, 144 ; h) un phénomène de faible conscience (sub = un peu) ; tels certains faits psychologiques, 143-144.
SubCOUtraire (de Sub, au-dess'>us ; contrarins, iipposé, de contra, cjulre) : propositions subcontraires, 532 ; 533.
950 TABLE ANALYTIQUE : Subjcctif — Subrcptice
Subjectif [Subjectii'us, de subjectum, supin de subjicere = jacere, mettre sous, soumettre) : a) Celui qui juge des choses, sans tenir compte de leur objectivité, d'après ses impressions personnelles ; on dira c'est un subjectif. — b) Ce qui se rapporte au sujet pensant : vg. la philosophie subjective. — c) Ce qui appartient au sujet pensant par opposition au monde physique : vg. qualités secondes de la matière, 178. — d) Ce qui est apparent, illusoire : vg. sensation subjective, celle qui n'a pas de cause externe ; vg. dans rhallucination, 225. — e) Ce qui appartient à la pensée humaine par opposition aux choses en soi : vg. l'espace et le temps, d'après Kant, II, 431. — Caractère des faits sensibles, 34 ; 54. — Classifications subjectives des sciences, 584-585 ; 585;587. — Observation subjective, 719. — Critique subjective, 741, 3. — États subjectifs de l'esprit : doute, opinion, certitude, 771-772. — S'oppose à Objectif.
Subjectivisme (de Subjectif) : doctrine philosophique qui tend à ramener à des phénomènes de conscience individuelle les jugements de valeur ou de réalité. Elle revêt divers aspects, selon qu'elle s'applique à la Psychologie, à la Logique, à la Morale, à l'Esthétique ou à la Métaphysique. Elle prend aussi différents noms : Relativisme, II, 426 ; Idéalisme, II, 497.
Sublimation [Sublimatio, action d'élever, de sublimatum, supin de sublimare, élever, de suhlimis, haut, de sub-levare, soulever) : a) Terme employé par S. Freud pour signifier la transformation « de certains instincts ou sentiments inférieurs en instincts ou sentiments supérieurs ». — Procédé d'idéalisation, II, 395-396 ; 402. — Le procédé de transcendance pour déterminer les attributs divins est aussi un procédé de sublimation, xxix-xxx ; II, 580.
Sublime (Sublimis, haut, élevé, en l'air, de sub-levare, soulever) : sublime comparé : a.\ au beau, II, 389 ; b) au joli, II, 390. — Sublime mathématique et dynamique (Kant), II, 390.
Subliminal (de Sub, au-dessous et limen, liminis, seuil) : ce qui est complètement inconnu, ce qui ne dépasse pas le seuil de la conscience. Le moi subliminal est l'ensemble des états et actes psychiques qui ne parviennent pas au moi conscient.
Subordination (du latin scolastique subordinatio, de subordinatum, supin de sub-ordinare, ranger sous, soumettre, de ordo, rangée, ordre) : dépendance par rapport à ce qui a un rang supérieur. — Subordination des passions à la raison, 120. — Subordination de la volonté à la raison, 41-42 ; 402. — Subordination des fins particulières à la fm dernière, 332. — Caractères subordonnés, 691 ; 095. — Subordination de la volonté à la loi morale, à Dieu, II, 44 ; 106 ; 110-112 ; 568-569. — Subordination de l'intérêt au devoir, II, 78-79 ; 92-93. — Subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général, II, 151. — Tout doit être subordonné au bien commun dans la société, les droits essentiels de l'individu et de la famille étant sauvegardés, II, 249 ; 230-231 ; 250. — Subordination de l'État à l'Église dans les questions mixtes, II, 339-340. — Subordination du sensible à l'idée, à l'idéal dans l'art, II, 394-395. — Subordination des facultés sensibles aux facultés spirituelles dans l'art, II, 402-403. — Subordinaticm de l'art à la Morale, II, 410-411.
Subordonné (de sub, sous et ordonner) : ce qui dépend d'un autre. — En hist(ore naturelle, le caractère subordonné s'oppose à dominateur, 691-692.
Subreptice [Subrepticius, clandestin, de sub-reptum, supin de sub-repere, glisser sous) : a) Mouvements de la sensibilité qui sournoisement circonviennent la volonté, 357. — b) Ce qui se fait furtivement ; vg. emprunts de Spinoza et do Herbakt à l'expérience, 31.
TABLE ANALYTIQUE : SubsistcF — SubsumeF 951
Subsister, Subsistance [Subsistentia, de sub-sistere, s'arrêter, demeurer, subsister) : a) Exister à titre de substance, par opposition à l'inhérence de l'accident, 296 ; 320 ; II, 479-480. — b) Persévérer dans la durée, 146 ; 202-203.
Subsomption (du latin scolastique subsumptio, de sub, dessous, et sumptio, action de prendre, de sumptum, supin de sumere, prendre) : a) D'une façon générale, c'est penser un individu comme compris dans une espèce, ou une espèce comme comprise dans un genre : vg. penser à Pierre comme faisant partie de l'espèce humaine, 252. — b] Chezies Scolastiques, subsumer c'est, dans une argumentation, prouver que la distinction, apportée à la majeui-e ou à la mineure d'un syllogisme par le défendant d'une thèse, est sans valeur.
— c) Chez Kant, c'est appliquer l'une des catégories de l'entendement aux ijituitions de la sensibilité par l'intermédiaire des schèmes, II, 431-432. Voir Schématisme.
Substance {Substantia, de suh-stare, se tenir dessous) : a) D'une façon génerale : ce qui reste permanent dans les choses qui changent, 146 ; 202-203. — b) Ce qui existe par soi et en soi, par opposition au mode ou accident qui existe dans un autre, 296 ; 320 ; II, 479-480. — Origine de cette idée, 146 : 321-322.
— Rôle dans le jugement, 266. — Erreurs sur la substance, 322-323. — Principe de substance, 323. — Essence et substance, 367. — S'oppose à Accident.
Substantialisme, Substantialiste (de Substantialis, de substantia] : a) Do(> trine qui admet l'existence d'une substance ou de substances, aux sens a) et b) de ce mot. — b) Hamilton classe les théories sur le monde extérieur en : a) Réalisme ou Substantialisme, qui admet la réalité substantielle du monde extérieur : vg. Théorie de l'inférence de Descartes, 173. — b) Nihilisme ou Non-substantialisme, qui la rejette; vg. Immatérialisme de Berkeley, 168 ; II, 497.
Substantialité {Substantialitas, de substantia] : caractère de ce qui est : a) Une substance : Kant appelle Paralogisme de la substantialité le premier paralogisme de la raison pure (Critique de la Raison pure : Dialectique transcendantale, L. II, Ch. i). — b] Substantiel. Voir ce mot.
Substantiel [Substantialis, de substantia) : réalité substantielle, 320 ; II, 479.
— Forme substantielle, II, 513-514.
Substantif [Substantivus, substantiel, qui peut exister par soi-même, de substantia) : son rôle dans la phrase, 464.
Substitut (de Substitutus, substitué, participe passif de sub-slituerc = statuere, placer dessous) : a.) Ce qui tient lieu d'autre chose. — La vue est le substitut des autres sens, 186. — Les mots sont les substituts des idées, 266 ; 450-451. — b) Celui qui remplace une autre personne : vg. l'État est le substitut de l'activité privée quand elle est impuissante ou insuffisante, II, 250.
Substitution [Substitutio, remplacement, de suh-slituere = statuere, placer dessous) : les sens se suppléent les uns les autres, 184.
Substrat, Substratum [Substrat c'est le mot latin substratum francisé. Substratum vient de sub, sous, et de s^ra^um, étendu, participe passif de sternerc, stratum, étendre par terre) : a) Signifie ce qui, dans une chose, est distinct de ses manières d'être ; en ce sens il est synonyme de substance. — b] S'emploie, au lieu de sujet ou de substance, pmir désigner ce sans (|uoi quelque chose ne pourrait exister ou se produire : c'est un point d'appui ; vg. l'image fst Je substrat de l'idée, 452 ; le cerveau est le substratum de la pensée, II, '.41.
Subsumer : voir Subsomption.
952 TABLE ANALYTIQUE : Subtîl — Sujet
Subtil, Subtilité [Subtilis, contraction de sub-texilis, d'un tissu fin, subtil, de siib-texere, tisser en dessous) : a) La matière « subtile » ou « céleste » de Descartes {Principes, Part. IV, § 25). • — h) Fin, délié ; vg. esprit subtil, sens subtil, 650. — c) En mauvaise part, esprit pointu qui abuse de la dialectique.
Successif, Succession [Successivus, Successio, de successum, supin de succedere = sub-cedere, s'avancer, venir après) : ce qui implique un rapport de succession, c'est-à-dire un rapport de difTérents termes entre lesquels on conçoit un ordre. — Succession et causalité : leur difîérence, 323 ; 326. ■ — La loi de causalité est un rapport de succession nécessaire, 647 ; 665. — Droit de recevoir un héritage, II, 197. — Succession héréditaire du pouvoir, II, 237-238 ; 247.
Suffisant (adjectif participe de Suffire, du latin populaire suffecefe, pour sujficere — sub-facere, suffire) : condition nécessaire et suffisante, 324 ; 327- 328 ; 665.
Suffixe {Suffixus, fixé en arrière, participe passif de sujf.gere = suhfigere, sujfixum, fixer en dessous, en arrière) : particule placée après la racine des mots, 465.
Suffrage (Suffragium, tesson avec lequel votaient les anciens, de sitb, sous, frangere, briser ; racine frag. Siiffragium dérive probablement d'un substantif perdu, peut-être frages, qui désignait les fragments de poterie avec lesquels on votait) : droit politique de voter, II, 274. — Espèces de suffrage, II, 282. — Critique du suffrage universel, II, 282. • — Organisation du suffrage universel : il devrait être obligatoire, plural, proportionnel, professionnel, II, 282-284. — Nature du suffrage universel admis par S. Thomas, II, 237-238.
Suggestibilité (de Suggestible) : a] Tendance à subir facilement des suggestions. — h) État passager, durant lequel on est plus facilement suggestible, où l'on accepte plus facilement les suggestions.
Suggestion {Suggestio, de suggeslum, supin de suggère = sub-gerere, porter sous, procurer) : a] Phénomène ou fait qui en suscite un autre : théorie de la suggestion immédiate, 170. — Les idées se suggèrent rnutuellement, 212 : 213-214. — Suggestion et imagination, 225-226. — b] Évocation, ordinairement par la parole, dans l'esprit d'un autre, d'une idée à laquelle il n'aurait pas été amené par la suite naturelle de sa pensée. • — c) Sens spécial ou technique : provocation de certains phénomènes chez les personnes névropathes, 479-481. — P'aits de suggestion, 480. — Explication des suggestions : a) introhypiiotiques, 481 ; b) posthypnotiques, 482 ; c) à distance, 483. — Dangers de la suggestion, 484.
Suicide (composé, avec sui, de soi, génitif de se, soi, et caedere, tuer, à l'image de homicide) : crime, II, 156-157.
Suite (du latin populaire sequita, substantif participe de sequere, suivre, fornio populaire pour scqui) : a) Ce qui succède à autre chose : vg. la nuit succède au jour, 326. • — b) Ensemble de termes ou d'objets qui se succèdent : vg. la suite des nombres premiers ; une suite tle faits dans un récit. — c) Ce qui résulte d'autre chose comme conséquence ou effet : vg. U\ conclusion d'un raisonnement est la suite logique des prémisses, 535-536.
Sujet iSuhjcctum, ce qui est mis dessous, participe passif pris substanlivciiicnt de subficere — sub-facere, mettre sous) : a) En Logique : l'être auquel est^ttribué le prédicat, — et, par suite, l'être réel en tant qu'il a des qualités ou exerce une action. — Sujet et attribut, 266. — Extension du sujet, 534.
En Psychologie : le mf>i, sujet des ph.énomènes, 146. C'est depuis Kant que
TABLE ANALYTiQT E : SuUy (Jamcs) — Supra-normal 953
sujet s'emploie pour signifier le moi un et identique, en tant qu'on l'oppose soit à la multiplicité et à la variété des phénomènes psychologiques, soit 9 l'objet de la pensée. — c] En Sociologie : choix du sujet du pouvoir, II, 224-22G. — Celui qui est soumis à une autorité souveraine : les su.jets de l'État, II, 231 ;