II. Vne vue plus approfondie des rapports du physique et du
moral et une connaissance plus complète des conséquences où conduit la solidarité psycho-physiologique, peuvent aider à prévenir les excès et intempérances qui, en ruinant les forces du corps, ont un contre-coup funeste sur l'exercice des facultés de l'àme : Me?is sana in cor pore sano.
III. Il y a longtemps que la sagesse populah'e a dit : Bon chien
chasse de race. Sans, doute, on a mis sur le compte de l'hérédité beaucoup de résultats qui s'expHquent par l'éducation, les exemples et l'initiative personnelle. Reste vrai cependant que les parents transmettent à leurs enfants certaines qualités et certains défauts, une constitution saine ou débilitée (Psycii. 212, p. 407, Remarque). La statistique montre par exemple que les alcooliques font souche de dégénérés, d'épileptiques, d'aliénés. Le souvenir de cette responsabilité qu'on encourt vis-à-vis de ses descendants est un efficace stimulant à la vertu.
IV: — D'une manière générale, si l'on a une claire notion de la loi de solidarité universelle, si l'on se rappelle que la moindre action dans le monde moral, comme dans le monde physique le plus petit mouvement, a sa répercussion dans l'ensemble, si l'on songe que chacun des actes que nous posons prolonge ses effets bons ou mauvais, de proche en proche, par une diffusion inévitable, dans le temps et dans l'espace, la conséquence nécessaire sera un redoublement de vigilance pour éviter le mal et d'énergie pour pratiquer le bien.
Conclusion : puisque la solidarité a des résultats d'une portée incalculable qui accroît notre responsabilité, puisqu'en agissant nous engageons non seulement notre avenir, mais celui des autres, ce nous est une raison très puissante de travailler avec ardeur à notre perfectionnement moral. Sans doute les solidaristes, en voulant donner la solidarité pour principe à la morale sociale, sont tombés dans une grande erreur ; mais du moins, en faisant ressortir les bienfaits de la société pour l'individu, ils ont contribué pour une part à l'heureuse réaction qui s'opère contre les excès de l'individualisme tant prôné par la Révolution.