INCLINATION ET DÉSIR
Le plaisir et la douleur sont l'élément passif de la sensibilité ; ils exigent comme cause V inclination^ qui constitue l'élément actif {}).
L — Définitions : A) L'inclination, c'est l'activité tendant spontanément vers certaines fins. Nous avons des tendances naturelles, orientées vers des fins générales : vg. tendance à conserver et à développer notre être, etc.
Ces tendances se précisent, se déterminent sous l'empire de l'émotion agréable ou pénible (23).
B) Amour : mouvement qui porte l'âme à s'unir et à s'attacher aux choses.
C) Désir : tendance à retrouver le plaisir absent, en recherchant l'objet qui l'a déjà procuré. — Il a pour contraire Vaversion : tendance à fuir la douleur en s'éloignant de l'objet qui l'a causée. — Nous avons vg. l'inchnation naturelle qui nous porte à manger pour réparer nos forces. La tendance qui nous pousse à rechercher tel mets plutôt que tel autre est un désir. Le désir est donc la forme la plus apparente et comme le ressort de la sensibihté.
II. — Conditions du désir : il suppose : 1° La connaissance d'un bien futur : Ignoti nulla cupido.
2° Le seîitiment pénible de la privation actuelle de ce bien : si l'on possède réellement une chose, on ne la désire pas, car on ne cherche point ce qu'on a trouvé.
3° U amour de ce bien imaginé : en effet, on ne désire que ce que l'on connaît comme un bien ; mais on ne connaît un objet comme un bien que si on en jouit par avance dans une possession imaginée, c'est-à-dire que si on l'aime. Le désir procède donc de l'amour ; il commence au point où^ l'amour, non satisfait de son objet actuel, aspire à le posséder plus
(M Malebranche, De la recherche de la vérité, L. IV. — Vauvenargues, De l'esprit humain, L. II, xxiv. — Ad. Garnier, Traité des facultés de l'âme, T. I, L. IV.